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L'explosion de la Tunguska en 1908
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Rama
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PostPosted: 03/04/2005 21:19:08
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Sujet directeur : EXPLOSION DE LA TUNGUNSKA (1908)


Sujets rattachés :
http://nousnesommespasseuls.xooit.com/t8218-explosion-de-Tunguska.htm (5)
http://nousnesommespasseuls.xooit.com/t1458-Toungouska;-que-s'est-t-il-pass… (3)





Ce qui suit est un peu long
Désolé !
Mais au moins, vous pourrez vous fonder votre propre avis.



L'affaire "Tunguska"
Une technologie antédiluvienne : canular ou info ?




Valery Uvarov est chef de département auprès de l'Académie nationale de sécurité de St-Pétersbourg. Le département qu'il dirige semble tout droit sorti d'un film de science-fiction: le département de science, de technique et de recherches sur les OVNIS! C'est une chose qui passe souvent inaperçue mais les Russes sont bien plus en avance et ouvert en matière d'ufologie que nous le croyons. Ils possèdent par exemple un centre national très organisé et chargé de collecter toutes les observations d'ovnis sur le territoire de l'ex-Union soviétique. Les Russes disposent pour ce faire d'un maillage très serré d'informateurs, de personne relais et d'enquêteurs qui provient de l'ancien réseau d'informateurs du KGB. Les Russes se sont toujours montrés moins sceptiques en la matière, les affaires d'Ovnis sont considérées comme naturelles, comme faisant partie du décor dans la culture russe. Seul, le manque de moyens financiers qui a résulté de l'effondrement de l'empire soviétique et de la courses aux armements ont handicapé la recherche sur les Ovnis. Néanmoins, le gouvernement affirme avoir une attitude transparente et honnête, probablement plus droite que celle des Américains même si l'ex armée rouge n'a jamais communiqué de façon officielle sur les supposés vaisseaux extraterrestres qu'ils auraient récupérés (les Russes auraient également eu leur affaire Roswell) mais également sur les technologies exotiques en matière d'antigravitation qu'ils auraient pris aux Allemands après la seconde guerre mondiale.

L'interview qui va suivre est une traduction d'un entretien filmé qu'a eu Valery Uvarov il y a un an à peu près, soit le 8 février 2003 à l'occasion du 12ième congrès internationale et festival cinématographique sur les Ovnis (the 12th International UFO Congress Convention and film festival) qui s'est tenu à Laughlin dans le Nevada. L'interviewer n'est autre que le rédacteur en chef du célèbre périodique anglais spécialisé "UFO magazine" et cet entretien a été retranscrit par la suite dans le magazine australien Nexus en juillet 2003. Nous avons pris un grand plaisir de réaliser la traduction maison de cet entretien car il est assez atypique. Plutôt que de parler des traditionnels Ovnis et autres bases souterraines américaines, ce fonctionnaire russe évoque l'incroyable existence d'une technologie et d'une installation balistique mais également émettrice vieille de plusieurs milliers d'années et édifiée par une civilisation mystérieuse, sans doute extraterrestre. Le but de cette étrange technologie semble relié aux trajectoires des météorites qui pourraient se trouver dans le voisinage de la terre mais également au sort de la mystérieuse et controversée planète X, un corps céleste dont la trajectoire orbitale est cachée par le soleil. On évoque enfin la dramatique collision de la météorite de Tunguska qui ravagea une vaste région de la Sibérie au début du 20ième siècle. Canular, coup de bluff, désinformation pour dissimuler l'existence d'une installation militaire très "terrienne" ou réel scoop, cette affaire Uvarov intrigue et dérange d'autant plus que l'intéressé invite très officiellement des experts étrangers à se joindre à la prochaine expédition dans la région et ne voit aucun problème à rendre l'affaire publique. A suivre donc...



Graham Birdsall: Quel est votre titre officiel?

Valery Uvarov: Je suis à la tête du département des sciences, des techniques et des recherches sur les Ovnis qui est basée à St-Pétersbourg en Russie.

Il s'agit donc d'une agence gouvernementale officielle russe?

Absolument. Je dois rendre des comptes à deux personnes au-dessus de moi qui doivent elles-mêmes répondre de leurs actes devant une autre autorité qui n'est autre que celle de notre président, le président Puttin.

Quels sont exactement vos attributions?

Nos travaux de recherches se divisent très exactement en deux parties. Tout d'abord, nous analysons constamment des données qui proviennent des 4 coins du monde. Nous en extrayons les informations que nous estimons les plus intéressantes pour notre base de données, informations codées soit jaune, soit rouge. Par la suite, ces informations sont propagées vers d'autres départements à travers toute la Russie.

L'autre aspect de notre travail consiste à se poser la question suivante: les OVNIS existent-ils oui ou non? De toute évidence, nous sommes certains qu'ils existent mais il convient de se demander ce que cache leurs activités, leurs intérêts. Pour nous, il s'agit de l'enjeu le plus important de cette affaire et nous concentrons surtout nos efforts dans cette direction.

Il existe une coopération active entre la Nasa et les officiels de l'aérospatiale russe que cela soit dans les domaines scientifiques, techniques et peut-être même dans le domaine militaire. Est-ce que vous êtes en relation, est-ce que vous entretenez des liens avec des organisations sœurs outre-mer?

Très franchement, je peux vous dire qu'il y a à peine deux jours, je me rendais aux Etats-Unis pour y rencontrer...disons...pour y rencontrer mes patrons. Et ils m'ont affirmé qu'ils étaient très intéressés par une coopération avec d'autres organisations, disons, nos amis occidentaux. Donc, je peux vous affirmer que cette mission en particulier n'en est qu'à son point de départ. Je suis chargé en fait de trouver les personnes les plus compétentes. Lorsque cela sera fait et que nous passerons à l'étape suivante, alors seulement nous pourrons faire des choses concrètes.

Hors caméra, plus tôt, vous avez fait allusion à certains développements importants qui concernent l'explosion de Tunguska qui a eu lieu en 1908.Pour cet entretien, pouvez-vous nous dire pourquoi aujourd'hui, vous croyez en connaître la cause?

Il ne s'agit pas d'une question de croyance, de spéculation. Nous SAVONS ce qui a causé cet événement. Il s'agit d'une météorite mais d'une météorite qui a été détruite par...disons....un missile.

Ce missile a été engendré par une installation matérielle. Nous ignorons qui a construit cette installation, elle a été édifiée il y a longtemps, fort longtemps et est située en Sibérie à plusieurs centaines de kilomètres au Nord de Tunguska.

Je peux vous dire que notre enquête a mis en évidence bien plus qu'une explosion à Tunguska. Laissez-moi vous confier la chose suivante. La dernière fois que cette installation a abattu une météorite, c'était l'année dernière, entre le 24 et le 25 septembre. Les Américains disposent de trois bases...ils ont également capté cette explosion.

Excusez-moi mais certains diront que tout cela relève de la science-fiction.

Graham, vous savez que lorsque nous parlons des vérités qui se cachent derrière ce sujet, nous nous adressons uniquement à ceux qui ont une bonne compréhension de la responsabilité que tout cela engendre. Et vous savez également que nous avons affaire à une technologie très en avance sur la nôtre, une technologie capable de faire des choses que nous ne pouvons pas faire.

Est-ce que vous pouvez être plus précis sur le lieu où se trouve cette installation?

Regardez où se trouve le site de l'explosion de Tunguska. Au sud-ouest, on trouve le célèbre et immense lac Baïkal. Au-delà se trouve au Nord un énorme territoire de steppes arides couvrant quelque 100.000km carrés. Pratiquement personne n'y séjourne. Il n'y a ni villes ni localité. C'est ici que se trouve l'installation (ndtr: Uvarov montre à son interlocuteur les lieux sur une carte)...

Etes-vous au courant de ces étranges histoires et de ces rumeurs qui concernent la soi-disant planète X? Si un nouveau corps céleste fait son entrée dans notre système solaire, les astronomes le détecteraient très certainement et ils déclareraient sa présence.

Je ne peux pas parler à la place des astronomes occidentaux mais les astronomes de notre Académie nous affirment qu'il n'y a rien à craindre. J'ai entendu des gens parler du chiffre de 3600 ans pour une révolution orbitale complète de cette planète qui aurait en fait une trajectoire orbitale comparable à celle de la terre mais derrière le soleil. Nous savons que cette planète est intimement reliée à l'installation qui se trouve en Sibérie. Permettez-moi d'ajouter que nous croyons que cette installation maintient la planète dans une orbite stable. Si cette planète devait bouger, changeait d'orbite, ce serait alors le système solaire entier qui deviendrait instable. Nous sommes tous certains à l'Académie que planète est habitée et que cette installation a été conçue pour les protéger et pour nous protéger. Tout est sous contrôle.
Nos recherches ont montré que la terre possède une modulation, une fréquence précisément réglée et qui affecte toute chose, tout être vivant. Il y a 12.500 ans, cette fréquence était réglée sur les 360 jours de l'année -celle étudiée par le calendrier égyptien- jusqu'à ce qu'un astéroïde heurte la terre. Nous pensons que l'orbite et la trajectoire de la terre ont été modifiées artificiellement pour compenser cet événement. Notre planète évolue à une plus grande distance du soleil, à un rythme, une fréquence de 365. Cela nous a amené à croire que nous avons des amis, des amis qui veillent sur nous, discrètement. De fait, ils n'ont pas permis et ne permettront pas qu'une planète, une comète ou un astéroïde entrent en collision et ne détruisent la terre. Pour nous, tout cela est absolument limpide. Ceux qui veulent militariser l'espace... pour vous dire la vérité, nous tous qui sommes impliqués dans ce projet ressentons de la douleur dans nos cœurs. Nous sommes là, nous enquêtons sur cette installation, sur d'autres choses, sur des choses très matérielles, concrètes, des choses qui n'ont pas été construites par des Russes ou des Américains mais par quelqu'un d'autre, quelqu'un venu de l'espace lointain. Cela nous attriste de penser à ce qui pourrait arriver si des armes sont introduites dans l'espace. Laissez-moi parler franchement. Cette installation possède un générateur, une source d'énergie. Nous l'avons localisée. Durant le conflit de l'ex Yougoslavie, nous avons enregistré un accroissement de la forme d'énergie qui sortait de cette installation. C'était incroyable pour nous mais nous savons aujourd'hui que cette installation réagit aux soulèvements sociaux et aux conflits. Une partie de notre enquête se concentre sur des recherches dans d'anciennes archives, de vieux documents. Nous sommes alors tombés sur les textes de "l'Echutin Apposs Alanhor" (sic) (intraduisible, sans doute un texte sacré russe). Nous appelons ces textes tout simplement Alanhor et ils ont au moins 4000 ans. Ils décrivent l'installation en termes scientifiques, ce qui se trouvait sur ces lieux. C'est étrange. J'ai visité la région à deux reprises. La première fois, notre équipement a détecté de forts niveaux de radiation. Je dois vous avouer que c'était plutôt dangereux; nous ne pouvions pas nous en protéger. Les quelques indigènes qui vivent dans la région connaissent l'installation et bien entendu, ils nous en ont fait une description. Ils nous ont décrit des sortes de structures métalliques et en ont fait un croquis. Nous avons reporté toutes ces informations sur une carte. Mais tous ces gens, leurs familles, leurs animaux, ils souffrent tous de maladies liées à ces radiations. Les niveaux de radiation ont été continuellement surveillés depuis ces 6 dernières années et aujourd'hui, tout le monde, en ce compris les animaux ont quitté la forêt. Laissez-moi vous parler de l'explosion de Tunguska, quelque chose qui n'a jamais été évoqué auparavant. Deux mois avant l'explosion, tous les animaux vivants ont quitté la région. C'était comme si l'installation s'était mise en marche pour traiter cet astéroïde. En même temps, les niveaux de radiation ont augmenté. La même chose est en train d'arriver en ce moment, aujourd'hui.

Existe t-ils d'autres projets pour monter une autre expédition dans la région et visiter l'installation?

La radiation est un facteur (dont nous devons tenir compte) mais oui, une autre expédition est prévue pour plus tard cette année. Regardez, nous voulons être ouverts et honnêtes sur le sujet. Nous souhaitons une participation internationale mais les gens que nous inviterons seront responsable aux yeux du reste du monde. Nous voulons des gens qui soient honnêtes avec un esprit ouvert et transparent et qui sont avides de coopérer, d'échanger et de répandre les données scientifiques.

Je vous invite, Graham, à venir en Russie pour visiter cette installation en tant qu'observateur.

J'en serais honoré. Merci

Vous pouvez dire aux gens que nous, les Russes, avons décidé que d'autres personnes devaient être au courant de cette histoire, pas juste une minorité .



Traduit par Karma one - © karmapolis

http://www.karmapolis.be/pipeline/tunguska.htm



L'ÉVÉNEMENT DE LA TOUNGOUSKA EN 1908



Un événement exceptionnel s'est produit le 30 juin 1908 en Sibérie centrale, connu sous le nom d’événement de la Toungouska : la collision d'un corps céleste de bonne taille avec la Terre. Ce cataclysme a suscité depuis 90 ans d'innombrables hypothèses et élucubrations, et il mérite que nous lui consacrions un chapitre dans la partie « Preuves ».

En effet, cette collision est la meilleure et la plus irréfutable des preuves concernant la réalité actuelle de l'impactisme terrestre, théorie qui n'est pas seulement une vérité du passé comme ont voulu faire croire certains scientifiques qui ignorent tout ou presque du volet astronomique du problème.

Les circonstances de la collision et les premières constatations

Le météore et la collision

L'objet (objet car son origine n'a jamais pu être déterminée d'une manière définitive avec certitude) de la Toungouska est tombé le 30 juin 1908, à 7h17mn11s heure locale (0h17mn11s TU), dans la vallée de la rivière Toungouska pierreuse, un affluent du Iénisséi, le grand fleuve sibérien. La localisation exacte de l'impact se situe à la latitude 60°55' nord et à la longitude 101°57' est, à 60 km de la petite ville de Vanavara et à environ 800 km au nord-ouest du lac Baïkal. Il s'agit d'une région boisée, marécageuse en été et gelée en hiver, pratiquement déserte dans la taïga sibérienne.

La matinée démarrait à peine quand un météore blanc-bleuté éblouissant, suivi d'une épaisse traînée de poussières beaucoup plus sombre, fut observé pendant quelques dizaines de secondes par de nombreux témoins, dans une très vaste région en forme de demi-cercle de plus de 700 km de rayon. Des simulations modernes ont permis de préciser plusieurs paramètres, notamment ceux concernant la magnitude du météore vu de plusieurs villes et villages situés dans la zone d'observation. (figure)

A 90 km d'altitude, il était de magnitude –5, déjà magnifique, attirant l'attention des rares habitants de la région. A 75 km, la magnitude apparente était de –9, passant très rapidement à –13 à 60 km, à –18 à 45 km et à –22 à 30 km d'altitude. A cet instant, le météore était encore 100 fois moins brillant que le Soleil, mais tous les témoins pressentaient déjà la catastrophe à venir. A 15 km d'altitude, il atteignit quasiment l'éclat du Soleil (–27), c'était un deuxième soleil dans le ciel, comme l'on raconté les témoins éberlués et terrorisés. Juste avant l'impact, au-dessus de Vanavara, la ville la plus proche, il atteignit la magnitude fantastique de –32, 100 fois la magnitude du Soleil, aveuglant les rares témoins qui suivaient encore sa course folle dans le ciel. Puis ce fut l'explosion finale, la désintégration, dans un paroxysme de bruit et de lumière, comme il ne s'en produit sur Terre qu'une fois tous les 500 ans peut-être.

Le météore, qui avait une trajectoire sud-est/nord-ouest, apparut au nord du lac Baïkal et survola le ciel sibérien jusqu'à 60 km au nord de Vanavara, avant d'exploser dans l'atmosphère, provoquant des phénomènes acoustiques intenses, puisque des explosions sourdes furent entendues à des distances supérieures à 1000 km (figure).

Au-dessus du site de l'explosion, des flammes et un nuage de fumée, que des témoins comparèrent à une "fontaine de feu", furent observés montant vers le ciel à une hauteur supérieure à 20 km. Les Toungouzes, seuls et rares habitants de la région, crurent que c'est leur dieu du feu, Ogdy, qui tombait sur la Terre. Nous utiliserons ce nom pour parler du corps cosmique.

Dans de nombreux endroits de la région, le sol et les bâtiments tremblèrent comme pendant un violent tremblement de terre. A Vanavara, un souffle brûlant jeta des témoins à terre, brisa des vitres et provoqua des dégâts sévères dans les récoltes. Un peu plus au nord, les plus proches témoins du drame, des nomades vivant sous la tente, furent littéralement balayés par cette formidable onde de choc et leurs tentes arrachées. Pourtant, comme il n'y avait pas, apparemment, d'habitants dans une aire de 30 km autour du point d'explosion, cette catastrophe extraordinaire n'a fait aucune victime humaine connue. Seuls, paraît-il, un troupeau de rennes et probablement quelques autres animaux vivant dans la forêt de sapins, au-dessus de laquelle eut lieu l'explosion, furent anéantis par la chaleur ou le feu qui dévasta plusieurs centaines de kilomètres carrés de forêt.

La chute d’Ogdy et l'explosion qui suivit causèrent une onde sismique importante. Celle-ci fut enregistrée à Irkoutsk, ville située à 893 km exactement de l'épicentre du lieu de l'explosion, 45 minutes et 6 secondes plus tard, se déplaçant à la vitesse classique de propagation des ondes aériennes, soit 330 mètres/seconde environ. L'onde sismique, qui fit le tour de la Terre, fut également enregistrée à Potsdam en Allemagne. Trois autres ondes sismiques moins importantes laissèrent aussi leur empreinte sur les appareils enregistreurs, elles seraient dues à des ondes aériennes d'explosion.

Les premières constatations

Parmi les premières constatations, faites tout de suite après le cataclysme, il faut encore citer un phénomène optique intéressant qui a été noté par de nombreux observateurs du ciel nocturne, ignorant tout de la chute du 30 juin. La première nuit suivant celle-ci, c'est-à-dire la nuit du 30 juin au 1er juillet 1908, fut exceptionnellement brillante partout en Europe et en Sibérie occidentale. Dans le Caucase, dans le sud de la Russie, la nuit fut si claire qu'il était possible de lire à minuit sans l'aide d'une lumière artificielle. Les nuits suivantes furent encore nettement plus claires que la normale. Cet effet, dû à la dispersion d'un très abondant nuage de poussières abandonnées dans l'atmosphère avant ou pendant l'explosion par Ogdy, diminua très lentement et dura pratiquement deux mois, jusqu'à la fin août. Corrélativement avec cette luminosité du ciel nocturne inhabituelle et anormale, les astronomes notèrent une importante diminution de la transparence de l'atmosphère qui gêna considérablement leurs observations.

Les diverses constatations concernant l'événement de la Toungouska amenèrent immédiatement les astronomes à formuler l'hypothèse la plus logique : notre Terre venait d'être frappée par une météorite gigantesque qui avait dû causer un cratère géant. Pourtant, chose impensable de nos jours, aucune expédition ne fut organisée pour aller étudier sur place, sans attendre, les effets de la catastrophe. Au début du siècle la Sibérie était encore le bout du monde et, apparemment, jusqu'en 1927, aucun scientifique soviétique ne put convaincre les autorités successives de financer une expédition digne de ce nom.

Les premières expéditions : l'étude de la région dévastée

La première expédition de 1927


La première expédition scientifique sur le site de la Toungouska eut lieu en 1927 seulement, dix-neuf ans après la catastrophe. Elle était conduite par le minéralogiste soviétique Leonid Kulik (1883-1942). Plusieurs surprises attendaient les chercheurs des diverses disciplines de l'expédition. D'abord ils trouvèrent une zone de 60 km de diamètre complètement dévastée par l'onde de choc balistique. Tous les arbres de la forêt préexistante avaient été soufflés, arrachés par les racines qui étaient dirigées vers l'épicentre du cataclysme. Un tel arrangement radial montrait que la chute avait été accompagnée d'une explosion extrêmement violente. L'onde de choc a été maximale latéralement, puisque la région nord-est a été la plus touchée (figure).

Dans la partie centrale de la zone d'impact existait une dépression marécageuse de plusieurs kilomètres carrés où les chercheurs notèrent une centaine de petites cavités peu profondes de quelques mètres à quelques dizaines de mètres de diamètre. Ils les prirent d'abord pour des cratères météoritiques car Kulik pensait que l'explosion avait entraîné une fragmentation complète d’Ogdy, et donc une pluie météoritique de fragments de toutes tailles. En fait, il fut établi plus tard que toutes ces formations étaient des fondrières naturelles, très nombreuses dans cette région.

Autre surprise de taille, ils ne découvrirent aucune météorite, exception faite de quelques infimes poussières, et cela malgré un ratissage méthodique de la région sinistrée. Ils durent se rendre à l'évidence : contrairement à l'opinion première de Kulik, Ogdy n'avait pas touché le sol, même sous forme de petits fragments. Cet objet n'était donc pas une météorite, au sens propre du terme. L’hypothèse de la comète semblait donc s’imposer, avec une explosion et une désintégration dans l’atmosphère et non un véritable impact.

Les expéditions de 1928, 1929-1930 et 1938-1939

Deux autres expéditions sur le site eurent lieu en 1928 et en 1929-1930, cette dernière fort importante puisqu'elle dura plus d'un an. Elles n'apportèrent rien de très nouveau. On creusa plusieurs des dépressions que Kulik croyait encore être des cratères météoritiques, mais sans succès. L'une d'entre elles fut explorée très soigneusement, jusqu'à 34 mètres de profondeur. Devant le résultat totalement négatif, il fallut accepter l'origine naturelle de ces fondrières.

Enfin, en 1938-1939, une couverture photographique aérienne très complète de la région fut effectuée, permettant de connaître d'une façon précise le plan de la région touchée et de constater les extraordinaires dégâts, encore nettement reconnaissables bien que datant déjà de trente ans. Ces photos illustrent encore les livres qui parlent de l'événement de la Toungouska.

Ces quatre expéditions permirent d'exclure définitivement l'hypothèse de l'impact au sol d'un astéroïde planétaire. Elles confortèrent la majorité des scientifiques dans une nouvelle hypothèse assez plausible, celle de l'explosion dans l'atmosphère du noyau d'une petite comète active. Cette hypothèse cométaire fut proposée dès 1930, après les premières expéditions sur le site, par Francis Whipple (1876-1943) et confirmée en 1933 par Igor Astapovich (1908-1976). Cependant, l'étude de la composition des comètes était encore bien peu avancée à l'époque, et il était impossible de démontrer d'une façon certaine que ce type d'objets célestes est capable de provoquer les divers effets observés pendant et après l'explosion.

L'incertitude des savants sur la nature exacte de l'objet responsable de cette catastrophe, frappante pour les imaginations, surtout après la publication de photographies particulièrement révélatrices de la puissance de l'explosion, allait entraîner l'apparition de très nombreuses hypothèses plus ou moins plausibles et même parfois carrément farfelues.

Les points d'accord dans une controverse serrée

Trois hypothèses plausibles en concurrence


Plus de 90 ans après le cataclysme, la controverse sur la nature exacte d’Ogdy reste vive, même si l'on semble s'acheminer vers une origine imprévisible il y a dix ans, plus complexe que tous les spécialistes qui ont étudié la question pouvait l'envisager, et que nos lecteurs peuvent déjà soupçonner à la lecture des chapitres précédents.

En effet, la solution qui semble s'imposer est celle-ci : la désintégration dans l'atmosphère d'un fragment astéroïdal de l'ancien centaure HEPHAISTOS (mi-comète, mi-astéroïde, rappelons-le) dont l'existence explique enfin la majorité des événements concernant l'impactisme terrestre récent. L'astronome slovaque Lubor Kresak (1927-1994) avait déjà trouvé une partie de la vérité dans les années 1970 en montrant qu’Ogdy était lié à la comète P/Encke. On comprend que les astronomes ne pouvaient se mettre d'accord, puisque pour les uns il ne pouvait s'agir que d'une comète, alors que les autres démontraient le caractère astéroïdal du fragment désintégré.

Pendant trois quarts de siècle, trois hypothèses furent très logiquement en concurrence : celle du vrai astéroïde, celle du noyau cométaire et celle de la comète active. Ces trois hypothèses ont eu (et ont encore) leurs partisans et restent les seules réellement envisageables. Chacune a été étayée de nombreux arguments, disséquée, analysée, confirmée (!) par des simulations multiples et parfois convaincantes (mais une simulation convaincante n'est pas forcément le reflet de la réalité). Jusqu'à présent aucune d'entre elles ne s'était vraiment imposée, faute de connaître et de prendre en compte HEPHAISTOS, car toutes les trois présentent des insuffisances et des faiblesses plus ou moins sérieuses. Seul le mixage des trois est concluant.

Les points d'accord

Avant d'étudier séparément ces trois hypothèses, examinons les points d'accord. D'abord, il faut insister sur le fait que, pratiquement, tout le monde est d'accord pour admettre que le cataclysme est dû à la collision d'un objet appartenant au Système solaire, et que les hypothèses de l'antimatière et du mini trou noir ne sont que des hypothèses d'école.

Un point important est celui de la masse d’Ogdy et de la puissance de l'explosion. Toutes les valeurs entre 1014 joules et 8 x 1017 joules ont été avancées pour cette dernière, depuis la première estimation d'Astapovich en 1933, mais on penche aujourd'hui pour une valeur intermédiaire proche de 5 x 1016 joules (tableau 9-1). Ce résultat important a été obtenu après une nouvelle analyse des anciens sismogrammes enregistrés le 30 juin 1908 et d'autres données relatifs à l'événement, et de leur comparaison avec les effets sismiques et acoustiques des explosions nucléaires aériennes des années 1945-1965, dont les paramètres sont connus avec précision. L'énergie libérée par Ogdy correspond à une explosion de 12,5 MT de TNT, soit en gros 600 fois la puissance de la bombe d'Hiroshima.

Pour la masse préatmosphérique, les valeurs ont été fixées entre 1 et 5 MT, avec une valeur probable de 2 MT. Pour la masse à l’instant de l’explosion, qui était évidemment beaucoup moindre, on table sur des valeurs comprises entre 0,1 MT et 1 MT, avec une valeur probable de 0,5 MT. Ainsi Ogdy aurait perdu les trois quarts de sa masse en traversant l’atmosphère, la masse perdue constituant celle de la poussière observée.

Par contre, le désaccord a longtemps été total pour le diamètre d’Ogdy, puisqu'il dépend de la densité retenue, très variable selon sa nature, même si l'on sait de nos jours que les densités les plus faibles envisagées ne sont pas crédibles et que seules les densités planétaires (3,0 et plus) sont réellement acceptables.

Une autre certitude, et donc un point d'accord entre les spécialistes, est qu’Ogdy n'a pas touché le sol et a explosé dans l'atmosphère entre 5 et 10 km d'altitude. Il s'agit donc d'une explosion basse, ce qui est un mauvais point pour l'hypothèse cométaire, comme nous le verrons.

Le problème de l'orbite préatmosphérique d’Ogdy, particulièrement ardu pendant cinquante ans, s'est un peu éclairé à partir de 1960 avec l'utilisation des ordinateurs pour le calcul des différentes possibilités. Car il ne faut pas oublier la complexité du problème, compte tenu du fait que les observations en 1908 n'ont pas excédé quelques dizaines de secondes. Tout ce que l'on sait, c'est que l'angle de la trajectoire d’Ogdy avec la surface terrestre était de l’ordre de 20° seulement, et que la distance angulaire entre Ogdy et le Soleil était également fort petite. C'est ce qui explique qu’il n'ait pas été observé plus tôt : il était pratiquement indécelable pour un observateur terrestre, perdu dans le rayonnement solaire (figure).

Les premiers calculs, dans les années 1930, ont montré que l'orbite d’Ogdy était probablement rétrograde et qu’il devait être une comète à longue période. Astapovich envisageait une vitesse géocentrique comprise entre 50 et 60 km/s, et localisait le radiant d’Ogdy vers l'apex de la Terre. Mais l'ordinateur a remis les choses en place grâce à des simulations, et de rétrograde, l'orbite la plus probable est devenue directe, ce qui rend toutes leurs chances aux objets planétaires (qui n'ont jamais d'orbite rétrograde). On penche actuellement pour une vitesse géocentrique de l'ordre de 30 km/s, qui est celle des objets à forte excentricité, mais qui peut concerner aussi bien une comète qu'un astéroïde.

Végétation post-catastrophe et mutations possibles[/b]

Enfin, signalons deux constatations datant des années 1970 fort intéressantes (mais qui semblent aujourd'hui contestées par les chercheurs occidentaux qui n'ont pas eu accès au site avant les années 1980). Des chercheurs soviétiques ont découvert avec surprise que certains végétaux qui poussent aujourd'hui dans le périmètre de la région sinistrée en 1908 ont une vitesse de croissance sensiblement supérieure à la normale. Elle serait de l'ordre de 5 à 10 fois plus rapide que dans les régions voisines non sinistrées, et que dans des cultures de contrôle surveillées par les chercheurs. Ceux-ci ont fait des vérifications sur près de 200 espèces différentes de plantes diverses pour comparer les dosages d'oligo-éléments. Cette nouvelle végétation post-catastrophe s'est avérée anormalement riche en arsenic, iode, brome, zinc et tellurium. Les savants soviétiques ont expliqué ce résultat surprenant, lié sans doute possible à la diffusion du matériel pulvérisé lors de l'explosion, par l'enrichissement du sol dû aux éléments chimiques cités plus haut et qui étaient obligatoirement présents dans l'objet cosmique avant sa désintégration.

Deuxième constatation à retenir, il semble que les savants soviétiques aient eu la preuve que des mutations soient également apparues sur plusieurs espèces d'insectes qui ont repeuplé la région sinistrée. Ces mutations (si elles sont réelles car là aussi il y a doute) ne peuvent être liées qu'à l'augmentation de la radioactivité locale. Au fond, ce ne serait pas vraiment une surprise, car on sait depuis longtemps qu'une radioactivité accrue débouche presque obligatoirement sur des mutations génétiques parmi la faune et la flore. On ne peut que regretter vivement le temps perdu entre 1908 et 1927, car une étude poussée immédiatement dans les années post-catastrophe aurait permis de lever cette ambiguïté et ce doute qui sévissent aujourd'hui.

Après ces points d'accord, nous allons voir les trois hypothèses concernant la nature d’Ogdy. Car au-delà d'un consensus relatif sur certains points, il ne faut pas se cacher que les raisons de désaccord entre les différents spécialistes de toutes les disciplines concernées restent profondes, et que l'on ne peut que difficilement envisager une théorie qui aurait l'assentiment de tous. Nous resterons encore longtemps au niveau des hypothèses, même si celle du fragment planétaire issu de HEPHAISTOS paraît nettement la plus probable.

L'hypothèse de la comète active

L'hypothèse cométaire pour Ogdy a toujours été en faveur depuis les travaux de Francis Whipple en 1930 et plus tard ceux de Vassili Fesenkov (1889-1972). Il faut dire que de nombreux indices militent en sa faveur, mais sa cote a continuellement baissé depuis 1960 avec les premières simulations sur ordinateur qui ont montré qu'une orbite directe était la plus probable.

L'étude d'une collision entre la Terre et une comète a, comme tout le reste, été faite sur ordinateur, avec des scénarios différents concernant la masse, la vitesse et les conditions d'approche de la comète. Dans tous les cas de figure, il apparaît qu'une telle collision ne produit pas de cratère car l'objet ne touche pas le sol, mais sa désintégration totale provoque une explosion dans l'atmosphère, capable de carboniser une forêt sur plusieurs kilomètres carrés et sur une déflagration audible à plus de 1000 km comme on l'a vu en Sibérie en 1908. La tête de la comète s'échauffe d'une façon fantastique en quelques secondes en traversant l'atmosphère terrestre à une vitesse de 20 km/s (soit Mach 66) et la température peut atteindre plusieurs millions de degrés. D'une part, la tête de la comète se volatilise en moins de dix secondes en milliards d'éclats infinitésimaux et d'autre part, il y a production de rayonnements X et gamma et de particules accélérées, électrons et neutrons. Tout cela s'est trouvé confirmé en Sibérie.

Des micro-sphérules par millions dans la zone d’impact

Lors de campagnes sur le terrain en 1958 et 1961, menées avec du matériel sophistiqué sous la direction du météoricien soviétique Evgenij Krinov (1906-1984), on a découvert de très nombreuses micro-sphérules de silicates (d'un diamètre de 80 à 100 micromètres) ayant la structure et la composition des chondrites carbonées, soupçonnées être des vestiges de noyaux cométaires.

On a également trouvé des particules de magnétite (oxyde de fer magnétique) et des billes microscopiques d'aspect vitreux contenant des vacuoles remplies de gaz carbonique ou de sulfure d'hydrogène. Il y en a, à coup sûr, plusieurs milliers de tonnes éparpillées dans toute la zone sinistrée en 1908. Tout cela postule pour l'origine cométaire.

Quant à la production de rayonnements nucléaires et à l'augmentation présumée de la radioactivité à la surface terrestre en 1908 et 1909, elles ont connu une éclatante confirmation, grâce notamment à la méthode dendrochronologique. On a constaté, en effet, pour cette époque une augmentation voisine de 1 % par rapport à la normale de la quantité de carbone 14 contenue dans les arbres coupés et étudiés sur tous les continents. On est obligé d'attribuer cette augmentation de la radioactivité terrestre en 1908-1909 à Ogdy, car il n'y a pas eu d'activité solaire anormale à cette époque qui aurait pu être responsable du phénomène observé dans les anneaux de croissance des arbres. Là encore, l'hypothèse d'une origine cométaire explique cet afflux anormal de particules radioactives, ainsi que l'extraordinaire croissance observée dans la végétation de la zone choquée.

Enfin, n'oublions pas l'un des principaux arguments utilisés par les partisans de l'hypothèse cométaire : les fameux phénomènes lumineux, notamment l'extraordinaire luminosité du ciel nocturne durant plusieurs nuits. Ce phénomène serait dû au passage de la Terre à l'intérieur de la queue de poussières de la comète.

Dans l'hypothèse cométaire, il faut admettre un diamètre important pour Ogdy. Pour une masse de 500 000 tonnes, qui est la plus raisonnable, combinée avec une densité de 1,0 g/cm3 qui est celle de la glace, principal constituant des noyaux cométaires actifs, on obtient un diamètre de l’ordre de 100 mètres pour un objet sphérique. Mais certains chercheurs ont émis l'idée que la densité du noyau pourrait avoir été très faible, nettement inférieure à 1,0 g/cm3. Dans ce cas, le noyau n'aurait pas été un corps unique, mais plutôt un essaim (ou pseudo-noyau) de particules individuelles plus ou moins soudées entre elles. On cite deux valeurs à cet égard : une densité de 0,25 g/cm3 qui correspond à un diamètre de 150 mètres et une densité minimale de 0,001 g/cm3 qui correspond à un diamètre géant de 600 mètres. Disons tout de suite que seule la densité la plus forte : 1,0 g/cm3 est plausible. Nous verrons pourquoi.

La possible association P/Encke - Ogdy

Plusieurs astronomes ont essayé d'associer Ogdy avec une comète à courte période connue. Dans les années 1930, on croyait possible une parenté avec la comète P/Pons-Winnecke qui s'est approchée à 0,039 UA de la Terre le 26 juin 1927, l'une des principales approches du XXe siècle, et qui, selon certains, aurait pu se fractionner il y a quelques siècles en deux ou plusieurs fragments. Mais cette hypothèse ne reposait sur rien de sérieux et a été rapidement abandonnée. En 1978, Kresák a repris l'idée et a proposé une association génétique très intéressante avec P/Encke. Il s'est basé sur une similarité possible entre les deux orbites et surtout sur la coïncidence de la date de l'événement de la Toungouska (30 juin) avec celle de l'averse météorique des Bêta Taurides, qui a lieu le même jour et que l'on sait associée à P/Encke. Cette hypothèse a pris progressivement de la consistance au cours des années 1980, mais elle a été vivement contestée au départ car elle se heurtait à de grosses difficultés dont nous allons parler plus loin.

A l'exposé des forces de l'hypothèse cométaire, on pourrait croire que le doute n'est plus permis. Nous allons voir que tout n'est pas si définitif qu'il peut paraître aux non-spécialistes.

L'hypothèse du noyau cométaire

Une durée de vie active insignifiante pour Ogdy

On peut même dire que l'hypothèse de la comète active présente une faiblesse terrible qui pratiquement la condamne à n'être qu'une hypothèse d'école (mais rien n'est moins sûr, on a vu en 1994 avec l'impact de la comète Shoemaker-Levy 9 sur Jupiter que toutes les surprises restent possibles). Car on sait que l'espérance de vie active des comètes à courte période est extrêmement courte à l'échelle astronomique, variable selon le diamètre sublimable de la comète, sa période de révolution et sa distance périhélique. Les calculs montrent que les comètes actives à courte période ayant un diamètre sublimable de l'ordre de 1 km ont une espérance de vie inférieure dans tous les cas à 3000 ans. Pour une comète de 100 mètres, cette espérance de vie est inférieure à 300 ans, 500 au grand maximum. La probabilité d'une collision entre la Terre et une comète active de 100 ou 200 mètres de diamètre, durant cette courte période, est donc pratiquement nulle.

Nous avons dit dans le chapitre consacré aux comètes que les fortes approches à la Terre des comètes actives sont très rares : environ une demi-douzaine par siècle à moins de 0,100 UA. Pour les comètes de moins de 100 mètres, on peut tabler sur seulement une approche par siècle en moyenne. Autant dire que pour ce qui est de l'impact d'une comète active de 100 mètres de diamètre moyen avec la Terre, les chances sont quasiment nulles. On voit que l'hypothèse de la comète active est pratiquement réduite à néant avec ce problème de l'espérance de vie des comètes.

Il n'en reste pas moins vrai que l'hypothèse de l'EGA cométaire, ou pour parler autrement du noyau cométaire, est là pour prendre la relève. Elle a longtemps été retenue par la majorité des astronomes, car elle semblait nettement la plus probable, malgré quelques insuffisances gênantes.

Une densité au moins égale à 2,0 g/cm3

De nombreux spécialistes croient qu’Ogdy était une chondrite carbonée géante, de densité voisine de 3,0 g/cm3 et d'un diamètre de 70 mètres environ, si l'on admet la masse de 500 000 tonnes tenue pour la plus probable. Pour une densité un peu plus faible, c'est-à-dire 2,0 g/cm3, le diamètre pouvait avoisiner les 80 mètres.

La majorité des effets constatés pendant et après l'explosion dans l'hypothèse cométaire restent valables dans celle du noyau. Mais celui des phénomènes lumineux devient moins évident, encore que les nuits claires sont explicables par la diffusion dans l'atmosphère des milliards de particules microscopiques produites lors de l'explosion. Rappelons-nous les éruptions volcaniques de grande envergure et le pseudo-miracle de Josué qui ont été associés à une luminosité inaccoutumée de l'atmosphère.

Cette hypothèse de l'impact d'un noyau cométaire, qui semblait s'imposer définitivement dans le courant des années 1970, et qui reste d'ailleurs tout à fait envisageable, a cependant été progressivement contestée pour des raisons que nous allons voir maintenant.

L'hypothèse de l'astéroïde

Etonnamment, cette hypothèse qui avait prévalu en 1908, sous l'appellation de météorite géante de la Toungouska, qui a plus ou moins survécu par la suite, est revenue progressivement sur le devant de la scène, soutenue par des spécialistes comme Sekanina et Ganapathy. Elle est aujourd'hui de loin la plus probable, même si elle a le défaut d'expliquer plus difficilement certains effets constatés. La difficulté principale dans cette hypothèse est de démontrer que tous les effets enregistrés pendant et après l'explosion peuvent s'expliquer aussi bien que dans le cas de l'hypothèse cométaire.

Depuis le début des années 1960, une dizaine de stations scientifiques permanentes ou semi-permanentes, réparties dans quelques pays, et depuis les années 1970 l'armée américaine (longtemps sous le couvert "secret défense" pour des raisons de sécurité militaire), prennent systématiquement des photos des boules de feu et des gros météores qui entrent dans l'atmosphère. L'analyse des clichés obtenus dans ces stations a clairement montré que les collisions entre la Terre et des objets cosmiques allant de 100 à 100 000 tonnes étaient beaucoup plus fréquentes que ce qu'on imaginait auparavant. Mais seule une très faible proportion de ces bombes cosmiques parvient à survivre à la traversée de l'atmosphère terrestre, qui s'est avérée être un écran protecteur très efficace, notamment les couches inférieures (troposphère et stratosphère).

L'étude soigneuse de milliers de clichés a permis de distinguer trois types différents de corps heurtant la Terre. D'abord, des objets durs, rocheux, que l'on a identifié avec les météorites pierreuses de nos collections (types H, L et LL) et qui sont des vestiges d'astéroïdes brisés lors de collisions dans l'espace. Il s'agit de la population dite planétaire. Ensuite, des objets plus fragiles, semblables aux météorites carbonées et que l'on pense être des vestiges cométaires. Ogdy serait l'un d'eux. Enfin, un troisième groupe concerne deux types de matériaux très friables : une forme primitive de roches carbonées et des boules de poussières, essaims de particules soudées entre elles. Ces deux groupes concernent la population dite cométaire.

Une désintégration tardive

Le problème de l'altitude des apparitions et des disparitions des différentes boules de feu enregistrées sur les clichés a été particulièrement étudié. Une surprise apparaît au moment des conclusions. C'est que même les grosses roches du groupe planétaire sont pulvérisées durant leur traversée de l'atmosphère et que seuls quelques débris, atteignant parfois une tonne, touchent le sol. C'est encore nettement plus évident pour le matériel des deux groupes cométaires qui, dans la plupart des cas, ne parvient pas jusqu'à la surface terrestre.

En octobre 1969, une boule de feu a survolé la ville d'Ojarks aux Etats-Unis. Elle s'est désintégrée à 22 km d'altitude en donnant lieu à deux fortes explosions, qui produisirent des ondes de choc comme en Sibérie. En décembre 1974, une boule de feu encore plus grosse, dont la masse a été estimée à 200 tonnes environ, a survolé la ville de Sumawa en Tchécoslovaquie. Elle s'est totalement désintégrée en trois secondes. Les principales émissions lumineuses eurent lieu entre 73 et 61 km d'altitude. Seul un petit fragment a atteint 55 km, et aucun débris n'a touché le sol.

Pour Ogdy, on pense que l'explosion a eu lieu entre 5 et 10 km d'altitude, la plus probable étant 6 km. A cette altitude, la pression aérodynamique est environ trente fois supérieure à celle existant à une altitude de 22 km, à laquelle se désintégra la boule de feu d'Ojarks. On voit qu'il y a là un problème sérieux. Une explosion à 6 km d'altitude est une explosion basse, incompatible avec l'hypothèse d'un noyau de glace envisagé dans le cas d'une comète active. Cette explosion basse est même difficilement conciliable avec l'hypothèse d’un astéroïde cométaire, avec un noyau à base de chondrite carbonée qui est un matériau fragile, mais qui parvient quand même parfois à toucher le sol, puisqu'on en connaît plusieurs spécimens dans nos collections de météorites.

Le verdict de la résine : un astéroïde à enstatite

C'est ce problème de l'explosion bien tardive, d'autant plus qu’Ogdy a eu une longue trajectoire intra-atmosphérique, qui a obligé les spécialistes à réenvisager l'hypothèse, longtemps abandonnée, de la météorite véritable. Certains ont longtemps penché pour un matériel planétaire, composé de roches relativement dures (densité de l'ordre de 3,5 g/cm3), comparables à celles des chondrites des types LL ou L de nos collections de météorites. Le bombardement se serait uniquement produit sous une forme microscopique et ses vestiges seraient les milliards de globules minuscules qui existent, sous forme de mitraille enfouie dans la zone sinistrée de la Sibérie centrale.

Un progrès très significatif a pu être obtenu au début des années 1990. Une équipe Italienne, menée par Giuseppe Longo et Menotti Galli, a eu l’excellente idée d’étudier des gouttes de résine datant de 1908 et préservées dans le tronc même de certains conifères meurtris de la zone d’impact. Cette résine s’est révélée extraordinairement riche, puisqu’elle contient en grande quantité des micro-particules, en particulier du fer, du calcium, de l’aluminium, de la silice, de l’or, du cuivre, du titatium, mais aussi plusieurs autres éléments. Les spécialistes italiens ont conclu à l’explosion d’un astéroïde à enstatite de type E, c’est-à-dire un corps équivalent à nos chondrites à enstatite dont on connaît deux variétés (EL et EH).

Comment interpréter ce résultat étonnant et très important ?

Ogdy : un fragment planétaire d’un objet mixte


Ogdy, dont le diamètre était de 60 ou 80 mètres, était obligatoirement un fragment d’un astéroïde cométaire, c’est-à-dire un objet qui a eu dans le passé une activité cométaire. Mais si cette activité était définitivement stoppée, peut-être à cause de l’existence d’une croûte trop épaisse pour permettre aux derniers éléments volatils de se sublimer, la désintégration a libéré la totalité du matériel du corps cosmique et permis les effets cométaires indiscutables dont nous avons parlé.

On sait aujourd'hui que les innombrables fragments générés par HEPHAISTOS et ses divers groupes, notamment les deux principaux ENCKE et HEPHAISTOS (voir le chapitre sur les comètes), nés d'un émiettement inéluctable et quasi permanent depuis quelques milliers d’années, sont de nature soit cométaire, soit planétaire. Certains morceaux existant encore doivent être mixtes, avec des traces de glace originelle remontant à la formation même du corps parent.

Nous avons expliqué que le fameux Complexe des Taurides, identifié par Fred Whipple dans les années 1950, mais sans qu’il fasse le rapprochement avec Ogdy, contient d’innombrables morceaux de taille décamétrique, de nombreux autres de taille hectométrique et quelques-uns de taille kilométrique et que tous ne sont pas homogènes, loin de là. L’hétérogénéité pourrait être la règle, si l’on en croit la grande variété des micro-particules repérées dans la fameuse résine des chercheurs italiens et celles ramassées sur le site lui-même, et qui ont étonné par leur richesse qui a fait croire à certains que leur origine était artificielle.

Personnellement nous croyons à l'hypothèse de Kresak d'une parenté entre P/Encke et Ogdy, mais pour celui-ci une composition ou planétaire ou mixte. Cette hypothèse devrait se préciser ces prochaines années.

[b]La région de la Toungouska, site protégé pour l'avenir


Le retard pris pour aller étudier la région de l'impact a été une faute impardonnable sur le plan scientifique et incompréhensible. Aujourd'hui c'est une course de vitesse entre les scientifiques qui veulent percer les secrets encore décelables et la nature qui, comme toujours sur la Terre, reprend progressivement ses droits et efface inexorablement les traces du passé.

Les autorités russes, bien conscientes de l'intérêt considérable de la région sur le plan scientifique, ont ouvert le droit aux savants étrangers de venir, eux aussi, sur le site, privilège réservé aux chercheurs soviétiques jusqu'au début des années 1980. On sait que cette non-étude par les savants des autres pays a débouché sur des querelles concernant quelques résultats qui ont été ouvertement critiqués, notamment sur les mutations, certaines pour les uns et niées par les autres.

On peut être sûr que l'internationalisation de la recherche sur le site de la Toungouska va déboucher sur des résultats importants. De nouvelles simulations dues à l'astronome russe Vladimir Svetsov laissent à penser que des petits fragments d’Ogdy ont pu se séparer du corps principal à une altitude de 20 à 15 km et ainsi éviter la désintégration générale qui l'a totalement détruit entre 5 et 10 km. Certains de ces petits fragments ont pu survivre et toucher le sol. Reste à les trouver. Les calculs de Svetsov montrent qu'il faudrait chercher nettement au sud-est de l'épicentre, entre 5 et 10 km.

Quelle satisfaction si de nouvelles recherches intensives sur le terrain permettaient de retrouver ne serait-ce que quelques-uns de ces fragments ayant survécu à la désintégration. Soyons optimistes ! Avoir dans les mains un échantillon du centaure HEPHAISTOS qui a fait tant de misères à nos ancêtres est probablement une réalité de demain.

http://www.astrosurf.com/macombes/chapitre 9-me.htm
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PostPosted: 03/04/2005 21:19:08
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PostPosted: 03/04/2005 21:20:00
L'événement de la Tunguska

Quand le ciel nous tombe sur la tête (I)

En 1908 le coeur de la Sibérie orientale fut le témoin d'une explosion cataclysmique dont l'onde de choc fut ressentie à plus de 600 km de distance tellement la secousse fut violente.

On pense aujourd'hui qu'un météoroïde de plusieurs dizaines de mètres de diamètre explosa en altitude, engendrant un souffle et des effets magnétiques qui, comme nous allons le voir, dévastèrent tout sur leur passage dans un périmètre bien délimité.



Pendant plus de 80 années les chercheurs de la Tunguska (traduction textuelle que l'on écrit aussi "Toungouska" en français) pataugèrent littéralement dans l'incertitude. L'événement fit coulé beaucoup d'encre mais généra également un monumental flot d'erreurs dans l'interprétation des faits. J'ai dû moi-même réviser ma copie après avoir accepté un peu trop rapidement les spéculations hardies de certains chercheurs européens. Le sujet doit donc être étudié à tête reposée car nous sommes en terrain mouvant.

Les meilleures comme les plus mauvaises sources d'informations scientifiques proviennent principalement de Russie pour la simple raison que les Russes ont prospecté le site et étudié le problème seuls durant plus d'un demi-siècle. Parmi les auteurs ayant le plus apporté à la résolution partielle de cette énigme et démontré le plus grand nombre d'hypothèses, citons en particulier les professeurs A.E. Zlobin et I.S.Astapovich tout en rendant hommage au travail de pionnier réalisé par L.A.Kulik dès 1927.

L'événement de la Tunguska représente à merveille le genre de mystère que les chercheurs aiment résoudre, leur apportant ce défi et cette aventure qui excitent leur sens critique, les mettant au défi de dévoiler un des mystères de dame Nature. Mais, ainsi que nous le verrons, ce travail d'enquêteur est très difficile, tant sur le plan scientifique que de la recherche elle-même des indices sur le terrain.

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2002 : Nouvel impact dans la Tunguska

Durant la nuit du 24 septembre 2002, un objet a explosé au-dessus de la Sibérie, dans le district de Bodaibo situé au nord-est d'Irkoutsk et du lac Baïkal, ravageant près de 100 km2 de taïga.

En octobre 2002 aucune autre information ne transpirait de cet événement.

Michael Nazarov du Laboratoire des Météorites de l'Institut Vernadsky de Géochimie et de Chimie analytique notait que "la station [séismique] de Bodaibo avait enregistré un signal qu'ont ne pouvait pas aisément interpréter".


Document http://www.space.com/


Les autres stations séismiques situées plus loin n'avaient rien enregistré, indiquant que si l'objet avait survécu à la rentrée atmosphérique et frappé le sol, l'impact dû être relativement faible.

Comme à l'accoutumée la presse invoqua un impact météoritique, mais sans disposer de la moindre preuve...


La Terre bombardée. Cela dure depuis plus de quatre milliards d'années...

Par chance, le Département de la Défense américain (DoD) avait suivi la chute de l'objet entre 62 et 30 km d'altitude. Il a estimé son énergie à 200 tonnes de TNT, soit 100000 fois inférieure à l'énergie libérée dans l'événement de la Tunguska estimée à 20 MT de TNT, mais cela représente tout de même 50 fois l'explosion d'Hiroshima...

En fait l'information ne fut publiée dans la presse... qu'en juillet 2003 car ce n'est qu'au mois de mai de l'année suivante qu'une équipe scientifique de l'Académie des Sciences de Moscou constituée d'une dizaine de personnes, y compris des médecins, a pu localiser et atteindre l'épicentre de la zone située dans une région semi-montagneuse et boisée.

"Sur une superficie d'environ 100 km2, rapporte le chef d'expédition Vadim Tchernobrov, les arbres sont cassés d'une manière caractéristique d'effets de souffle très puissants. Pour donner un ordre d'idée, l'explosion de la météorite, qui s'est désintégrée avant de toucher le sol, et dont les fragments n'ont laissé pour cette raison, selon nos observations, qu'une vingtaine de cratères ayant jusqu'à vingt mètres de diamètre, équivalait à la puissance d'une bombe atomique de taille moyenne".

La nature de l'objet ainsi que son origine demeurent inconnus. L'objet, pourrait être un astéroïde de la famille des NEO ou tout simplement un astéroïde isolé un plus gros que les bolides ordinaires.

Décidément dans la taïga, le ciel nous tombe souvent sur la tête se diront certains lecteurs ! Et pour preuve de citer les événements Tunguska 1908, Sikhote-Alinsk 1947, Oust-Ilimsk 1976, et maintenant Bodaibo 2002. En fait cela n'a rien d'étrange. La Sibérie s'étend sur 10 millions de kilomètres carrés et la probabilité d'un impact n'y est pas différente d'un autre lieu, Ouf !

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Ce compte-rendu tient compte des dernières simulations et traitements numériques réalisés par les chercheurs de l'Institut de Calculs Mathématiques et de Géophysique Mathématiques de Russie, de l'Institut Polytechnique de Tomsk, de l'Université de Tomsk, du Département de physique de l'Université de Bologne en Italie et des travaux américains réalisés dans le cadre de l'atelier Planetary Defense Workshop (cf page 5 pour les adresses Internet des institutions citées).

Tunguska

Tunguska, une région se trouvant aujourd'hui dans le district d'Evenkia (Okrug autonome d'Evenkiysky), un site reculé en plein coeur de la Sibérienne orientale à quelques centaines de kilomètres des villes de Irkoutsk et Tomsk. L'endroit est traversé par la rivière Podkammenaya Tunguska (la Tunguska de pierre ou Tunguska supérieure). Le lieu ne mériterait aucune attention tant il est isolé de toute civilisation. Il est habité par les Tungus, un peuple d'indiens tribal élevant des rennes et vivant de chasse. Le climat est froid, les orages violents, la nature omniprésente et les dieux parfois hostiles...

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La région de la Tunguska



Le site se situe par 60°53'09" N et 101°53'40" E dans le district d'Evenkia, une région de collines boisées typique de la taïga Sibérienne où coule de nombreuses rivières dont la Tunguska supérieure. Situé à 800 km au nord-ouest du lac Baïkal, le site est isolé et est uniquement accessible en hélicoptère à partir d'un village proche de Vanavara situé à 92 kilomètres au sud. Les villes les plus proches sont Irkoutsk et Tomsk. Documents CCN et TH-BO.
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Le 30 juin 1908

Pour les Tungus, le 30 juin 1908 restera une date funeste où Agdy, le vieil homme, le dieu du tonnerre, apporta le malheur sur terre. Dans leur culture le tonnerre se manifeste à travers des oiseaux semblables à des oies noires qui survolent la terre et dont les yeux brillent comme des éclairs. On dit que les vieux shamans foncièrement mauvais amis du tonnerre et possédant son pouvoir, appellent parfois Agdy pour punir un groupe de chasseurs ou même tout un clan en proie à des guerres tribales ou refusant de se soumettre à son autorité.

Ce jour là, en plein été vers 7h du matin, une légion interminable de Agdy survola le clan de Shanyagir et apporta le malheur sur de nombreuses familles.

Dans le village de Nizhne-Karelinsk, distant de 360 km de Tunguska, les paysans ont observé un objet très brillant et blanc-bleuté, trop brillant pour être observé à l'oeil nu, voler assez haut au-dessus de l'horizon Nord-Ouest. Le ciel était clair excepté un petit nuage sombre près de l'horizon vers lequel se dirigeait l'objet. L'atmosphère était chaude et sèche. L'objet tomba verticalement durant dix minutes. Il avait une forme cylindrique. Quand il approcha du sol on aurait dit qu'il fut pulvérisé et à sa place se forma un immense nuage de fumée noire.

Une explosion comme jamais ont en avait entendu de mémoire d'homme retentit. Son écho fut perçu jusqu'à 1000 km de distance ! Au même instant, à exactement 0h14m28s TU un séisme très important par sa durée et de magnitude 5 fut enregistré jusqu'au Etats-Unis, dont l'épicentre se situait en plein coeur de la Sibérie orientale.

Les paysans de Nizhne-Karelinsk entendirent un bruit sourd, pas un bruit comme le tonnerre, mais comme si de grosses pierres dévalaient ou comme un coup de feu. Toutes les habitations furent secouées et au même moment, une langue fourchue de flammes perça les nuages. La vielle femme pleura, tous imaginaient que la fin du monde approchait.

Sur les lieux, une bonne partie de la forêt d'Irkoutsk sur 45 km² avait été bouleversée : 60 millions d'arbres étaient couchés radialement sur le sol, brûlés comme des allumettes, autour d'une zone centrale où tout fut pratiquement incinéré. A quelques kilomètres de là, les arbres étaient décapités ou carrément éclatés comme de vulgaires pailles !

A titre de comparaison la tempête de Noël 1999 qui déferla sur l'Europe détruisit 15 millions d'arbres en France et elle s'étendit sur pratiquement 3 jours. Mais ici s'arrête la comparaison.

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Le site de la Tunguska après le cataclysme



Premier effet de l'explosion : sous l'onde de choc les arbres ont été couchés dans la direction du souffle. A gauche une photographie réalisée en 1908 dans la direction opposée à la trajectoire incidente (nord). A droite une forêt soufflée à 20 km au sud photographiée en 1927. Documents Smithsonian Institute, TH-BO et L.Kulik.



La zone de l'épicentre photographiée en 1927. Elle forme une légère dépression d'un diamètre d'environ 1.5 km. A droite ce qu'il reste d'une forêt située au Nord de l'épicentre.



Vue aérienne réalisée par L.Kulik en 1938 d'une forêt située à environ 200 km à l'Est du site (60°N et 105°E). Tous les traits blancs sont des arbres abattus. Documents TH-BO et L.Kulik. Cliquer sur les images pour les agrandir.
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A moins de 20 km de l’épicentre de Tunguska les 600 à 700 rennes de Vasiliy Dzhenkoul furent instantanément réduits en cendres, les chiens furent brûlés vifs, toutes les tentes des nomades furent brûlées ainsi que tous les stocks de nourriture et de bois. Les équipements placés sur les établis furent détruits. L’incident se répéta chez son frère Ivan qui résidait à 25 km au sud-est et qui perdit 200 rennes. Du troupeau d'Andrey Onkoul 250 rennes s'évanouirent dans la nature sans laisser de trace. On peut comparer cet effet à celui de l'explosion d'un volcan comme le St Helens qui eut lieu en 1980 mais dont l'ampleur des effets aurait été décuplé.

A 30 km de l’épicentre, un vieux chasseur Lyuburman mourut sous le choc, deux autres furent projetés en l’air et l’un d’eux se retrouva à 12 mètres de là puis fut jeté contre un arbre ! Il succomba à ses blessures. Les tentes s'envolèrent "plus haut que la forêt" tandis que les gens qui dormaient à l'intérieur souffirent d'eccchymoses. Certains furent blessés par la chute des sapins ou restèrent inconscients plusieurs jours. Tous les tepees du camp de la famille Lachakugyr furent renversés. Au nord de l’épicentre, S.Dronov resta inconscient deux jours, tout son troupeau de rennes fut tué sous le choc et son habitation fut brûlée.

A 40 km au sud de l’épicentre les nomades furent contusionnés sous le choc ou frappés d’horreur. Le fermier Sergi Semenov qui se trouvait sur le portail d'un magazin de Vanavara situé à 92 km au sud de l’épicentre se souvient que le ciel se déchira et qu'au-dessus des forêts situées du côté nord le ciel semblait enflammé. A cet instant il sentit une chaleur intense comme si ses vêtements prenaient feu. Les habitants entendirent une détonation dans le ciel et une fracassante explosion. Semenov fut projeté sur le sol, traîné sur 6 mètres et perdit conscience. Le vent était devenu chaud, le sol et toutes les habitations tremblaient, les plafonds s’écroulaient et toutes les fenêtres furent brisées. Le feu était si intense que les habitants ne pouvaient pas rester sur place.

A 600 km de là, une locomotive dut interrompre sa course, les rails se soulevant sous l'onde de choc. L'onde traversa la Sibérie occidentale puis toute l'Europe et atteignit Postdam près de Berlin 6h plus tard, à 5h54m locale.

En quelques secondes l'ancienne taïga fut rasée dans un rayon de 45 km dans une zone comprise entre les rivières Chamba, Zhilushmo et Khushmo et le sol se crevasa sous l'onde de choc. Face à de tels événements les habitants furent pris de panique et s'enfuirent dans toutes les directions laissant tous leurs effets personnels derrière eux.

Les feux brûlèrent pendant des semaines créant une colonne de flammes visible à plusieurs centaines de kilomètres de distance. Un vortex de poussières et de débris se forma au-dessus de la Tunguska qui fut entrainé dans la circulation générale de l'atmosphère autour du globe. Durant les jours et les mois qui suivirent les habitants de Sibérie observèrent des étoiles filantes par dizaines de milliers suite à la désintégration du météoroïde. Le ciel encrassé de fumées s'illumina de rouge pendant la nuit. Pendant plus de deux mois le ciel s’embrasa de halos qui s'étendirent à travers tout le continent. Il paraît qu’en Europe les gens voyaient clairement la nuit tellement le ciel était devenu lumineux.

Après cet événement, les habitants de Tungus crurent que la région était enchantée et que seul Agdy pouvait vivre à l'endroit de la catastrophe. Ils pensaient lui avoir désobéit... On le serait pour moins !

Dès 1910 un marchant russe nommé Susdalev profita de la crédulité des Tungus pour s’assurer la main mise sur leur territoire et s’empressa de déclarer leur terre sacrée. Durant vingt ans aucun Tungus n'osa s'aventurer dans la région.

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Le site aujourd'hui





Près d'un siècle après l'impact on trouve encore à quelques dizaines de kilomètres de l'épicentre des arbres éclatés, brûlés, décapités ou déracinés.Mais la nature s'est profondément métamorphosée depuis les observations de Kulik : selon les relevés effectués par Menotti Galli de l'Université de Bologne, dans un rayon de 10 km autour de l'épicentre, 90% des épiceas sont nés après l'explosion. Documents CCN et TH-BO, 1990 et 1998 (en-dessous à gauche).
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Entre 1912 et 1914 l'ethnologue et géographe Russe Innokentiy Mikhaylovich qui travaillait pour la Puissance Soviétique dans le Grand Nord du pays ainsi que dans la région de la Tunguska entendit les premiers récits des Tungus à propos de cet événement. Il n'y avait pas un habitant parmi les dix clans d'Illimpiya (Tunguska inférieure) qui n'avait pas entendu parlé de la façon dont le shaman Magankan avait puni les esprits qui refusaient de se soumettre à son Khargi (l'esprit malin qui l'habitait et lui donnait ses instructions).

Mais que s'était-il donc passé ? Quel événement avait ainsi pu laisser des traces à la surface de la Terre durant des décennies ?

http://www.astrosurf.com/lombry/impacts-tunguska.htm


L'événement de la Tunguska

Les expéditions (II)

Par son ampleur, certains voyaient dans ce cataclysme l'explosion d'un vaisseau spatial nucléaire (Kozo Kowai). D'autres imaginaient que vous avions assisté à une explosion atomique (Alexander Kazantsev, 1946), à un tremblement de terre (A.Yu Ol'khovatov), à l'annihilation d'un bloc d'antimatière (Cowan et Libby), à la collision avec un mini trou noir, à l'interaction de monopôles magnétiques (B.U.Rodionov), à l'explosion de gaz naturel échappé du manteau terrestre, à la chute d'un grêlon géant et tout récemment encore à l'impact d'une soucoupe volante (2003)...


Document Don Davis, http://www.donaldedavis.com/

Sans données scientifiques concrètes, les spéculations étaient - et sont parfois encore - sans fondement et les soi-disant "savants" donnaient libre cours à leur imagination et leurs passions ! Mais quelle était la véritable explication ?

Pour en savoir davantage il fallait prospecter le site et y prélever des échantillons. Mais il y eu bientôt la guerre suivie de la révolution de 1917. Socialement et intellectuellement la Russie était déstabilisée, appauvrie et avait d'autres préoccupations si bien que la Tunguska retomba dans les coulisses du temps. Etant donné qu'aucun étranger ne pouvait entrer sur le territoire soviétique durant des décennies, les analyses in situ ont été effectuées par des chercheurs envoyés par l'Académie des Sciences soviétique.

Pendant 19 ans le site de la Tunguska ne fut pas prospecté. La principale raison est lié au fait que les scientifiques étaient rétissants à se rendre dans une région isolée, remplie de tourbière, marécageuse et réputée pour ses moustiques de surcroît, donc assez inhospitalière et d'accès difficile, surtout en dehors de la saison estivale.

Depuis, plus de 40 expéditions scientifiques ont été organisées vers le site. Tout commença réellement en mars 1927 lorsque le père de la science météoritique russe, le géologue russe Leonid A.Kulik, du muséum de minéralogie de l’Académie des Sciences soviétique découvrit et explora la région de l’épicentre en compagnie d'un guide nommé Il'ya Potapovich dont le frère était à Tunguska au moment des événements. Il retrouva sa tente à 120 km de distance ! Kulik et son guide découvrirent un panorama cataclysmique, des arbres abattus par milliers, leur donnant l'impression qu'un immense feu s'était simultanément déclenché dans toute la région. Kulik la baptisa le "Chaudron" car il était convaincu qu’il s’agissait du cratère d’impact. Il le situa par 60°55' N et 101°57' E (soit environ 5 km au nord-est que l'épicentre officiel, la position de 1927 ayant été approximative). Impressionné par l'amplitude de la dévastation, Kulik écrivit à ce propos dans son journal : "c'était en ruine aussi loin que mon regard pouvait porter, et si cela avait été St.Petersbourg ?...".

De fait, St.Petersbourg se situe à la même latitude que Tunguska. Kulik rappella que si l'événement s'était produit 4h47m plus tard, la Terre aurait tourné de quelques degrés et toute la ville aurait été soufflée ! A titre de comparaison, si l'objet avait explosé au centre de la Belgique, tous ses habitants auraient périt; s'il avait explosé au-dessus de Londres, la ville aurait été soufflée jusqu'au sud de Manchester ou à l'est de Bristol et s'il avait explosé au-dessus de New York, Philadelphia y aurait échappé de justesse (les vitres des habitations auraient été fracassées), ainsi que New Haven et Boston. Mais tout le centre de la capitale aurait été anéantit instantanément...

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L'expédition de Leonid A. Kulik de 1927




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Familier des cratères d'impacts, Kulik rechercha des années durant la météorite à l'origine probable de ce cataclysme, mais en vain. Il ne trouva que des trous de plusieurs mètres de diamètre et des sphérules qui associa par erreur à la météorite. En effet, par la suite il s'avéra que les dépressions qu'il avait découvertes s'étaient formées naturellement dans les tourbières et les sphérules n'étaient que de la tourbe calcinée.

Malgré les dizaines de témoignages récoltés par Kulik et son guide, ils ne purent en sortir un récit cohérent : presque la moitié des témoins-oculaires dirent avoir vu l'objet se diriger vers le nord, alors que les autres prétendirent qu'il s'était dirigé vers le nord ou vers l'ouest. Malgré ces données confuses, Kulik fut persuadé qu'une météorite avait provoqué cet enfer, les nombreux trous dans les tourbières lui faisant penser à la chute de fragments.

Kulik mouru en 1942 comme prisonnier de guerre. Après l’interruption forcée de la Seconde guerre mondiale, les expéditions reprirent en 1958. L'année suivante l'université de Tomsk s'y joignit sous la direction de Gennadiy Plekhanov, directeur de l'Institut scientifique de recherche en Biologie et Biophysique. A la même époque l'hypothèse de l'explosion atomique d'Alexander Kazantsev fut publiée dans un livre populaire intitulé "Les invités de l'Espace" dans lequel il évoqua la possibilité de mesurer la radioactivité sur le site. De jeunes scientifiques de Sibérie voulurent savoir si cette hypothèse était exacte et questionnèrent le spécialiste des radiations ionisantes, le Pr Victor Zhuravlyov de l'université de Tomsk. A l'époque les scientifiques pensaient que l'énigme de la Tunguska serait résolue en un an ou deux.

En 1959 et 1960 Gennady Plekhanov organisa deux expéditions vers le site à la recherche de preuves d'une contamination radioactive, en vain : "nous réalisons que la situation est de loin plus compliquée que nous l'avions pensé", devait-il conclure quelque peu frustré à son retour de mission. Depuis cette date chaque été les scientifiques Russes se rendirent à Tunguska pour collecter d'autres données.

A partir de 1963 le dirigeant de l’Académie des Sciences russe Nikolai Vasiliev coordonna quelque 29 expéditions scientifiques dans la région de Tunguska. Ce n’est qu’en 1989 que les scientifiques étrangers furent officiellement invités à se joindre aux expéditions russes. Le professeur Roy A.Gallant fut le premier scientifique américain à se joindre à ces expéditions. Il sera rejoint par des chercheurs Russes, Allemands, Japonais, Anglais et Italiens.

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Les expéditions modernes



A gauche l'équipe du Dr A.E.Zlobin est déposée en hélicoptère Mi-8 dans les tourbières situées au nord de l'épicentre lors de l'expédition de juillet 1988. A droite le Dr Zlobin en compagnie du peintre N.I.Fjodorov. Documents CCN.



A gauche, l'izba située près de l'épicentre utilisée par L.A.Kulik lors de ses expéditions et réutilisée par le Dr A.E.Zlobin et son équipe en juillet 1988. A droite analyse d'une microsphère au microscopie électronique SEM par une équipe de l'Université de Bologne. Documents TH-BO et CCN.
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Pour tenter de résoudre cette énigme, dans les années '90 un groupe de chercheurs rassemblés autour de Nikolai Vasiliev, ont tenté de protéger le site sous le patronage de l’UNESCO car un tel événement, rarissime dans l'histoire des hommes, ne concernait pas seulement la population Russe mais le monde entier.

La protection sollicitée pour une durée de 20 ans n'a jamais reçu d'écho favorable. Toutefois la communauté scientifique s'est mobilisée, et même si nous ne sommes pas encore parvenu à étudier les 4000 km² défrichés par cet impact, le travail conjoint de chercheurs nous permet aujourd'hui d'avoir une idée beaucoup plus claire du phénomène sans pour autant dénouer ce noeud gordien qui reste pour tous paradoxal et rempli de contradictions.

Les observations des témoins-oculaires

A. Trajectoire de l'objet


Selon les études du Dr A.E.Zlobin et la compilation des témoignages de 709 témoins-oculaires, les habitants d'Irkoutsk ont vu une boule de feu rentrer dans l'atmosphère sous un angle de 5 à 17° au-dessus de l’horizon, un angle très faible, et à une vitesse de l'ordre de 10000 km/h, soit inférieure à 3 km/s, ce qui au demeurant est excessivement lente pour un corps pénétrant dans l'atmosphère, nous y reviendrons. L'objet fit un épouvantable bruit d'étincelles durant plusieurs minutes (bruit électrodynamique) et traîna derrière lui une longue fumée épaisse sur 800 km.

L'angle d'inclinaison de la trajectoire variait tout au long du vol atmosphérique et n'a jamais été constant, y compris l'angle d'azimut comme nous allons le découvrir. D'autres auteurs s'alignent sur les chiffres de Roy A. Gallant, directeur du Planetarium de Southworth qui adopte un angle d'entrée de 30 à 35° et un angle d'azimut de 115°.

A consulter : ICI

En découvrant l'extension Nord du site en forme de "papillon" (voir schéma plus bas) certains auteurs ont émit l'hypothèse que l'objet se déplaçait sur une trajectoire Est-Ouest (azimut 279° par rapport au Nord) au moment de l'explosion. Toutefois la trace laissée par le "fer à cheval" sous le souffle de l'impact indique une autre direction, approximativement orientée du Sud au Nord .

En étudiant la dynamique des gaz, le transfert de la chaleur et la résistance des matériaux, il est impossible de soutenir l'hypothèse de la trajectoire Est-Ouest d'autant moins que les témoignages ne corroborent pas cette hypothèse.

Après l'explosion les chercheurs ont découvert deux sites dévastés. D'une part il y a la forêt "papillon" qui entoure l'épicentre du "Chaudron" avec le fameux étrier formé par l'onde de choc, d'autre part une forêt située à 200 km à l'Est du site dans laquelle une bande bien délimitée d'arbres ont été abattus (voir photos précédentes).

Ces deux zones d'arbres soufflés sous le choc sont asymétriques et distantes de plusieurs centaines de kilomètres l'une de l'autre. Elle ne sont pas compatibles avec les effets produits par un objet suivant une trajectoire rectiligne à azimut constant.

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Les trajectoires envisagées



Tracé du périmètre détruit autour de l'épicentre ainsi que les deux trajectoires présumées.Le périmètre dévasté s'étend jusqu'à 45 km du côté sud. La trajectoire de gauche, orientée SSO-NNE est proposée par les astronomes A.V.Voznesenskiy et I.S.Astapovich. La trajectoire de droite (SE-NO) est proposée par E.L.Krinov.

Par la suite I.S.Astapovich proposa une trajectoire plus au sud, avec azimut de 352° depuis le Nord, correspondant à peu de chose près à une bissextrice entre ces deux trajectoires. Elle est conforme aux traces laissées par l'onde de choc et analysées par le Dr A.E. Zlobin (l'étrier). Cliquer sur l'image pour l'agrandir.
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Des témoins aux abords de la rivière Lena située à plusieurs centaines de kilomètres au Sud-Est du point d'impact ont vu l'objet suivre une trajectoire Est-Ouest. Par contre des témoins situés près de la rivière Angara, non loin du site d'impact, l'ont vu suivre une direction Nord-Sud. V.K. Penigin habitant Kondrashino et M.S.Leonov de Bodaybo ont réellement vu l'objet suivre une trajectoire incurvée tel qu'indiqué ci-dessous. Le Dr A.E.Zlobin de l'Institut Polytechnique de Tomsk put donc reconstruire la trajectoire à partir de ces multiples sources d'information. On obtient alors le tracé rouge qui débute à plus de 800 km de distance au dessus de la ville de Mironovo.

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Trajectoire de l'objet



Reconstruction de la trajectoire suivie par le météoroïde d'après l'observation de V.K.Penigrin faite depuis la ville de Kondrashino. Ce tracé fut déterminé par A.E.Zlobin en 1989.
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B. Aspect de l'objet en vol

En se basant sur les récits des témoins-oculaires, des effets produits par l'objet et des modélisations informatiques, on estime aujourd'hui que le météoroïde avait une dimension supérieure à 50 m de diamètre et devait peser 100000 tonnes. La quasi totalité de l’objet s’est volatilisé en explosant dans les basses couches, laissant peu de chance aux géologues de trouver la météorite si ce n'est quelques sphérules, signature qu'il y eu un dégagement à haute température. L'essentiel de l'énergie cinétique s'est en fait convertie en chaleur, révélant avec quelques années d'avance l'un des termes (1/2 mv²) de la célèbre équation d'équivalence d'Einstein, E = mc².

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A gauche, aspect de l'objet en vol imaginé par l'auteur quelques instants avant d'exploser. Noter le très faible angle d'entrée estimé entre 5 et 17° alors qu'il est en général de 45°. Un témoin rapporte la présence d'une queue ionique mais quasi improbable dans une atmopshère. A droite l'objet tel qu'il aurait été observé par T.N.Naumenko depuis la ville de Kejma. Document A.Yu Ol'khovatov, ORC.
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C. Explosion d'une montagne et formation d'un lac

L'événement de la Tunguska semble être en relation avec la disparition d'une montagne et la formation d'un lac dans la région de Shelle, mais le consensus n'est pas total à ce propos, les données restant fragmentaires.

Voici le récit de l'agriculteur Kokoulin de la ville de Nizhne-Ilimskoe à Voznesenskiy : [...] A Nizhne-Ilimskoe deux Tungus ont dit que le météore forma un lac, qui bouillit durant deux jours. Les Tungus étaient près à indiquer l'endroit du lac mais personne n'a cru leur histoire".

Récit collecté par V.M.Kuvshinnikov. "Ils ont été dans la région de la rivière Shelle, à un kilomètre de la rivière Chamba. Il y avait deux montagnes qu'ils connaissaient très bien [...] Il s'est passé que l'une des montagnes s'écroula. Un trou se forma à sa place et se transforma en lac. La seconde montagne a été coupé de moitié.[...] Quelque chose de blanc comme de la graisse (ou quelque chose "qui sentait l'essence") flottait sur la surface de l'eau.

Récit collecté par G.P.Kolobkova qui interrogea A.G.Bryukhanova à Vanavara en 1960. [...] Ilya Potapovich Potapov (Lyuchetkan) dit à la soeur de A.G.Bryukhanova qu'il y avait une crête formée par une montagne élevée qui fut bombardée par une météorite, et qu'un lac se forma, et un ruisseau [...].


Fragmentation de l'objet

Dans les années 1960 des chercheurs ont identifié 4 autres épicentres dans l'enceinte principale de 60 km de diamètre. Dans chacun d'eux les arbres sont radialement couchés autour de l'épicentre, suggérant que plusieurs explosions individuelles ont eut lieu au même moment. Cette observation renforce l'hypothèse que l'objet s'est fragmenté avant d'exploser.

Au cours des années 1990 des simulations ont été réalisées au Laboratoire de Los Alamos par Jack Hills et Patrick Goda, aujourd'hui à l'université d'Hawaii. Ils arrivèrent à la conclusion que si la plus grande partie de l'objet se consumma durant sa désintégration, 10% de sa masse aurait pu survivre et tomber sur la forêt de la Tungsuka sous forme de graviers. C'est la raison pour laquelle, selon eux, aucune météorite de plus grande taille ne pourrait être découverte sur le site.

Plusieurs récits tentent à démontrer que quelques Tungus ont observé la chute d'une météorite et quelques uns auraient même trouvé des fragments de plusieurs kilos dans la région, renforçant les conclusions de Hills et Goda. Voici quelques comptes-rendus compilés par l'université de Tomsk.

Récit collecté par G.P.Kolobkova. Le père et le grand-père de Nastya Dzhenkoul auraient vu une pierre brillante et noire tombée près de la rivière Hushmo en 1908 : "[...] Le météorite était aussi gros qu'une "chyum" (une tente Tungus) et tomba dans une tourbière dans un horrible bruit, "ou-ou-ou-ou...". [...] Alors que Nastya Dzhenkoul chassait dans la région de Chavidokon, il découvrit deux trous, un petit et un second aussi grand qu'une "chyum", ayant un diamètre de 6 mètres. Il était étroit dans le fond et profond, son rebord comme rouillé. Cette matière fut transportée à Vanavara. Dans l'obscurité elle brillait comme la neige durant la nuit."

Récit collecté par G.I.Sokolova, T.I.Novokshonova et I.Sosnina. Smirnov Grigoriy Sergeevich, né en 1887 fut interrogé à Irkineevo en 1969 et rapporte que "les Tungus ont dit qu'une pierre était tombée. Cinq ans plus tard la pierre disparu dans la terre".

Récit collecté par I.Levchenko, L.Solovyov et F.Fofanov près de la rivière Chyunya (Ctrelka-Chyunya et Mutoray). Daunov Vasiliy Pavlovich raconta à propos de l'histoire de son père : "[...] V.P.Daunov disait que l'un des Evenki vivait dans la ville de Mutoray et qu'il trouva une grosse pierre (comme une boîte) brillante et inhabituelle dans la taiga. Personne ne sait où se trouve cette pierre aujourd'hui..."

Le récit le plus intéressant fut rapporté par le géologiste S.A.Khersonskiy du Comité des Météorites de l'Académie des Sciences russe et fut relaté devant cette audience le 26 décembre 1965 . "[...] le vieil homme (le chasseur Efim Kaverzin) dit que le matin il vit tomber une étoile qui percuta le sol dans un grand bruit alors qu'il venait d'attraper un poisson dans la rivière Chunya en 1908. Un groupe d'expert se rendit sur les lieux en compagnie du témoin. [...] A approximativement 2 kilomètres de l'embouchure de la rivière Mytygina (3-4 mètres du rivage) j'ai trouvé une pierre inhabituelle présentant des coins arrondis. Cette pierre ne ressemblait pas aux roches avoisinantes. La face extérieure de la pierre était couverte d'une croûte grise-brune. La croûte était très fragile. La pierre pesait approximativement 3-4 kg [...] Il était très difficile de la fendre et ont dû se munir d'un marteau de géologue. Immédiatement j'ai vu un métal brillant grainé à l'endroit de la fracture [...]. J'ai suggéré que s'était une météorite ou une espèce de minerai [...]. La pierre a été transportée à Moscou et fut examinée par les professeurs A.N.Mozorovich, Yu V.Filippov, S.N.Blazhko, A.A.Borzov [...]. Les professeurs S.N.Blazhko et Yu V.FilippovYu [...] ont suggéré qu'il s'agissait d'une météorite mixte, une mésosidérite.


Les sphérules et les microsphères


Les expéditions qui se sont rendues sur les lieux de l'explosion n'ont à ce jour récolté aucun fragment de la météorite mis à part de petites sphérules de silicates et de métal, certaines renfermant des gaz.

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Sphérules récoltées sur le site


En haut deux microsphères de 5 microns de diamètre. A gauche une sphérule de silicate de 100 microns de diamètre contenant du gaz mais pas d'air. Documents TH-BO.
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La formation de telles structures n'est possible qu'à de très hautes températures. Selon le physicien italien Guiseppe Longo de l'université de Bologne, le souffle provoqué par l'onde choc n'aurait jamais put provoquer la fusion des particules enterrées, car la conductivité thermique est trop faible. Cela signifie que ces sphérules proviennent directement du météoroïde. Toutefois le lien avec l'événement de la Tunguska ne peut pas être établit sur cette simple hypothèse car d'autres corps (bolides) auraient également put créer ces sphérules.

http://www.astrosurf.com/lombry/impacts-tunguska2.htm


L'événement de la Tunguska

Les données instrumentales (III)

En l'espace d'un siècle les chercheurs sont parvenus à rassembler une documentation très importante sur les effets secondaires qui ont directement suivi l'explosion. Ces données proviennent tant de Russie, d'Europe occidentale que des Etats-Unis et forment un tout homogène que l'on peut utiliser dans le cadre d'une modélisation.

Ces études portent essentiellement sur les effets suivants :

- Les effets du souffle

- Les secousses séismiques

- Les fluctuations barométriques

- Les effets atmosphériques

- Les effets magnétiques


A. Les effets du souffle

Les relevés in situ et les simulations ballistiques tentent à démontrer qu'un objet pénétra dans l'atmosphère à une vitesse qui n'excédait pas 2-3 km/s. Cette vitesse est déjà suspecte car d'ordinaire un corps céleste pénètre dans l'atmosphère à une vitesse comprise entre 20 et 70 km/s. Seule hypothèse à considérer, l'événement s'étant produit le matin, la Terre aurait rattrapé le météoroïde sur sa trajectoire de collision.

La friction et la surpression engendrée par son vol hypersonique le firent exploser entre 7.6 et 8.5 km d'altitude où il forma une immense boule de feu aveuglante qui se propagea rapidement. Ici aussi l'altitude de la fragmentation est souvent discutée mais aucune observation ne permet de conclure que le bolide explosa plus haut, vers 10 ou 15 km d'altitude ainsi que les simulations semblent l'indiquer.

L'explosion dispersa l’objet en plusieurs fragments qui explosèrent isolément et se vaporisèrent, l'onde de choc faisant chuter les arbres radialement sur une superficie de 2150 km² et consumant totalement une région centrale sur la moitié de cette étendue. Au total rappelons que l'explosion au-dessus de la Tunguska souffla 60 millions d'arbres.


1. Distribution des arbres abattus

Dans l'ensemble, les chercheurs considèrent que la figure verte en forme de papillon dessinée ci-dessous par W.H.Fast représente l'ensemble de la région dévastée par l'onde de choc. Certains auteurs toutefois sont rétissants à inclure la partie nord de l'aile droite, considérant qu'elle n'a rien à voir avec l'événement de la Tunguska. Il s'agirait d'une région dévastée par un autre facteur, tel que des feux de forêts plus anciens sans rapport avec cet événement. La plupart des scientifiques attachés à l'Université de Tomsk considèrent cependant que le schéma est conforme à la réalité des faits.

Cette forme en papillon peut s'expliquer par l'interaction de plusieurs facteurs. La première hypothèse fut de supposer qu'il y avait eu une interaction entre des ondes explosives sphériques et des ondes ballistiques quasi-cylindriques (générées le long de la trajectoire du corps). Cette théorie est aujourd'hui invalidée. La cause la plus probable de cette forme est liée à une interaction entre le plasma produit durant l'explosion et le champ magnétique terrestre. En fait il s'agit de la première démonstration naturelle de l'effet magnétohydrodynamique ou MHD sur lequel nous reviendrons à propos des effets magnétiques.

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Distribution des arbres abattus



Distribution des arbres soufflés ou brûlés par l'onde de choc autour de l'épicentre. A gauche le schéma baptisé "papillon" réalisé par W.H.Fast à partir de données recueillies en 1967, 1976 et 1983. Le trait rouge représente l'azimut de 160° à partir du Nord. La trace en fer de cheval (l'étrier noir) représente le cône formé par l'onde de choc ballistique qui suivit l'explosion. A droite, même représentation réalisée par A.E.Zlobin en 1996. Le point central rouge représente l'épicentre où sont tombés 178 arbres, le maximum dans la zone, tous orientés dans un azimut de 160° à partir Nord.



Représentation 3D de la forêt dévastée avec une estimation de l'amplitude de l'onde de choc combinée avec une image du relief. Documents ORC et GIS-SSCC.
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2. Les arbres brûlés par le souffle

L'intense chaleur qui accompagna l'explosion de la Tunguska se répandit rapidement jusqu'à 100 km de l'épicentre où la plupart des objets furent brûlés ou réduits en cendres. En 1989 et 1997 le Dr A.E. Zlobin effectua des mesures expérimentales sur des pins et d'autres matériaux pour mesurer l'influence de la chaleur sur les cernes des arbres, protégé ou non par leur écorce.

Il s'avère que les arbres situés aux limites du périmètre et dans l'épicentre ont dû supporter une énergie respectivement estimée à 3 et 7 cal/cm², le coeur des arbres atteignant une température de 100°C en l'espace de 140 secondes !

Cette valeur fut déterminée à partir des relevés effectués sur les arbres brûlés et les changements constatés dans la thermoluminescence du quartz. En complément le Dr A.E. Zlobin put observer un homme de Vanavara qui fut brûlé au moment de l'explosion de la Tunguska. Si l'intensité de chaleur est bien de 3 à 7 cal/cm² cela signifie pour le Dr Zlobin que le météoroïde survola bien Vanavara et que sa seule direction possible d'approche fut du Sud au Nord.

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Les arbres brûlés



A gauche aspect de l'écorce d'un arbre brûlé à 60 km de l'épicentre. A droite, schéma en coupe montrant clairement que la chaleur a pénétré jusqu'au coeur. Documents ORC.
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Par ailleurs, les faibles traces de brûlures découvertes sur les branches des arbres par V.A.Vorobyov et D.V.Djomin indiquent également un angle de propagation allant du Sud vers le Nord. Il y a donc certaines similitudes entre les zones brûlées et la dynamique de l'objet. S'il fallait encore le démontrer ceci confirme la direction Sud-Nord suivie par l'objet.


B. Les secousses séismiques

Suite à la chaleur dégagée par son déplacement hypersonique, l'objet qui devait avoir une structure assez fragile n'est pas eu le temps de se mettre en équilibre thermique et explosa à quelques kilomètres d'altitude, engendrant des ondes de pressions qui furent détectées à des milliers de kilomètres de distance par les séismographes. En 1930 l'astronome Fred Whipple, alors directeur de l’observatoire géophysique de Kew en Angleterre, constata que l’onde de choc provoquée par l’explosion de l’objet avait fait deux fois le tour de la Terre !

L'énergie libérée par l'explosion fut estimée aux alentours de 20 mégatonnes de TNT à un facteur 2 près, ce qui représente une énergie d'au moins 1017 Joules, l'équivalent de plus de 1000 fois l'explosion de la bombe d'Hiroshima ! A titre de comparaison, l'énergie nécessaire pour former le Meteor Crater en Arizona fut estimée à 3.5 mégatonnes de TNT.

Les témoins rapportent que juste après l'effroyable bruit de tonnerre qui suivit l'explosion de la Tunguska le sol se crevasa. A cet instant le séismographe de l'Observatoire d'Irkoutsk enregistra un séisme de magnitude 5 qui durera 51 minutes avec une moindre amplitude. 45 minutes plus tard il enregistrait le passage de l'onde le choc !

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Les secousses séismiques



Séismographe avec enregistrement optique (pendule Zollner-Repsold) obtenu à l'observatoire d'Irkoutsk le 30 juin 1908. Le temps s'écoule de droite à gauche.



Fragment de séismogramme obtenu à l'observatoire d'Irkoutsk. En haut les oscillations E-O, en bas les oscillations N-S, les plus importantes.



Légende de l'enregistrement N-S précédent. 1: Début des oscillations à 0h18.8m TU, 2: Oscillations maximales à 0h20.1m, 3:Début des oscillations secondaires à 1h3.1m, 4: Fin des oscillations secondaires à 1h9.9m. Documents I.P.Pasechnik.
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Mais contrairement à l'idée émise par le radiophysicien Andrei Ol'khovatov, ce séisme n'a pas provoqué la chute des arbres de la Tunguska, il n'en est qu'un effet secondaire. La forme en papillon caractéristique et le sens de la chute des arbres tout autour de l'épicentre n'est pas compatible avec une source issue du sol. Nous reviendrons sur cette hypothèse à la fin de ce dossier.


C. Les fluctuations barométriques

La durée des fluctuations barométriques a été d'autant plus importante et plus longue que l'on s'éloignait de l'épicentre. Ainsi à Irkousk, distant de 977 km de l'épicentre, la variation de pression de quelque 0.17 mb n'a duré que 10 minutes puis revint graduellement à l'état normal en l'espace d'une heure. A Pavlovsk distant de 3739 km, elle dura 20 minutes et à Londres, distant de 5736 km, elle dura 33 minutes.

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Les effets barométriques



Barogrammes montrant la chute de la pression enregistrée dans les stations anglaises distantes de 5700 km de l'épicentre. Documents F.J.W.Whipple.


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D. Les effets atmosphériques

Le "London Times" sortit quelques jours après l'incident cite la lettre d'un lecteur de Brancaster qui se rappelle les faits : "Monsieur, frappé par l'inhabituelle brillance du ciel, le groupe de golfeurs resta ici sur le terrain jusqu'à 11 heure du soir afin d'observer le phénomène de façon ininterrompue. En regardant du côté nord de la mer, le ciel avait l'apparence d'un couché de Soleil mourant d'une exquise beauté. Non seulement il persista mais il grandit et s'intensifia jusqu'à 2h30 du matin lorsque des nuages cachèrent les splendides couleurs. A 1h15 du matin la clarté du ciel était si forte que je pouvais confortablement lire un livre depuis ma chambre. A 1h45 le ciel entier, du côté Nord et N.E, était délicatement rose saumon tandis que les oiseaux commencaient leurs chants matinaux. Il ne fait aucun doute que d'autres ont remarqué ce phénomène, mais étant donné que Brancaster occupe une place unique en face de la mer du Nord, nous sommes restés sur place pour avoir la meilleure vue possible du phénomène".

Bien que Fred Whipple suggéra que cette luminescence avait été provoquée par la queue d'une petite comète, l'opinion générale pense plutôt que c'est l'effet du souffle provoqué par l'onde de choc qui souleva la poussière du sol jusqu'à la stratosphère, entre 40 et 70 km d'altitude, suffisamment haut pour qu'elle puisse refléter la lumière du Soleil bien longtemps après son coucher. La poussière forma des nuages noctiluscients et des halos autour du Soleil au point que l'Observatoire Astronomique du Smithsonian et celui du Mont Wilson installé en Californie enregistrèrent une réduction de la transparence de l'air. Une clarté nocturne apparût ainsi au-dessus de l'Asie septentrionale et de l'Europe durant trois jours, le temps que la poussière se dissipe et retombe lentement.

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Les effets atmosphériques



A gauche tracé de l'évolution du halo atmosphérique rougeâtre qui est apparu dans le ciel européen entre le 30 juin et le 1er juillet 1908. A droite distribution des orages durant l'année qui suivit l'événement de la Tunguska. Documents I.T.Zotkin et A.L.Tchijevsky, ORC.
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Si l'on s'en tient aux observations, un groupe de chercheurs de St.Petersbourg tenta de démontrer que deux phénomènes ont provoqué des perturbations optiques dans l'atmosphère juste après l'explosion de la Tunguska. D'une part une grande quantité de poussière interplanétaire pénétra dans notre atmosphère. D'autre part le champ magnétique terrestre a été perturbé. Ce serait l'influence conjointe de ces deux facteurs qui ont contribué à créer cette anomalie.

Il est pertinent de noter que le chercheur Russe A.L.Tchijevsky réalisa en 1929-1930 une étude sur la distribution des orages à l'époque de la Tunguska, manuscript qui par ailleurs discute de l'influence d'un facteur extraterrestre sur le développement de la vie sur Terre. Si on superpose la carte de distribution des orages sur celle du tracé du halo atmosphérique qui apparut dans le ciel européen au lendemain de l'explosion, on constate une correspondance parfaite comme en témoigne les deux images présentées ci-dessus.

http://www.astrosurf.com/lombry/impacts-tunguska3.htm



L'événement de la Tunguska

E. Les effets magnétiques (IV)

Aujourd'hui la plupart des scientifiques acceptent l'idée que les bolides d'envergure peuvent induire des effets géomagnétiques. Des perturbations magnétiques ont en effet été enregistrées pratiquement dans l'instant qui suivi l'explosion de la Tunguska ainsi qu'en témoignent les relevés présentés ci-dessous. La perturbation a duré plus de 6 heures.

Le Pr Weber de l'université de Kiel rapporta en 1908 une autre observation étrange. Il cite dans la magazine allemand "Astronomische Nachrichten" avoir observé des déviations périodiques et inhabituelles de l'aiguille d'une boussole tous les soirs du 27 juin jusqu'au 30 juin 1908, chaque occurrence durant 7 heures. L'effet disparut après l'explosion de la Tunguska.

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Les effets magnétiques



Relevé des fluctuations magnétiques à l'observatoire d'Irkoutsk le 30 juin 1908 entre l'instant de l'impact (T=0) et 6 heures après l'explosion (T=6). Documents V.K.Zhuravlyov et F.Yu Zigel.
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La tempête magnétique fut si intense que les boussoles de l'Observatoire d'Irkoutsk furent inutilisables à 977 km de l'épicentre. Les anomalies électromagnétiques (EMP) furent enregistrées jusqu'aux antipodes ! Des aurores inhabituelles furent observées en Antarctique avant et après l'explosion de la Tunguska. Les rapports de cette tempête géomagnétique furent publiés dans les années '60 par Plekhanov, Kovalevsky, Ivanov, Zhuravlyov et Zolotov.

Pour Kovalevsky et Zolotov, ces tempêtes magnétiques furent similaires à celles produites par des explosions atomiques réalisées dans la stratosphère depuis le Pacifique, raison pour laquelle certains auteurs furent tentés d'attribuer cet accident à une explosion nucléaire. Toutefois, tous les effets secondaires d'une telle explosion n'ont pas été réunis (isotopes, etc).

Comment peut-on expliquer une perturbation magnétique aussi longue ? Prenons deux hypothèses de travail et tentons d'expliquer ce qui se serait produit. La première nous est proposée par Zolotov, la seconde par Zlobin. Toutes deux partent des mêmes faits mais conduisent à des conclusions pour le moins étonnantes.

Selon Zolotov les effets géomagnétiques et ceux liés à une explosion nucléaire se déroulent en plusieurs phases. La première est provoquée par l'onde magnétohydrodynamique. Son énergie dépend du volume et de la température du plasma explosant. Mais la principale phase est provoquée par la dispersion des électrons secondaires maintenus dans l'enceinte magnétique de l'objet. Des électrons primaires et des ions sont générés par les isotopes radioactifs contenus dans le plasma au moment de l'explosion. C'est de cette réserve d'isotopes radioactifs dont dépend la durée de la tempête géomagnétique, car la seule recombinaison des électrons et des ions ne permet pas à une telle tempête de durer plus d'une heure (c'est la raison pour laquelle une perturbation magnétique générée par une explosion chimique ne dure jamais plus de 10 minutes). C'est le principal problème à résoudre dans l'explosion de la Tunguska car il faut expliquer la durée anormale de la perturbation géomagnétique.

En 1969 une anomalie paléomagnétique fut découverte dans la région de la Tunguska par Boyarkina et Sidoras. Des simulations informatiques suggérèrent que cette anomalie fut le résultat de la première phase de la tempête magnétique (l'onde MHD) du 30 juin 1908. La phase de paroxysme de la tempête aurait été provoquée par une migration d'électrons rapides le long des lignes de force du champ magnétique autour d'Irkoutsk. Ici une analyse régionale de la tempête géomagnétique serait très instructive pour comprendre l'événement de la Tunguska. L'analyse publiée en 1974 conduit à une conclusion paradoxale : la première explosion atomique se serait déroulée, non pas au Nouveau-Mexique en 1945, mais... en 1908 à Tunguska ! Cette idée "folle" comme la qualifie Victor Zhuravlev qui assista en 1996 à l'atelier Tunguska qui se déroula à Bologne, sera publiée par Kazantsev en 1946. Aujourd'hui encore les modèles théoriques assumant une origine cométaire ignorent cet effet fondamental.

Pour Victor Zhuravlev la conclusion est claire : soit les comètes contiennent une source inconnue de plasma de très haute densité, soit le météoroïde de la Tunguska n'est pas une comète, mais un objet dont la composition et la structure sont inconnues des astronomes et des physiciens. Il préconise par ailleurs que toutes les informations concernant la tempête géomagnétique du 30 juin 1908 soient distribuées aux ingénieurs du projet "Spacewatch" qui développent les missiles et autres projets visant à détruire les comètes et autre NEO s'aventurant un peu trop près de la Terre.

Voyons à présent la théorie du Dr A.E.Zlobin. Selon des études préliminaires réalisées en 1988 et 1989 fondées sur des études de A.D.Sakharov et S.S..Grigoryan, sachant que le coeur du météoroïde peut rester à une température de 4 K tout au long de sa trajectoire orbitale, il est possible que seule une fine couche de la surface de l'objet ait été portée à haute température pendant la rentrée atmosphérique. Le noyau conserverait la singulière propriété d'être supraconducteur, entraînant des effets inattendus. Faut-il croire à cette théorie ?


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La sidérite supraconductrice



Selon une étude de A.D.Sakharov, S.S.Grigoryan et A.E.Zlobin, au cours de sa fragmentation à basse température (4.2 K) la sidérite à l'origine de la Tunguska aurait eu des propriétés supraconductrices capables de générer un champ magnétique intense par accumulation magnétique. Les effets secondaires de ce phénomène MHD seraient la formation d'une queue magnétique derrière le bolide, la forme incurvée de sa trajectoire et, au moment de l'impact, une extension plus marquée vers la région Est du site, ainsi que les témoins l'on constaté. Avis aux experts... Doc ORC.
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Parmi ceux-ci Zlobin cite le fait que le météoroïde serait capable d'entretenir un mécanisme complexe "d'accumulation magnétique" à mesure qu'il se fragmenterait, phénomène qui, au moment de l'explosion, serait susceptible de modifier le champ magnétique terrestre durant une longue période. La chaîne de processus serait alors la suivante :

- L'astre suit une orbite de collision avec la Terre

- Fragmentation du météoroïde

- Génération de courant électrique

- Accumulation d'énergie électromagnétique dans le volume confiné du bolide

- Explosion électromagnétique du noyau cométaire

- Effets MHD en présence du champ géomagnétique, etc.

Ce mécanisme de destruction et les propriétés citées ne sont évidemment pas les seules possibles. Le Dr Edwards Teller pose toutefois la question de savoir s'il n'existerait pas une corrélation entre les impacts météoritiques et les changements successifs de l'orientation du champ magnétique terrestre. Bien que l'hypothèse de Zlobin nous semble farfelue, la question posée par Teller reste ouverte.


L'improbable queue ionique

En 1988 le Dr A.E. Zlobin suggéra également que l'angle formé entre la direction du mouvement du bolide et l'axe du "papillon" fut la conséquence de l'action générée par une puissance force électromagnétique de Lorentz. Son hypothèse trouva un certain écho car la présence de cet angle fut notée par un témoin qui vit l'objet en vol. M.S.Leonov de Bodaybo aurait vu l'objet suivre une trajectoire incurvée, ce qui semble confirmé sur le terrain, et aurait observé une deuxième queue inclinée par rapport à l'axe du bolide. Ces deux effets associés à la chute d'une météorite sont relatés pour la première fois. Toutefois un seul témoignage ne permet pas de confirmer l'hypothèse électromagnétique.


La seconde queue inclinée observée par S.Leonov. Son existence même sous-entend une origine électromagnétique, mais elle est très improbable.

Quant à dire que la deuxième queue était constituée de plasma, bien qu'elle fut orientée sur le côté de l'objet (constituée de matière ionisée, elle est orientée par rapport au pôle magnétique), sa nature est plus que douteuse quand on sait que cet événement s'est déroulé dans une atmosphère dense et non pas dans le vide.

M.S.Leonov a toutefois noté qu'il y avait bien un angle entre la trajectoire suivie par l'objet et la queue dite de plasma. Si nous obtenons un jour la confirmation de cet événement, la présence de cet effet confirmerait qu'il existait une interaction très importante entre le champ géomagnétique et la queue ionique des comètes.

Les propos très controversés de M.S.Leonov ont été publiés en 1976 par L.E. Epiktetova mais n'ont jamais été corroborés par aucune autre observation.

La seconde queue inclinée observée par S.Leonov. Son existence même sous-entend une origine électromagnétique, mais elle est très improbable.

Le seul effet magnétique que reconnaissent aujourd'hui les scientifiques est le fait que des bolides volant à des vitesses hypersoniques et explosant en altitude peuvent générer des impulsions magnétiques (EMP) dans les couches D ou E de l'ionosphère (80-120 km d'altitude). A leur tour les rayonnements électromagnétiques (UV, rayons X, etc) et les éjections corpusculaires (CME, protons, etc) du Soleil peuvent perturber le champ magnétique terrestre et créer des tempêtes géomagnétiques ainsi que des aurores. Cette énergie peut se coupler à divers flots d'électrons ambiants (Ceinture de Van Allen, lignes à haute tension, pylones de radiodiffusion, etc). Mais ces modèles ne s'appliquent pas à un événement comme celui de la Tunguska.

http://www.astrosurf.com/lombry/impacts-tunguska4.htm



L'événement de la Tunguska

Nature de l'objet (V)

C'est l'interprétation finale des chiffres qui laisse aujourd'hui un goût amer de déception car personne ne sait quel phénomène ou quel objet fut exactement à l'origine de l'événement de la Tunguska.

Ansi que nous l'avons dit, en 1930, l'astronome américain F.Whipple, spécialiste des comètes, suggéra que ce cataclysme avait été provoqué par l'explosion d'une petite comète.

En 1978 l'astronome L.Kresak précisa cette hypothèse en suggérant qu'il s'agissait d'un morceau de la comète de Encke, mais son hypothèse n'a jamais été vérifiée.

Pour le géochimiste et spécialiste russe des isotopes Yevgeniy Kolesnikov, nous avons probablement assisté à l’impact d’un astéroïde pierreux, une lithoïde de type E tandis que S.N.Blazhko et Yu V.FilippovYu considèrent qu'il s'agirait d'une météorite mixte. Certaines évoquent même une chondrite carbonée. Enfin, ses propriétés magnétiques suggèrent plutôt qu'il s'agirait d'une sidérite. Les preuves restent cependant insuffisantes car le site n’a pas été totalement prospecté et les simulations demeurent imprécises.

A consulter:

Les comètes

Les astéroïdes

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Rama
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PostPosted: 03/04/2005 21:21:10
Une chondrite carbonée pénétrant dans l'atmosphère sous un angle de 45° se serait fragmentée vers 14 km d'altitude, 6 km trop haut pour expliquer la dévastation. Par contre si durant le vol atmosphérique la température reste nettement inférieure à 45000 degrés sur la partie frontale de l'objet, moins de chaleur serait transférée au bolide qui se consumerait donc moins vite. En conséquence il pourrait s'approcher plus près du sol jusqu'à ce que le gradient de pression le désintègre. Selon les études effectuées par Chris Chyba de l'université de Princeton, l'explosion de ce bolide pourrait provoquer une dévastation similaire à celle de la Tunguska. Evans Lyne de l'université du Tennessee à Knoxville pense toutefois qu'une comète pourrait tout aussi bien satisfaire ces conditions.

D'autres lithoïdes massives peuvent correspondre au profil recherché. En particulier une météorite de 50 à 100m tombant sous un angle de 45° exploserait exactement à la hauteur de celle de la Tunguska. Elle expliquerait également la clarté nocturne observée en Europe et en Asie septentrionale suite au dégagement de poussières dans la haute atmosphère. Pour d'autres, l'inclinaison est trop importante pour produire un tel effet.

L'hypothèse d'un astéroïde telle que suggérée par Guiseppe Longo n'a pas reçu d'écho favorable côté russe. Longo pense que la plupart des fragments seraient enfouis dans les marais situés au sud du site. Mais cet endroit ne fait qu'un mètre de profondeur et les chercheurs l'ont dragué en vain à plusieurs reprises en quête de météorites. Pour Vitaly Bronshten du Comité des Météorites, des fragments auraient dû être découvert dans ces marais. Dans son esprit, l'absence de cet indice renforce l'hypothèse cométaire.

Mais pour les chercheurs américains une comète devrait peser un million de tonnes pour produire les effets de la Tunguska. Le gaz émit et la poussière soulevée dans l'explosion auraient obscurcit l'éclat du Soleil et peut-être altéré le climat. Selon Zdenek Sekanina du JPL à Caltech, les conséquences sur la vie sur terre auraient été horribles, comparables à un hiver nucléaire. L'humanité aurait été balayée et nous ne serions plus là pour en discuter.

Devant toutes ces opinions divergentes les chercheurs de Tomsk concluent que le problème est loin d'être résolu. Il ne le sera que si l'on découvre un fragment du météoroïde de la Tunguska.

En l'état actuel de la recherche les scientifiques ne savent pas encore avec certitude s'il s'agit d'une comète, d'un astéroïde ou de quelque chose d'autre. C'est la raison pour laquelle des analyses numériques sont actuellement effectuées aux Etats-Unis ainsi que par l'équipe du Dr A.E.Zlobin afin d'affiner le modèle théorique et qu'il soit plus proche des résultats analysés in situ; c'est l'objet du programme "Tunguska 2000" de l'ORC.

Ce programme permet d'analyser l'influence des effets tridimensionnels qui restent actuellement mal compris. Le premier objectif consiste à définir les propriétés du météoroïde avant sa rentrée dans l'atmosphère. La méthode consiste à utiliser des algorithmes spécifiques permettant de créer des grilles modélisables sous forme mathématique. Ce modèle peut prendre en considération des structures hétérogènes dans le météoroïde ainsi que ses caractéristiques de conduction thermique dans les trois dimensions.

Selon les expertises établies par Chris Chyba, Paul Thomas et Kevin Zahnle du centre de recherche Ames de la NASA qui s'intéressèrent tant au vol du météoroïde (Chyba et Thomas) qu'à sa désintégration et son impact (Zahnle), l'objet devait avoir une taille comprise entre 3 et 100m, seule taille qui permet à l'objet de ne pas se consumer totalement dans l'atmosphère et de ne pas percuter systématiquement le sol.

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A gauche, simulation du projectile balistique à l'origine de l'événement de la Tunguska avant sa rentrée dans l'atmosphère. Grille test réalisée par A.E.Zlobin en 1998. Document ORC. A droite scénario de l'explosion de la Tunguska imaginé par l'auteur. Consulter le texte pour les explications.
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Ainsi que je l'ai expliqué dans un autre dossier à propos de la dynamique d'une telle explosion, en traversant l'atmosphère un objet de cette taille subit une intense friction sur sa partie frontale, dont la température peut, selon Hills et Goda atteindre 45000 degrés. Mais en pratique le gaz n'atteint jamais cette température car en s'échappant du corps cette chaleur se dissipe. La roche se déforme toutefois sous la chaleur et prend la forme d'un pain-cake (ou d'un blini chez les russes). Sous l'effet des turbulences une cavité présentant une forte dépression se crée à l'arrière du bolide. Cette différence crée une énorme contrainte sur la roche qui finit par se fragmenter, ces fragments subissant à leur tour les mêmes effets dans une réaction en chaîne. En quelques dizièmes de secondes un effet de freinage se produit transformant les fragments en un nuage de débris, comme s'il avait été dynamités dans l'air.


La contamination extraterrestre

En écartant l'hypothèse du vaisseau extraterrestre qui se serait écrasé, événement hautement improbable mais qui revient toutes les décennies ou presque au devant de la scène, et pas plus tard qu'en 2004 encore, pour asseoir l'hypothèse d'une contamination extraterrestre, je veux dire par là la rentrée atmosphérique d'un objet qui ne serait pas d'origine terrestre (astéroïde, etc), l'analyse radiologique apporte quelques éléments de réponse. Mais ici encore, une analyse rigoureuse s'impose pour éviter toute conclusion hâtive.

L'hypothèse radioactive que nous avons évoquée nous fait remonter à l'expédition de 1990. Menotti Galli de l'université de Bologne trouva un épicéa mort près de l'épicentre et coupa une section de branche de 5 cm d'épaisseur sur laquelle avait coulé de la résine formée avant l'explosion de la Tunguska. Les cernes annuels étaient parfaits, l'échantillon de qualité digne d'être exposé dans un musée. Cette résine était la bienvenue. Non seulement elle protégeait les tissus vivants de toute contamination extérieure mais si la météorite avait déversé des particules particulières sur la forêt, la résine les auraient emprisonnées et parfaitement conservées.

De retour en Italie, le travail de Galli intéressa son collègue Guiseppe Longo, ce dernier ayant 36 ans d'expérience dans le nucléaire. C'est un habile mathématicien qui connait bien les subtilités des interactions subatomiques. Ensemble ils décidèrent de tester l'hypothèse évoquée par L.Kresak et reprise en 1989 par D'Alessio et Harms, les auteurs étant assez "sérieux" pour que leur conclusion méritent d'être vérifiée : si l'événement de la Tunguska était en relation avec l'explosion d'une comète, sa signature devait être reconnue, comme on reconnait un lion à sa griffe. L'hydrogène contenu dans la comète aurait été compressé et porté à haute température pendant le vol atmosphérique. Une partie aurait put fusionner et former de l'hélium, déclenchant une explosion similaire à celle d'une bombe H. Quelques milligrammes d'hydrogène suffisent pour produire des trillions de neutrons rapides qui se combinent aussitôt avec l'azote de l'atmosphère. Leur combinaison pourrait créer un isotope du carbone comprenant 14 neutrons plutôt que 12 dans son état stable.

Après analyse, G.Longo conclut qu'il est possible lors d'un impact cométaire qu'il se produise une réaction de fusion et que des radiocarbones soient produits par les neutrons ce qui pourrait affecter la concentration du sol en carbone-14. Si un processus de ce type s'était produit, Longo et son équipe supposèrent qu'ils pouvaient découvrir des traces de carbone-14 dans les cernes des arbres. A ce jour aucune trace de carbone-14 n'a été découverte, mais selon G.Longo cela n'élimine pas pour autant l'hypothèse cométaire mais la rend seulement moins probable.

Après avoir discuté avec différentes personnes à propos de cette question, fin 2002 j'ai signifié à Mr G.Longo combien cette idée me semblait farfelue et qu'il devait savoir qu'il est impossible d'obtenir la fusion de l'hydrogène à 45000 degrés; ce processus nécessite des pressions colossales et des millions de degrés... Nous ne sommes pas non plus en présence de deutérium et de courants forts qui nous permettraient éventuellement d'obtenir une fusion à température ambiante, et encore ces expériences ne sont aujourd'hui que des spéculations de laborantins, loin d'être confirmées... Ce sur quoi G.Longo me répondit que sur base des expériences précitées la théorie des radiocarbones ne pouvait pas être écartée.

Précisons que des résines furent récoltées sur six épicéas ayant survécus dans les 7 km autour de l'épicentre et sur six autres dans la région de Tomsk. Ces échantillons furent analysés au spectromètre à rayons X par Romano Serra. Ses conclusions furent sans équivoque malgré les contraintes posées sur la datation : sur la période allant de 1902 à 1914, un nombre significatif de particules présentent un taux élevé d'éléments lourds (cuivre, or, nickel). Les particules lourdes (Z élevé) sont dix fois plus nombreuses qu'avant ou après l'événement de la Tunguska, ce qui tente à confirmer que ces éléments sont d'origine extraterrestre.

G.Longo précise toutefois que le lien n'est pas encore établi avec l'événement de la Tunguska. Il est tout à fait possible par exemple qu'un bolide ait explosé à cet endroit mais que les éléments lourds aient simplement été soulevés du sol sous l'impact.

En fait si on analyse la résine qui coula sur les racines des arbres déracinés, on découvre qu'elle contient une combinaison d'éléments fondamentalement différente de celle contenue dans la résine présente sur les troncs.

A ces indice s'ajoute celui des sphérules évoquée plus haut, caractéristique d'une fusion atmosphérique.

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Théories alternatives

Je ne serais pas complet si je ne citais pas les théories alternatives, ne fut-ce que dans cet encart.

L'interprétation tectonique
Le radiophysicien Andrei Ol'khovatov de l'Institut de Recherche Industrielle de Radio Instrumentation de Moscou est opposé à l'hypothèse du météorite. Selon des études qu'il publia dans de prestigieux journaux soviétiques, toutes les trajectoires supposées du bolide coincideraient avec les lignes de failles qui courent dans la région, tandis que l'épicentre serait plaqué au milieu d'un ancien cratère d'origine volcanique. Il est même vraisemblable à ses yeux que les effets lumineux observés par certains témoins soient corrélés à des processus tectoniques (depuis les années '90 nous savons qu'un effet piezo-électrique serait parfois corrélé avec certaines manifestations séismiques et l'observation d'OVNI en forme de boule lumineuse par exemple). Mais pour de nombreux scientifiques la forme radiale des arbres soufflés ne s'explique que par des ondes de choc provenant du dessus et non pas du sol, comme le ferait un séisme. Ce phénomène ne fut donc qu'un effet secondaire de l'explosion. Etant donné que personne ne croit en cette théorie séismique je préfère en rester là.

Les effets génétiques
Je n'ai trouvé qu'un seul document écrit par le russe Krinov et depuis repris par plusieurs auteurs rapportant des effets sur les animaux et la végétation, rappelant que toute la matière vivante fut affectée génétiquement, les arbres et les plantes ayant accéléré leur taux de croissance. Les graines et les épines d'au moins une espèce de pin présentaient des anomalies génétiques qui sont à présent étudiées.

Cet effet aurait été constaté dans l'épicentre et le long de la trajectoire du bolide. Certaines parmi les victimes brûlées moururent de façon inhabituelle comme si elles avaient été exposées aux radiations. On rapporte également que les Tungus qui avaient touchés les pierres tombées du ciel devinrent malades.

Le facteur Rhésus de certains groupes d'Evenki était anormal, de même que certaines espèces d'insectes et de plantes. Krinov rappellent même qu'un champignon s'éleva dans l'air et une pluie noire tomba sur la Tunguska. Des recherches ultérieures auraient permit de révéler des signes de radiation, des trinitites similaires à celles trouvées sur le site de Trinity (Arizona), supportant la théorie de l'explosion atomique.

La plupart des scientifiques mettent en doute la véracité de tels propos et peu d'entre eux discute des anomalies génétiques. Ils pensent que l'hypothèse des radiations ionisantes est peu crédible et que ce rayonnement n'aurait jamais pu contaminer une région de 60 km à la ronde, d'autant qu'aucun isotope n'a été découvert sur le site contrairement à ce prétend cet auteur. Mais je dispose de trop peu d'informations pour porter un jugement sur cette hypothèse.

Consulter les sites web des auteurs suivants pour plus de détails :

- Andrei Ol'khoratov : l'interprétation tectonique.

- Dennis Ramsey : revue des interprétations classiques et des hypothétiques explosions d'un astéroïde ou d'une bombe atomique ainsi que le crash d'un OVNI.
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En guise de conclusion

Loin de moi la prétention de vouloir résoudre cette énigme. Les différents effets analysés et les tentatives d'explications vous ont, je l'espère, donné une idée plus précise de la problématique qui recouvre l'événement de la Tunguska.

Sur le plan médiatique il semble malheureusement que certains chercheurs Russes propagent des rumeurs et aiment se faire passer pour des farfelus. Les chercheurs appartenant au "Fonds du phénomène spatial de Tunguska" par exemple annoncent à travers les médias, avant même toute expertise, qu'ils ont découvert... les débris d'une soucoupe volante, alors qu'ils font expertiser un simple cailloux ! Où est la rigueur scientifique dans cette démarche ? Certainement pas en posant les conclusions avant les hypothèses ni en expertisant un objet dont aucun indice laisserait supposer qu'il est relié à cet événement. S'il faut analyser des échantillons, encore faut-il le faire sciemment, soit sur base statistique soit en établissant une préanalyse sommaire qui confirmerait votre hypothèse. Cet événement ajouté aux autres de cet acabit, confirme qu'avec ou sans l'Etoile rouge, la Russie ne brille malheureusement plus au firmament. Il est temps que les émules de Leonid Kulik sortent des eaux troubles de la taïga et nettoyent leurs éprouvettes de cette propention atavique leur faisant penser que les légendes et autres rumeurs font partie de l'histoire de la Science !

Sur le plan scientifique, je pense que cette énigme sera un jour résolue dès lors que les simulations informatiques seront affinées. La principale difficulté est le temps. A mesure que les années passent le site de la Tunguska révèle de moins en moins d'indices car leurs traces disparaissent dans la végétation, se métamorphosent ou se décomposent. D'autres événements, tel l'impact survenu en 2002 (bien que celui-ci soit situé cette fois-ci au nord-est plutôt qu'au nord-ouest du lac Baïkal) peuvent également détruire les dernières traces qui auraient subsistées. En fait chaque année les scientifiques doivent travailler toujours plus dur pour tenter d'en savoir un peu plus.

Si la solution de l'énigme de la Tunguska nous apporterait bien des réponses sur la dynamique de l'événement, ce cataclysme met avant tout en exergue le danger que constitue la collision de la Terre avec une météorite ou un objet de la famille des NEO. On estime que cette météorite devrait avoir une taille dix fois supérieure à celle de la Tunguska pour décimer tout un pays. Heureusement, si la fréquence d'un événement similaire à celui de la Tunguska oscille entre 500 et 10000 ans (Zlobin, 1995), un objet de taille dix fois supérieure n'a de chance de percuter la Terre qu'au pire tous les cent mille ans, voire tous les millions d'années.

Mais c'est oublier que d'autres accidents de la classe de la Tunguska peuvent nous toucher de beaucoup plus près avec une fréquence bien plus élevée. Le tueur de la taïga était isolé et ne tua, relativement parlant, presque personne (une poignée d'habitants selon les dires). Un accident d'avion, de train ou de bâteau fait aussitôt des centaines de morts; les victimes d'accidents de la circulation, de cancer professionnels se comptent par milliers chaque année...

L'évaluation de la fréquence d'un impact météoritique reste malgré tout d'un grand intérêt car il faut déterminer ses retombées s'il venait un jour à percuter une grande ville. Car outre les victimes et les retombées probable sur le climat, s'est tout le tissu industriel et économique d'une région du monde qui serait vraisemblablement touchée. Les retombées financières forceraient les pays civilisés ayant survécu au cataclysme à débourser jusqu'à leurs derniers deniers. Ce sujet d'actualité mérite que je lui consacre un dossier, les Histoires d'impacts dans lequel sont évoqués les différents risques et nos moyens de défense.



Sources et précision:

Ce dossier exceptionnel, riche par son contenu et ses illustrations consiste en une compilation de documents scientifiques publiés entre 1994 et 2000 par les institutions suivantes (entre parenthèse l'acronyme utilisé dans le texte) :

- Le département de physique de l'université de Bologne, Italie (TH-BO)

- Le Centre Informatique et de Calcul de Novosibirsk (CCN)

- L'Institut Polytechnique (Dr A.E. Zlobin) ainsi que l'université de Tomsk, Russie (ORC)

- L'Institut de Calculs Mathématiques et de Géophysique Mathématiques, Laboratoire de Technologie Informatique, Russie (GIS-SSCC)

- Les Proceedings de l'atelier Planetary Defense Workshop américain (LLNL)

- L'ouvrage "Témoignages oculaires de la chute de Tunguska", N.V.Vasilyev, A.F.Kovalevskiy, S.A.Razin et L.E.Epiktetova, Tomsk, 1981, (en russe).

Je dois également remercier le Pr Roy A.Gallant de l'Université de Southern Maine et directeur du Planétarium de Southworth (USA) ainsi que Joachim Otto Habeck (GB) pour leurs contributions au compte-rendu historique et sa partie ethnologique.

Ces différentes sources d'information sont parfois partagées sur les grandeurs à donner à tel ou tel paramètre où de l'interprétation à donner aux résultats d'une simulation numérique vis-à-vis des données récoltées in situ. Dans la mesure du possible j'ai pris la valeur qui fait consensus. Dans le cas contraire, si la marge d'erreur est jugée trop importante, plusieurs grandeurs sont données à titre indicatif.

http://www.astrosurf.com/lombry/impacts-tunguska5.htm



Alors, vous êtes-vous fait votre avis qu'on en dicute tous ensemble ?




Au plaisir de vous lire
RAMA

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Dandy
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PostPosted: 06/08/2005 10:55:53
Bonjour Rama,
Joli résumé. Wink
Ajoutons quelques infos complémentaires :
Il semblerait que le bolide de Toungouska soit bien un astéroide rocheux d'environ 30 m de diamètre avec un angle de pénètration peu important. Ce qui n'a rien de surprenant. Ce dernier explosa en vol, logique aussi.
Les analyses de particules solides dans la résine des arbres (j'en possède quelques débris Razz ) contiennent bien les élèments typiques qui composent les météorites les plus communes (type chondrite). Les micro-particules (Spérules) démontrent bien cela.
Au passage, nous travaillons actuellement sur ce type de matériaux (suite au passage du 18 février 2005 sur les Vosges) et nous avons recueilli pas mal des ces sphérules sur la trajectoire exacte du passage du phénomène. Rama, je te propose un examen attentif à notre prochaine rencontre. Trés instructif et la comparaison suite à nos propres analyses peuvent avoir un impact (sans jeu de mot Rolling Eyes ) majeur pour la suite. Wink
Enfin, pour conclure, la trajectoire menant à l'épicentre passe prés de Chamba, longe Khushma et le bolide explose....... Confused
A plus
Patrice


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Rama
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PostPosted: 06/08/2005 14:33:52
Dandy wrote:
Rama, je te propose un examen attentif à notre prochaine rencontre.


Bonjour Patrice,

J'accepte. Wink
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BIOFIDUS
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PostPosted: 06/08/2005 14:49:04
Désolé pour Dandy le scientifique, mais même si un "missile" ou un
vaisseau extraterrestres ont (a) percuté le corps céleste, il est, enfin
je crois, à peu près normal d'avoir retrouvé des dépots, coulures ou fragments de la météorite.
Et cela n'enlève rien à une possible intervention non-humaine. Wink
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brakk
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PostPosted: 06/08/2005 23:04:10
salut Dandy
est-ce que lors du passage du 18 février 2005 sur les Vosges, le bolide explosa tout aussi logiquement en vol?
Sont t-il comparables?


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Dandy
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PostPosted: 07/08/2005 08:00:16
Bonjour Rolling Eyes
Quote:
Désolé pour Dandy le scientifique

Désolé de briser ton rève Biofidus ! Je ne suis pas scientifique Wink
Disons que je sais de quoi je parle 8)
Quote:
mais même si un "missile" ou un
vaisseau extraterrestres ont (a) percuté le corps céleste, il est, enfin
je crois, à peu près normal d'avoir retrouvé des dépots, coulures ou fragments de la météorite.
Et cela n'enlève rien à une possible intervention non-humaine.


Cela mériterait plus d'arguments de ta part Wink . Les micro-billes retrouvées dans le bois nous indiquent avec force que les élèments analysés sont indentique à ceux retrouvé dans les Chondrites. La résultante nous indique donc une très forte probabilité quant à l'origine du phénomène cause de l'explosion de la Tougouska.

Brakk
Quote:
est-ce que lors du passage du 18 février 2005 sur les Vosges, le bolide explosa tout aussi logiquement en vol?
Sont t-il comparables?




Oui, explosion (dite "fragmentation") logique. Faudrait un autre topic pour développer tout cela. Guère le temps actuellement, because recherche intensive sur le terrain. Rolling Eyes
Comparables ? Par rapport à quoi ? Dans la logique de description des évènements ? Dans sa manière d'être ? En tout cas pas dans les résultantes, cela est sur Laughing
La science des météorites a fait d'énorme progrès depuis 1908 (heureusement). la connaissance est énorme aujourd'hui et nous comprenons un peu mieux ces superbes cailloux qui nous tombent parfois dessus. Razz


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baloo
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PostPosted: 07/08/2005 09:15:01
On parle de cette "Apocalypse en Sibérie" dans le livre "Les derniers mystères du monde" de la page 288 à la page 293.

Il est évoqué plusieurs pistes :
- un micro-trou noir
- une météorite d'anti-matière
- une comète
- l'explosion d'un vaisseau cosmique

Preuves :
- la variation du champ magnétique terrestre relevée au moment de l'explosion.
- la forme même de la destruction forestière correspond aux ondes de choc et aux rayonnements dégagés par une bombe atomique plus qu'aux dégâts causés par une déflagration conventionnelle.
- l'extraordinaire intensité lumineuse du phénomène irait dans le même sens.
- une explosion atomique fait fondre la terre & les poussières, produisant de minuscules billes vertes qu'on appelle "trinitites". De telles particules ont été trouvées en grand nombres sur le site sibérien, mais associées à des fragments métalliques.
- la modification de la croissance végétale après la catastrophe se conforme à celle enregistrée à Hiroshima après 1945.

Que faut-il de plus comme preuves ? (malgré qu'il n'y a pas une seule preuve décisive !)

Cette argumentation vient de :
- L'ingénieur Alexandre Kazantsev
- Le professeur Félix Zigel
- L'auteur John Baxter
- L'auteur Thomas Atkins
(Explosion d'un vaisseau cosmique venu d'une autre planète (en 1908))
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BIOFIDUS
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PostPosted: 07/08/2005 15:21:40
Laughing
Démerdez-vous avec la Tunguska. L'on peut tout supposer et rien...
Sauf que les tenants de l'unique météorite se gourent...
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Dandy
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PostPosted: 07/08/2005 16:41:56
Bonsoir,
Quote:
une explosion atomique fait fondre la terre & les poussières, produisant de minuscules billes vertes qu'on appelle "trinitites". De telles particules ont été trouvées en grand nombres sur le site sibérien, mais associées à des fragments métalliques


Il a été retrouvé les deux sortes de micro-billes. Les premières sont présentes en nombres dans le bois fossilisé sibérien de la Tougouska. Les analyses démontrent le caractère météorite. Une association ferreux-nickel notamment.
Les secondes sont de type tecktite et sont produites par l'explosion qui projète dans l'atmosphère de la matière bien terrestre (avec pour caractéristique une densité très faible - voir flottante sur l'eau). Ces particules sont une preuve supplèmentaire de l'origine météoritique de l'explosion sibérienne. Normal d'en retrouver en très grand nombre !
Tout cela nous le trouvons et pouvons l'acheter sur les bourses aux collections (minéraux et métèorite). Wink .

Désolé pour Biofidus, si je veux bien admettre que chacun pense ce qu'il veut, je reste un tenant de l'unique métèorite ! Laughing


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BIOFIDUS
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PostPosted: 07/08/2005 18:27:45
Je reviens, Patrice.

Peux-tu nous dire si, lorsqu'une météorite de gros calibre explose avant
de toucher le sol (la surface terrestre, pour ce cas), elle ne diffuse pas
ou au contraire diffuse de la matière dans une certaine zone?
Qu'une météorite ait explosé en altitude, je ne le nie pas, et les tenants
d'une intervention ET non plus. Selon eux, et c'est possible non, un en-
gin ET aurait fait exploser le corps céleste en altitude, avant qu'il ne
ravage notre planète en touchant le sol.
Donc, il y aurait bien eu une météorite. A savoir maintenant s'il n'y avait
pas aussi un petit "plus": un engin de destruction ET...

A + Arrow
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lak
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PostPosted: 07/08/2005 19:09:17
Pourquoi donc tout ce qui touche à l'espace doit-il être ramené aux ET ? N'est-il donc pas concevable qu'il se passe de temps en temps quelque chose sans qu'ils s'en mêlent ? Est-il impossible qu'un météorite ait explosé toute seule ? non. Alors pourquoi faire intervenir encore et toujours des ET ?

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BIOFIDUS
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PostPosted: 07/08/2005 20:02:10
lak wrote:
Pourquoi donc tout ce qui touche à l'espace doit-il être ramené aux ET ? N'est-il donc pas concevable qu'il se passe de temps en temps quelque chose sans qu'ils s'en mêlent ? Est-il impossible qu'un météorite ait explosé toute seule ? non. Alors pourquoi faire intervenir encore et toujours des ET ?


Si. Les ET ne sont -peut-être- pas partout, et dans tout; espérons-le!
Oui, une météorite a pu exploser sans intervention extra-humaine.
Mais l'affaire de la Tunguska n'est pas une rentrée atmosphérique or-
dinaire. Il ne s'agit pas de la prétendue météorite (ce qui est loin d'être
prouvé!) responsable de la disparition des dinosaures. D'ailleurs, si une
telle météorite (de la taille prétendue de celle des dinosaures), avait
touché la Terre en 1908, toi et moi ne serions pas là à discuter par or-
dinateurs interposés.
La Tunguska est une énigme. Quoiqu'en pense Dandy. Lui, il est collec-
tionneur de cailloux; enfin de fragments de météorites, ferreuses ou
non.
C'est donc un "spécialiste". C'est donc mieux d'imputer la responsabilité totale de l'événement à son "lobbie"... A ce propos, l'on n'a point trouvé
de cratère d'impact en Sibérie. Donc, comme je le suppose, les retombées détectées au sol, viennent de l'altitude; la météorite n'ayant
pas eu besoin de s'écraser pour laisser des traces...
Exclamation

A +. Arrow
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sumer
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PostPosted: 07/08/2005 20:45:19
La question se résume ainsi qu'est-ce qui a touché le sol en 1908 en Sibérie, plus précisément à la Toungouska?

Quote:
Autre surprise de taille, ils ne découvrirent aucune météorite, exception faite de quelques infimes poussières, et cela malgré un ratissage méthodique de la région sinistrée. Ils durent se rendre à l'évidence : contrairement à l'opinion première de Kulik, Ogdy n'avait pas touché le sol, même sous forme de petits fragments. Cet objet n'était donc pas une météorite, au sens propre du terme. L’hypothèse de la comète semblait donc s’imposer, avec une explosion et une désintégration dans l’atmosphère et non un véritable impact.

Rolling Eyes Rien, nothing pas une mini parcelle d'indices quelconques. Humm Rolling Eyes

Dandy, j'aimerais que tu me donne ton avis sur la question suivante :
Est-il possible avec des phénomène tels que l'érosion, l'altération par l'eau, le vent et la glace désagrégent des particules de roches aussi aisément sans laisser la moindre indice d'une quelconque présence sur le sol et ce en moins de 100 ans ?


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BIOFIDUS
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PostPosted: 07/08/2005 20:59:38
En effet, et Sumer a tout à fait raison: rien n'a touché le sol -et heu-
reusement!- en 1908. En Sibérie s'entend.
Et je répète que s'il y a des traces de météorite au lieu-dit, elles sont
des retombées et non dues à un impact!

A + les cocos.
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Garf
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PostPosted: 08/08/2005 21:41:00
ATTENTION LES YEUX !!!!

Quote:
Colossales explosions en Tunguska (Sibérie) en 1908 et 2002.
L'Agence de Sécurité Nationale de Russie parle.


Les passages suivants sont une transcription d'une interview filmée de Valery Uvarov, de la National Security Academy de Russie, réalisée par Graham W. Birdsall, éditeur de la revue britannique UFO Magazine. L'interview a eu lieu à l'occasion du 12e Festival du Film/Congrès International sur les OVNI qui s'est tenu du 2 au 8 février 2003 à Laughlin, dans le Nevada, aux États-Unis. Cette interview est parue en premier lieu, dans sa version anglophone originale, dans le numéro d'avril 2003 d'UFO Magazine, en Angleterre puis dans le magazine Nexus Australie en été 2003 et finalement, cette version francophone, dans Nexus édition française à l'automne 2003.

Graham Birdsall (GB) : Quel est votre titre officiel ?

Valery Uvarov (VU) : Je suis chef du service de recherches et d'informations scientifiques et techniques sur les OVNIS de la National Security Academy, basée à St. Petersbourg, en Russie.

GB : Il s'agit d'une agence gouvernementale russe officielle ?

VU: Absolument. Je suis sous les ordres de deux personnes, lesquelles doivent rendre des comptes à leur supérieur direct qui n'est autre que notre Président (Poutine).

GB : En quoi consiste exactement votre travail ?

VU: Nos activités de recherche se divisent en deux parties. Tout d'abord, nous analysons constamment des données nous parvenant du monde entier. Nous extrayons alors de notre base de données les informations que nous jugeons les plus intéressantes, après leur avoir attribué une couleur (rouge ou jaune). Ces informations sont ensuite diffusées dans divers services à travers la Russie.
L'autre aspect de nos recherches découle de la question suivante: les OVNIS existent-ils ou pas ? Nous sommes sûrs qu'ils existent mais qu'est-ce qui se cache derrière leur activité, quel est leur intérêt ?
C'est pour nous le point le plus important et celui sur lequel nous concentrons principalement nos investigations.

GB : Il y a une coopération active entre la NASA et les responsables du domaine aérospatial russe, d'un point de vue technique, scientifique et peut-être même militaire. Êtes-vous en contact ou avez-vous des liens avec des organisations étrangères similaires à la vôtre ?

VU: Je peux vous dire, en toute honnêteté, que deux jours avant de m'envoler pour les États-Unis, j'ai eu une entrevue avec mes... disons, mes patrons. Et ils se sont dits très intéressés par une coopération avec d'autres organisations... disons, nos amis occidentaux. Je peux donc vous dire que cette mission particulière n'en est qu'à ses débuts. Je suis chargé de trouver les bonnes personnes. Une fois que ce sera fait, et que l'étape suivante sera activée, nous pourrons faire quelques avancées concrètes.

GB : Un peu plus tôt, hors caméra, vous avez fait allusion à certains développements importants concernant l'explosion de Tunguska de 1908. Pouvez-vous officiellement nous dire pourquoi vous pensez désormais en connaître la cause ?

VU: Ce n'est pas simplement une supposition; nous en connaissons la cause. C'était un météore, mais un météore qui a été détruit par... disons, un missile. Ce missile avait été généré par une installation matérielle. Nous ne savons pas qui l'a construite mais elle a été construite il y a très longtemps et se situe en Sibérie, à plusieurs centaines de kilomètres au nord de Tunguska. Je peux vous dire que notre enquête a révélé qu'il y avait eu plus d'une explosion à Tunguska. Permettez-moi de vous faire partager l'une de nos informations. La dernière fois que cette installation a tiré un missile c'était les 24 et 25 septembre de l'an dernier. Les Américains... ils possèdent trois bases... ont, eux aussi, remarqué cette explosion.

GB : Pardonnez-moi mais certains diront que cela a des airs de science-fiction.

VU: Graham, vous savez que lorsque nous parlons des vérités qui se cachent sous ce sujet, nous ne le faisons qu'avec ceux qui comprennent la responsabilité inhérente au sujet. Et vous savez que nous avons affaire à une technologie bien plus avancée que la nôtre, à une technologie capable de faire des choses qui nous sont impossibles.

GB : Pouvez-vous nous donner plus de précisions sur l'emplacement de cette installation ?

VU: Recherchez le site de l'explosion de Tunguska. Au sud-est se trouve le célèbre grand Lac Bâikal. Au-delà, vers le nord, un immense territoire stérile pratiquement inhabité s'étend sur 100 000 km². On n'y trouve ni ville ni village. C'est là que nous avons localisé l'installation...

GB : Êtes-vous au courant d'histoires étranges ou de rumeurs concernant ce que l'on appelle la «Planète X» ? Si un nouveau corps céleste était entré dans notre système solaire, les astronomes l'auraient sûrement détecté et auraient signalé sa présence.

VU: Je ne sais pas ce qu'il en est pour les astronomes occidentaux-mais les nôtres affirment que nous n'avons rien à craindre. J'ai entendu des gens parler d'une rotation de 3 600 années pour cette planète, qui se trouve sur une orbite similaire à celle de la Terre mais derrière le Soleil. Nous savons que cette planète et l'installation de Sibérie ont un lien étroit. Permettez-moi de dire que je crois que l'installation maintient cette planète sur une orbite stable. Si cette planète venait à bouger, à changer d'orbite, tout le système solaire deviendrait instable. Au sein de l'association, nous sommés sûrs que cette planète est habitée et que l'installation est conçue pour protéger à la fois ses habitants et nous-mêmes. Nous sommes persuadés que rien de dangereux ne surviendra. Tout est sous contrôle. Nos investigations ont montré que la Terre avait une impulsion - une fréquence parfaitement réglée qui affecte absolument tout, toute chose vivante. Il y a quelque 12 500 ans, cette impulsion correspondait aux 360 jours de l'année - étudiez l'ancien calendrier égyptien - mais c'est alors qu'un astéroïde a frappé la Terre. Nous pensons que l'orbite de la Terre a été modifiée, artificiellement, pour contrebalancer cela. Notre planète s'est éloignée du Soleil, jusqu'à atteindre une impulsion de fréquence de 365.
Cela nous a amenés à penser que nous avons des amis - des amis qui veillent sur nous, en silence. Ils n'ont pas laissé, et ne laisseront pas non plus à l'avenir, une planète, une comète ou un astéroïde frapper et détruire la Terre. C'est, pour nous, un point parfaitement clair aujourd'hui.
Et dire qu'il y en a qui souhaitent doter l'espace d'armes... pour vous dire la vérité, cela fait mal au coeur de tous ceux d'entre nous qui sont impliqués dans ce projet: Nous sommes là, en train d'enquêter sur cette installation, et sur d'autres choses, des choses matérielles, construites ni par les Russes ni par les Américains mais par quelqu'un d'autre, quelqu'un originaire de l'espace extra-atmosphérique. Quelle tristesse d'imaginer ce qui pourrait arriver si l'espace était doté d'armes.
Je vais vous parler franchement. Cette installation possède un système électrique, une source d'énergie. Nous l'avons localisé. C'est pendant le conflit en ex-Yougoslavie que nous avons pour la première fois remarqué une augmentation de cette énergie. Cela nous paraissait incroyable mais nous savons maintenant que cette installation réagit aux conflits et bouleversements sociaux.
Une partie de nos recherches impliquant de fouiller d'anciens registres et documents d'archives, nous sommes tombés sur les textes de l'Echutin Apposs Alanhor [sic]. Nous les appelons l'Alanhor et ils remontent au moins à 4 000 ans. Ils décrivent l'installation, en termes scientifiques, relativement à ce qu'il s'y passait. C'est stupéfiant.
Je me suis rendu là-bas deux fois. La première fois, notre équipe a détecté des niveaux élevés de rayonnement. Je dois avouer que c'était très dangereux, nous ne pouvions pas nous protéger. Les rares habitants de la région avaient bien sûr entendu parler de l'installation et nous l'ont décrite. Ils ont parlé de structures semblables à du métal et nous les ont dessinées. Nous avons tout relevé sur une carte. Mais ces gens, leurs familles et les animaux souffraient de maladies dues à l'irradiation.
Les niveaux de rayonnement sont continuellement contrôlés depuis six ans et aujourd'hui tout le monde - y compris les animaux - a déserté la forêt. Laissez-moi vous confier quelque chose à propos de l'explosion de Tunguska - quelque chose dont on n'a jamais parlé auparavant. Deux mois avant l'explosion, tous les animaux ont fui la région. On aurait dit que l'installation s'était mise sous tension pour s'occuper de l'astéroïde. Cela s'est accompagné d'une augmentation du rayonnement. La même chose se produit actuellement, aujourd'hui même.

GB : A-t-on prévu de monter une autre expédition dans la région et de visiter l'installation ?

VU: Le rayonnement est un facteur à prendre en compte mais, oui, une autre expédition est prévue pour un peu plus tard dans l'année. Ecoutez, nous ne voulons rien cacher. Nous serons heureux d'accueillir des participants du monde entier mais les personnes que nous invitons doivent être responsables aux yeux du monde. Nous voulons des gens honnêtes, ouverts et transparents, désireux de coopérer et d'échanger puis de diffuser les informations scientifiques. Je vous invite, Graham, à venir en Russie et à visiter l'installation au titre d'observateur.

GB : Ce serait un grand honneur. Merci.

VU: Vous pouvez dire à tout le monde que nous, les Russes, avons décidé qu'il était temps que d'autres personnes soient au courant, et pas juste un petit nombre.

NOTE DE J. Frendelvel
Valéry Uvarov a été présent dans différentes conférences internationales. Nexus édition française a publié depuis une série d'articles beaucoup plus approfondis concernant l'enquête de Valéry Uvarov et de la NSA Russe sur les évènements de Tunguska. Le dernier article de la série (le cinquième) étant à paraître prochainement. Bien qu'incroyable, cette version des faits à l'immense mérite d'apporter une cohérence d'ensemble aux événements de Tunguska, ce qu'aucune autre enquête n'a pu réaliser à nos jours.

L'interview ci-dessus a été placé en Epilogue de mon ouvrage L'or des étoiles : Nouveau regard sur le système solaire paru en février 2005. En effet, ce livre qui expose mes recherches en astronomie du système solaire, démontre la présence d'une planète partageant la même orbite que la Terre et restant, en équilibre précaire et artificiel, dissimulée derrière le Soleil. Ces informations de Valéry Uvarov, trouvées peu de temps avant de mettre sous presse, tombaient à propos pour confirmer mon étude de manière inattendue. Cet astre semblait être connu déjà dans l'antiquité par le célèbre mathématicien grecque, Pythagore, qui parlait d'une planète Anti-Terre dissimulée derrière le feu central. Deux chapitres de cet ouvrage sont dédiés à ce sujet et apportent les indices et les preuves astronomiques de l'existence de cette planète Vulcain. Les différents développements de ce livre, couplés à l'interview de Valéry Uvarov, donnent également la compréhension du pourquoi les agences spatiales ne nous ont pas révélé cette planète qui nous concernent si directement.
Plus d'infos et découvrir les autres thèmes de L'or des étoiles : Nouveau regard sur le système solaire à : http://frendelvel.free.fr


http://frendelvel.free.fr/Livre/doc/uvarov.htm
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Rama
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PostPosted: 08/08/2005 22:17:40
Merci Garf d'avoir retrouvé cet article.
A l'époque, quand je l'ai lu, j'étais sur le Q.
La seule chose que je craints, c'est que ce soit un faux interview.

Sinon, il est intéressant de constater que les Russes croient en l'existence de la planète X (autrement dit Nibiru ou Mardouk).
C'est incroyable de se sentir protéger de la sorte.
Est-ce réellement pour nous ou pour la planète ?

Mais bref, on est tout proche de connaître la vérité sur l'explosion et l'origine de l'explosion. Arrow
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sumer
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PostPosted: 08/08/2005 22:56:28
Very Happy Merci Garf pour cette info. Espérons qu'elle puisse être une piste pour avancer le débat vers la bonne direction. Et voilà un livre en anglais (non traduit en français Confused ) qui parle de la vague russe sur les OVNIS ..humm écrit par Jacques Valée. En voici les coordonnés.

VALLÉE, Jacques:

UFO CHRONICLES OF THE SOVIET UNION

A cosmic samizdat

1992, USA

Petit résumé du livre : En 1992 sort UFO chronicles of the Soviet Union : a cosmic samizdat, écrit en collaboration avec la journaliste Martine Castello. À l’heure actuelle, l’ouvrage n’est toujours pas traduit en français, ce qui est bien dommage vu qu’il traite de la vague russe de 1989-1991 (on notera la concordance des dates avec la fameuse vague belge).
Le mot russe samizdat désigne les écrits clandestins, diffusés par la dissidence, dans l'URSS de l'après- guerre post-stalinienne jusqu'à la chute finale.

Je n'ai jamais lu ce livre, alors pourquoi me direz-vous d'y placer ces infos ici, c'est plutôt pour faire un parralèle entre La FOIA et le Samizdat. Est-ce le début d'une ouverture à l'accès à l'information?


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BIOFIDUS
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PostPosted: 09/08/2005 00:09:30
Comme je le pense, il y a bien eu une intervention extraterrestre en Sibérie en 1908 et peut-être dernièrement. Sont sumpas ces ET.
Tant mieux.
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