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Origine et histoire des dix commandements

 
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ase
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MessagePosté le: 22/10/2014 23:00:39
Le livre de l’Exode raconte que le peuple d’Israël, une fois libéré de la servitude d’Égypte, marcha durant trois mois à travers le désert, avant d’arriver enfin au Sinaï. Là, Moïse gravit la montagne jusqu’au sommet. Alors, le tonnerre gronda, la terre trembla, les trompes sonnèrent et, dans le feu, Yahvé lui apparut et lui donna les commandements.

Les douze commandements

La Bible dit clairement que les commandements sont au nombre de 10 (Dt 4,13; 10,4). Mais ici surgit une première difficulté: lorsque nous faisons nous-mêmes le compte de ces commandements, nous constatons qu’il n’y en a pas 10 mais 12 (Ex 20,3-17).

Les voici:

1. Tu n’auras pas d’autres dieux que moi (v.3)
2. Tu ne feras aucune image sculptée (v.4)
3. Tu ne te prosterneras pas devant ces images ni ne leur rendras un culte (v.5)
4. Tu ne prononceras pas à faux le nom de Yahvé, ton Dieu (v.7)
5. Souviens-toi du jour du sabbat pour le sanctifier (v.8)
6. Honore ton père et ta mère (v.12)
7. Tu ne tueras pas (v.13)
8. Tu ne commettras pas d’adultère (v.14)
9. Tu ne voleras pas (v.15)
10. Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain (v.16)
11. Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain (v.17,a)
12. Tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain (v.17,b)

A la recherche des 10

Si la Bible affirme qu’il y a 10 commandements, comment les compter pour arriver à ce nombre? De longue date, juifs et chrétiens ont débattu ce problème et proposé diverses manières de le résoudre.

Les premières tentatives furent celles du juif Philon d’Alexandrie et de l’historien Flavius Josèphe, tous deux du premier siècle ap. J.-C. Selon eux, le 1er commandement est celui qui prescrit de n’avoir qu’un seul Dieu (v.3). Le 2e défend de fabriquer des images et de se prosterner devant elles (v.4-5). Le 3e interdit de prendre le nom de Dieu en vain (v.7). Le 4e ordonne de sanctifier le jour du Seigneur (v.8). Du 5e au 9e, les commandements sont énumérés dans l’ordre où la Bible les situe (v.13-16). Le 10e serait exprimé par le v.17 tout entier, où il est défendu de désirer la femme du prochain et de convoiter les biens d’autrui.

Cette classification distingue 4 commandements relatifs à Dieu et 6 relatifs au prochain. Elle fut acceptée par plusieurs écrivains anciens, tels Origène, Tertullien et S. Grégoire de Nazianze. Elle est aussi celle qu’adoptent actuellement les protestants luthériens, calvinistes et anglicans.

La proposition juive

Le judaïsme officiel récusa la classification de Philon et de Flavius Josèphe. Quand les rabbins rédigèrent le Talmud, leur livre sacré, ils proposèrent une autre façon de répartir les commandements. Ils considérèrent le v.2 comme étant le 1er commandement, alors qu’en fait il constitue simplement le prologue ou la présentation du Décalogue:"Moi, Yahvé, je suis ton Dieu, qui t’ai retiré du pays d’Égypte, de la maison de servitude". Pour formuler le 2e, ils regroupèrent les trois suivants, à savoir ceux qui défendent d’avoir d’autres dieux, de fabriquer des images et de se prosterner devant elles (v.3-5). Le 3e serait celui qui interdit de prononcer à faux le nom de Dieu, et le 10e ramène à une seule la défense de désirer la femme du prochain et celle de convoiter les biens d’autrui.

Tous les juifs adoptèrent cette seconde classification, où l’on trouve, comme dans la première, 4 commandements relatifs à Dieu et 6 relatifs aux hommes.

La proposition chrétienne

Mais au Ve s., S. Augustin, un des plus grands Docteurs de l’Église, propose une troisième classification des commandements. Comme les rabbins du Talmud, il affirme que les préceptes défendant d’avoir d’autres dieux, de fabriquer des images et de se prosterner devant elles, constituent en réalité un seul commandement, exprimé de manières différentes, mais avec référence au même but: éviter l’idolâtrie ou le culte des faux dieux. Cela étant, il estime que les trois préceptes (v.2-6) doivent être réunis, pour former un seul commandement. Toutefois, ce commandement ne sera pas le 2e, comme l’entendaient les rabbins, mais le 1er.

En conséquence, pour Augustin, le 2e commandement est le suivant de la liste, à savoir celui qui interdit de prononcer le nom de Dieu en vain, et le 3e est celui qui exige de sanctifier les fêtes. Seulement, comme il a regroupé en un seul les trois premiers commandements, il se trouve qu’il lui en manque un pour compléter la liste des 10. Alors, il dédouble le 9e commandement du v.17, dont il fait deux commandements distincts: le 9e, qui défend de convoiter la femme du prochain et le 10e qui concerne les autres biens du prochain. Augustin fut le premier à distinguer ces deux commandements dans le verset 17.

La nouvelle classification ainsi opérée ne reconnaît que 3 commandements relatifs à Dieu, tandis que les 7 autres sont relatifs au prochain. Augustin voit en cela une raison de convenance, une manière d’évoquer plus clairement la Très Sainte Trinité, moyennant les trois premiers commandements.

Presque tous les théologiens chrétiens et les médiévistes adoptèrent cette troisième classification, qui s’imposa ensuite dans toute l’Église catholique.

Pour apprendre le catéchisme

A partir du XVIe s., quand les catéchismes commencèrent à se répandre, on entrevit la nécessité de fixer les 10 commandements dans la mémoire des gens, afin de faciliter l’examen de conscience préparatoire à la confession et de donner un stimulant à la vie spirituelle. Cependant, tels qu’ils étaient rédigés, ces commandements paraissaient quelque peu surannés, vu qu’ils se référaient à une époque où les Israélites observaient encore une morale primitive. Il n’y était pas tenu compte du progrès apporté à la révélation par la vie et les enseignements de Jésus.

Ainsi, par exemple, le Décalogue faisait mention d’autres dieux, parce qu’en ce temps-là, les Israélites croyaient qu’il existait réellement d’autres divinités pour les autres peuples; mais nous savons aujourd’hui qu’il n’y a qu’un Dieu pour toutes les religions. Il prohibait les images, alors que, dans le Nouveau Testament (Col 1,14), le Christ est présenté comme l’image du Dieu invisible et qu’il est donc permis aux chrétiens de se servir d’images pour exprimer leur foi. Il ordonnait de sanctifier le sabbat, tandis que les chrétiens célébraient le dimanche, considéré par eux comme je jour du salut, suite à la victoire remportée par le Christ sur la mort.

L’Église résolut donc d’élaborer un nouveau Décalogue pour le catéchisme, c’est-à-dire un Décalogue amélioré, grâce au perfectionnement apporté par le Christ à l’Ancien Testament. Elle avait déjà agi dans le même sens, en excluant de la vie chrétienne les sacrifices d’animaux, prescrits par l’Ancienne Loi, l’égorgement de brebis, la crémation de taurillons et la sanglante immolation d’agneaux, qui avaient lieu chaque jour au Temple.

Des commandements pour des chrétiens

Dans la nouvelle liste, le 1er commandement ne fit plus mention d’autres dieux et fut formulé d’une manière positive et plus parfaite: "Aimer Dieu par-dessus toutes choses".

Le 2e, concernant les images, fut supprimé; du reste, il allait dans le même sens que le précédent, vu qu’il visait à détourner du culte des idoles substituées à Dieu. Sa place fut occupée par le commandement suivant, qui défend de prononcer à faux le nom de Dieu.

Dans le 3e, relatif à l’obligation de sanctifier un jour de la semaine en mémoire du Seigneur, on se borna à modifier le jour. Le sabbat fut remplacé par le dimanche, qui évoquait la résurrection du Christ.

Le 6e réprouvait l’adultère, c’est-à-dire les relations avec une femme mariée: mais il ne formulait aucune défense concernant l’union avec une femme libre. L’Église lui donna une formulation plus profonde et plus exigeante, qui proscrivait la "fornication" ou, en d’autres termes, les relations avec n’importe quelle femme autre que l’épouse légitime.

Le 7e, "tu ne voleras pas", qui, dans la langue hébraïque, se réfère à la prise de possession d’une personne, revêtit un sens plus générique ("tu ne déroberas pas"), incluant toute espèce d’appropriation.

Le 8e ne faisait mention que du faux témoignage donné en présence de juges. On y ajouta la défense de "mentir", pour l’adapter à toutes les autres circonstances de la vie.

Enfin le 10e, qui interdisait de convoiter la femme du prochain et les autres biens appartenant à ce dernier, fut dédoublé comme suit: le 9e, se référant exclusivement à la femme et le 10e ayant trait aux autres biens du prochain.

C’est ainsi que l’Église remania et actualisa la liste des 10 commandements, afin de mettre ceux-ci au niveau de la nouvelle morale, la morale chrétienne. De ce fait, la liste des commandements établie par la Bible ne coïncide plus parfaitement avec celle que nous propose le catéchisme. Mais une question se pose: l’Église a-t-elle le droit de modifier les 10 commandements?

Le catéchisme des Israélites

Pour répondre à cette question, il est nécessaire de voir quelle fut, dans le peuple d’Israël, l’origine de ces 10 commandements. La Bible nous rapporte que Moïse les reçut sur le Sinaï et les présenta au peuple, au cours d’une cérémonie solennelle au pied de la montagne. Cependant, si nous les analysons avec soin, nous constatons qu’en réalité ils ne semblent pas correspondre au temps de Moïse, qui fut un temps de pérégrination à travers le désert et la vie nomade.

Quel sens peut avoir, par exemple, la défense de convoiter la "maison" du prochain, pour des gens qui, pèlerins à cette époque, ne logent pas encore dans des maisons, mais sous des tentes? Ce n’est qu’après leur installation en Terre Promise qu’ils bâtiront des maisons en matériau dur. Le commandement interdisant le faux témoignage suppose quant à lui l’existence de tribunaux, de juges et de procès légaux; chose impossible durant la traversée du désert. Et quand est imposé le repos du sabbat, il est précisé: "Tu ne travailleras pas, ni toi, ni ton fils, ni ton esclave, homme ou femme". Mais comment ces gens pouvaient-ils avoir des esclaves, alors qu’eux-mêmes étaient tous des esclaves, récemment sortis d’Égypte?

C’est ce qui a amené les biblistes à penser que les 10 commandements appartiennent plutôt à une époque postérieure à Moïse, celle où le peuple est déjà installé en terre de Canaan et possède une organisation incluant des normes morales et juridiques, adaptées à une époque plus moderne.

A un moment donné, face à l’abondance des lois et à la nécessité de disposer d’un court répertoire où figureraient les crimes les plus graves, de nature à mettre en danger la vie de la communauté, on se résolut à dresser une brève liste de ces derniers. Dans ce but, on chercha parmi les lois toutes celles qui incluaient la peine de mort, c’est-à-dire qui se terminaient par la formule suivante: "Ainsi tu feras disparaître le mal du milieu de toi".

Les péchés mortels

Si maintenant, consultant le livre du Deutéronome où se trouve l’ancienne législation, nous faisons nous aussi des recherches parmi les nombreuse lois qui y figurent, il nous est possible de découvrir avec précision celles d’où dériveraient les 10 commandements:

Dt 13,2-6: Si quelqu’un survient parmi vous et vous dit: "Allons suivre d’autres dieux", distincts de Yahvé, cet homme doit mourir. Ainsi tu feras disparaître le mal du milieu de toi. (Correspond au 1e commandement.)

Dt 17,2-7: Si un homme ou une femme va servir d’autres dieux et se prosterner devant eux, ou devant le soleil, la lune ou les étoiles, tu les lapideras jusqu’à ce que mort s’en suive. Ainsi tu feras disparaître le mal du milieu de toi. (Correspond au 2e commandement.)

Dt,8-13: Si quelqu’un ne se conforme pas à ce qui lui est demandé, suite à un jugement au cours duquel il s’est compromis en prenant le nom de Yahvé en vain, cet homme doit mourir. Ainsi tu feras disparaître le mal du milieu de toi. (Correspond au 3e commandement.)

Dt 21,18-21: Si un homme a un fils rebelle qui refuse d’obéir à ses parents, on lapidera le coupable, jusqu’à ce que mort s’en suive. Ainsi tu feras disparaître le mal du milieu de toi. (Correspond au 5e commandement.)

Dt 19,11-13: Si un homme en tue un autre, il devient homicide et doit mourir. Ainsi tu feras disparaître le mal du milieu de toi. (Correspond au 6e commandement).

Dt 22,13-21: Si une jeune fille épouse un homme et qu’il s’avère ensuite qu’elle n’est pas vierge, on la lapidera jusqu’à ce que mort s’en suive. Ainsi tu feras disparaître le mal du milieu de toi. (Correspond au 7e commandement.)

Dt 24, 7: Si un homme en enlève un autre, ce voleur doit mourir. Ainsi tu feras disparaître le mal du milieu de toi. (Correspond au 8e commandement.)

Dt 19,16- Si un témoin injuste se lève contre un homme et porte un faux témoignage, tu le mettras à mort. Ainsi tu feras disparaître le mal du milieu de toi. (Correspond au 9e commandement.)

Dt 22,22: Si l’on prend sur le fait un homme couchant avec une femme mariée, tous deux mourront. Ainsi tu feras disparaître le mal du milieu de toi. (Correspond au 10e commandement, plus tard dédoublé.)


De Moïse, mais non par Moïse

Les 10 commandements seraient un résumé destiné à faciliter la mémorisation des lois les plus importantes de la communauté, à savoir celles qui incluent la peine de mort pour un membre du clan, quel qu’il soit. En somme, on aurait ici la liste des "péchés mortels". On peut supposer qu’elle fut établie à l’époque des Juges, vers l’an 1100 av. J.-C., soit quelque 150 ans après la mort de Moïse.

Le seul de ces commandements qui n’apparaisse pas dans le Deutéronome, est celui qui a trait au repos du sabbat. C’est peut-être parce qu’anciennement, n’étant pas considéré comme matière suffisamment grave pour constituer un "péché mortel", il ne figurait pas dans la série des lois. Mais plus tard, à partir de l’exil, quand l’observance du sabbat devint un critère décisif de fidélité à Yahvé, on l’ajouta à la liste.

Avec le temps, cette liste prit une telle importance parmi les Hébreux, qu’on en vint à l’attribuer à Moïse. Déjà, en effet, on admettait comme certain le fait que Moïse avait été le législateur et l’organisateur de toute la vie légale du peuple. Dire que Moïse avait donné ces lois au Sinaï, c’était donc, d’une certaine façon, rendre justice à celui qui avait été le grand inspirateur de toute la législation d’Israël.

Dès lors, étant donné que le peuple d’Israël aurait adapté une série de commandements et aurait attribué ceux-ci à Moïse, l’Église, nouveau peuple d’Israël, réactualisa elle aussi ces 10 commandements, quand elle le jugea opportun pour la vie chrétienne de ses fidèles. Ce faisant, elle resta dans la ligne de la tradition biblique.

L’esprit du Décalogue

Tout ceci permettrait d’expliquer la brusque et mystérieuse interruption qu’on relève dans le récit de l’Exode, concernant les 10 commandements. "Moïse, est-il écrit, descendit de la montagne et dit..." (19,25). Aussitôt après, au lieu de la voix de Moïse, c’est celle de Dieu qui se fait entendre et qui promulgue les 10 commandements: "Alors Dieu prononça toutes ces paroles" (20,1). Cela signifierait que ce qui suit, (autrement dit, les 10 commandements donnés par Dieu à Moïse), ne faisait point partie du récit original et ne fut ajouté que plus tard en cet endroit du texte.

Ce qui importe en vérité c’est de mettre en pratique tout ce qu’enseigne le texte sacré: que l’homme n’adore que son Créateur, et qu’il ne cause pas de tort à son prochain, ni ne convoite ses biens.

De Yahvé à Jésus

Un jour, un jeune homme demande à Jésus ce qu’il doit faire pour assurer son salut (Mc 10,17-22). En guise de réponse, le Seigneur l’invite à garder les commandements, mais se borne à citer ceux qui traitent des rapports avec le prochain: "Tu ne tueras pas, tu ne voleras pas, tu ne mentiras pas..." Quand on sait l’importance primordiale que revêt, aux yeux des juifs, le 1e commandement qui ordonne de ne servir d’autre Dieu que Yahvé, on est assez surpris, dès l’abord, de constater que Jésus n’en fait pas mention.

Mais le dialogue se poursuit. Comme le jeune homme a observé les commandements depuis son enfance, Jésus l’invite à tout quitter et à le suivre, Lui. C’est ici que réapparaît le 1e commandement qui ordonne de ne servir d’autre Dieu que Yahvé.

L’ancienne exigence de servir Yahvé, à l’exclusion de tout autre dieu, Jésus se l’applique à lui-même. Nous avons là une interprétation du Îer commandement, toute nouvelle, révolutionnaire et inouïe, que seul, le Fils de Dieu peut légitimement donner. Suivre Jésus est donc, désormais, le nouveau Décalogue des chrétiens.

Très bon article de Don Ariel Alvarez Valdés
http://www.christusrex.org/www1/ofm/mag/TSmgfrB2.html
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MessagePosté le: 22/10/2014 23:00:39
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ase
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MessagePosté le: 22/10/2014 23:31:16
Les dix commandements (Exode 7:20) ont été recopiés du code babylonien du roi Hammourabi ?

Parmi les près de 613 lois du code mosaïque, les dix commandements sont sans aucun doute la partie la mieux connue du Livre Sacré. C'est la concision, la portée, la puissance des dix commandements qui les distinguent de tous les autres enseignements. Aucun document religieux n'a encore jamais exercé une aussi grande influence sur la vie morale et sociale de l'homme que le décalogue. Absolument sans défaut, négatifs dans leur expression mais positifs dans leur signification, ils occupent facilement la première place de tout notre système moral. Les dix commandements sont « le plus grand code moral abrégé jamais formulé ».

Il est intéressant de noter que l'expression « dix commandements » ne se rencontre pas dans la Bible. Celle-ci parle plutôt d'eux comme des « dix paroles» (Ex. 34: 28; Deut. 4: 13, Jé 10: 4). Dans la version des Septante, ils sont appelés les déka, ce qui signifie « dix », et logoï, ce qui signifie «paroles», mots qui nous donnent le nom décalogue pour les dix commandements. C'est à propos qu'il y en a dix, symbole de plénitude.

Pendant de nombreuses années, les dix commandements ont servi de cible aux critiques de la Bible. Certains pensent que « les Égyptiens possédaient un étalon de mœurs bien supérieur à celui du décalogue, et qui aurait été écrit plus de mille ans avant le décalogue ». Néanmoins, le fait est que les Égyptiens « ne furent jamais capables de renoncer au culte des animaux, de l'épurer de sa grossièreté, de cesser de ramper devant leurs rois, de mépriser les terreurs de la mort, d'imaginer en avoir fini dans la tombe avec les plaisirs de la chair ou de rejeter la magie ». Et toutes ces choses furent pratiquées jusqu'au dernier siècle avant l'ère commune.

D’autres ont essayé de rapprocher le code d'Hammourabi des 10 commandements, en disant que c’est dans ce code babylonien que les 10 Paroles puisaient leur origine, prétextant qu’il précède le décalogue de 150 à 250 ans. Quoique le code d'Hammourabi comprend près de trois cents lois et embrasse pratiquement toutes les phases de l'effort humain, il n'existe cependant aucune raison de conclure que le décalogue lui fut emprunté, parce que le décalogue insiste sur le côté religieux, alors que le code d'Hammourabi, insiste sur le côté profane.

Un éminent archéologue déclare: « une comparaison du code d'Hammourabi dans son ensemble et des lois du Pentateuque dans leur ensemble, tout en révélant certaines similitudes, convainc l'étudiant que les lois de l'Ancien Testament ne relèvent d'aucune manière importante des lois babyloniennes. Ces ressemblances qu'il y a viennent, cela paraît évident, d'une similarité d'antécédents et de perspective intellectuelle générale; les différences frappantes révèlent qu'il n'y a pas d'emprunt direct. (Archaeologie and the Bible. Barton).

D’autre part, l’adoration des images était courante en Babylonie, où le fidèle Abraham a été élevé. Les images étaient également d'un usage très répandu en Égypte où les descendants d'Abraham vécurent pendant plus de deux cents ans. Toutefois, quand YHWH (hébreu : YéHoWaH ou YéHWaH ) donna sa Loi aux fils d'Israël, il leur défendit catégoriquement d'adorer des images, cela dans le second des Dix Commandements.

http://hlybk.pagesperso-orange.fr/decalogue/moise/intro_com.htm


Le Code d'Hammourabi est considéré par beaucoup comme un modèle que Moïse a utilisé pour rédiger la Loi et les Dix commandements.
- Nous pouvons affirmer qu'il n'en est rien pour les raisons suivantes:
- Le code d'Hammourabi n'est pas un recueil de loi mais de jurisprudence.
- Les exemples de jurisprudence du Code reflètent la discrimination, les lois de Moïse interdisent un tel état d'esprit.
- Dans le Code, la femme est désavantagée, cela n'existe pas dans la loi de Moïse.

Je vous propose de comparer des situations semblables entre le Code d'Hammourabi et la Loi de Moïse:

- L'article n° 229 dit: Si un maçon construit une maison pour quelqu'un, mais s'il n'a pas renforcé son ouvrage et Si la maison qu'il a construite s'est effondrée et s'il a fait mourir le propriétaire de la maison, ce maçon sera tué.
- L'article n° 230 dit: Si c'est un enfant du propriétaire de la maison qu'il a fait mourir, on tuera un enfant de ce maçon.
La Bible dit en Deut. 24:16 [Les enfants ne seront pas mis à mort à cause des pères. Chacun sera mis à mort pour son propre péché] En cas d'accident mortel involontaire celui qui avait tué devait aller dans une ville de refuge pendant toute la vie du Grand Prêtre.
- Les articles n° 196.198 et 199 disent: Si quelqu'un a crevé l'oeil d'un homme libre, on lui crèvera l'oeil. (..) S'il a crevé l'oeil de l'esclave d'un muskenum, ou brisé l'os d'un muskenum, il pèsera 1 mine d'argent. S'il a crevé l'oeil de l'esclave d'un particulier, ou brisé l'os de l'esclave d'un particulier, il pèsera la moitie de son prix.
La Bible en Exode 21:26 dit: [Si un homme frappe l'oeil de son esclave mâle ou l'oeil de son esclave femelle s'il l'abîme réellement, il le renverra libre, en compensation de son oeil. ] En Babylonie la loi s'appliquait de façon différente en fonction de la position sociale de la personne.
- L'article n° 25 dit: Si le feu a pris dans la maison d'un homme et Si quelqu'un qui était venu pour éteindre a levé les yeux sur un bien du maître de maison et s'il a pris un meuble du maître de maison cet homme sera jeté dans ce feu.
La Bible déclare en Ex. 22:1 et 22:4: [Si un homme vole un taureau ou un mouton, Si vraiment il l'abat ou le vend il compensera par cinq (têtes) de gros bétail pour le taureau et par quatre de petit bétail pour le mouton (.) Si ce qui a été volé est réellement en sa main, vivant du taureau, de l'âne et au mouton, il compensera au double.]
- Le code d'Hammourabi article 209 à 214 dit: Si quelqu'un a frappé la fille d'un homme libre et s'il lui a fait expulser le fruit de son sein, il pèsera 10 sicles d'argent pour le fruit de son sein. Si cette femme est morte, o tuera sa fille. Si c'est à une fille de muskenum que, à la suite d'un coup, il a fait expulser le fruit de son sein, il pèsera 5 sicles d'argent. Si cette femme est morte, il pèsera une demi-mine d'argent. Si c'est une esclave de particulier qu'il a frappé et qui a fait expulser le fruit de son sein, il pèsera 2 sicles d'argent. Si cette esclave est morte, il pèsera un tiers de mine d'argent.
La Bible déclare de son côté en Lévitique 24:17: [Et si un homme frappe à mort une âme humaine quelle qu'elle soit, il doit absolument être mis à mort.]

Quelle différence entre la Bible et le code d'Hammurabi! Selon le roi, pour un meurtre, la peine est différente selon la classe sociale de la victime, et dans le pire des cas c'est la fille du meurtrier qui est tuée alors qu'elle est innocente. Quelle iniquité! Mais n'est-ce pas le cas dans certaines circonstances, si les appuis politiques ou la fortune permettent de payer un avocat célèbre et talentueux, les peines ne sont pas les mêmes que pour celui qui est sans ressources.

Nous pouvons constater par ces quelques exemples que Moïse n'a pu s'inspirer du code d'Hammurabi, la loi donnée à Moîse est plus juste et possède même une qualité qu'aucune loi ou code humain ne possède, elle donne des prescriptions qui touchent même les désirs. A ce sujet lisons Exode 20:17, il y est dit: [Tu ne dois pas désirer la maison de ton semblable. Tu ne dois pas désirer la femme de ton semblable, ni son esclave femelle, ni son taureau, ni son âne, ni rien de ce qui appartient a ton semblable.]

http://ydrat.free.fr/Code_Ham.htm
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ase
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MessagePosté le: 23/10/2014 06:00:07
Les deux premiers commandements sont proclamés sous forme d'oracle divin, ce qui indique une cérémonie liturgique.
Ils sont fondamentaux (monothéisme et interdiction des images).
Ils établissent la relation de base entre Yahweh et son peuple et définissent l'appartenance exclusive du peuple a Yahweh.

Les six derniers commandements sont d'ordre moral et social.
Ils décrivent les relations entre les membres de l'alliance.
Le quatrième et le dixième commandement présupposent une société déjà fortement sédentarisée, qui possède des boeufs et des bêtes de somme, ainsi que des champs; elle habite des villes.
Le neuvième commandement présuppose une institution judiciaire assez développée, ou les anciens exercent les fonctions de juge et où l'on écoute des témoins.

Il est intéressant de remarquer que le Décalogue ne se préoccupe ni de dîmes, ni de sacrifices, ni d'holocaustes, ni des fêtes de l'année. Le Décalogue ne crée pas une religion rituelle, mais une relation personnelle avec Yahweh.

Sections "tu" et sections "vous" dans le Deuteronome de Georges Minette de Tillesse (Vetus Testamentum, Vol. 12, Fasc. 1, Jan., 1962)
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ase
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MessagePosté le: 23/10/2014 07:15:19
Une origine/inspiration égyptienne : la confession négative ?

Le Décalogue, ou Dix Commandements, est un ensemble d'instructions morales et religieuses d'origine divine reçues par Moïse, et transmises au peuple juif. Ces instructions sont données dans le livre de l'Exode (Ex 20:2-17), le second livre de la Bible. Certains de ces commandements semblent directement inspirés du Livre des morts des anciens égyptiens, appelé aussi Sortir au jour.

Le Livre des morts est une description de la vie après la mort. C'est surtout une liste d'instructions pour permettre au mort de passer à travers des obstacles dans l'au-delà, afin d'accéder à la vie éternelle dans le royaume d'Osiris.
Le chapitre 125 (CXXV), ou Entrée dans la salle du Droit et de la Vérité, énumère la liste des péchés que le mort doit dire devant Osiris. Le mort confesse ces péchés de façon négative, qu'il les ait commis ou non. Cette confession sépare le mort de ses péchés et le purifie.

D'un point de vue chronologique, l'Exode raconte la sortie d'Égypte des Hébreux sous la conduite de Moïse vers 1300 av. J.C. Le Livre des morts en tant que tel apparaît vers 1500 av. J.C. Mais, les textes qui le constituent, recouvrent des sarcophages depuis environ 2000 av. J.C. Il y a bien antériorité du texte égyptien sur celui de la bible.

http://mcorne.blogspot.fr/2009/03/le-decalogue-inspire-du-livre-des-morts.h…


La confession proprement dite dans l'exemple du papyrus d'Ani :

Dans le papyrus d’Ani, la scène de la confession négative s’accompagne de la représentation des quarante-deux juges et des paroles que doit tenir l’âme du défunt. On note aussi la représentation des dieux à son écoute pendant sa prise de parole. L’importance de ces écrits traverse leurs illustrations, essentielle pour le défunt qui est guidé par ces mots.
Cette confession se passe en deux temps : la première devant le tribunal des dieux qui observe la pesée de l’âme selon des paroles très codifiées :

Salut à toi, grand dieu, maître des deux Maât !
Je suis venu vers toi, ô mon maître, ayant été amené pour voir ta perfection.
Je te connais et je connais le nom des quarante-deux dieux qui sont avec toi dans cette salle des deux Maât, qui vivent de la garde des péchés et s’abreuvent de leur sang le jour de l’évaluation des qualités (…)
Voici que je suis venu vers toi et que je t’ai apporté ce qui est équitable, j’ai chassé pour toi l’iniquité.
Je n’ai pas commis l’iniquité entre les hommes.
Je n’ai pas maltraité les gens.
Je n’ai pas commis de péchés dans la Place de Vérité.
Je n’ai pas cherché à connaître ce qui n’est pas à connaître.
Je n’ai pas fait le mal.
Je n’ai pas commencé de journée ayant reçu une commission de la part des gens qui devaient travailler pour moi, et mon nom n’est pas parvenu aux fonctions d’un chef d’esclaves.
Je n’ai pas blasphémé Dieu.
Je n’ai pas appauvri un pauvre dans ses biens.
Je n’ai pas fait ce qui est abominable aux dieux.
Je n’ai pas desservi un esclave auprès de son maître.
Je n’ai pas affligé.
Je n’ai pas affamé.
Je n’ai pas fait pleurer.
Je n’ai pas tué.
Je n’ai pas ordonné de tuer.
Je n’ai fait de peine à personne.
Je n’ai pas amoindri les offrandes alimentaires dans les temples.
Je n’ai pas souillé les pains des dieux.
Je n’ai pas volé les galettes des bienheureux.
Je n’ai pas été pédéraste.
Je n’ai pas forniqué dans les lieux saints du dieu de ma ville.
Je n’ai pas retranché au boisseau.
Je n’ai pas amoindri l’aroure.
Je n’ai pas triché sur les terrains.
Je n’ai pas ajouté au poids de la balance.
Je n’ai pas faussé le peson de la balance.
Je n’ai pas ôté le lait de la bouche des petits enfants.
Je n’ai pas privé le petit bétail de ses herbages.
Je n’ai pas piégé d’oiseaux des roselières des dieux.
Je n’ai pas péché de poissons de leurs lagunes.
Je n’ai pas retenu l’eau dans sa maison.
Je n’ai pas opposé une digue à une eau courante.
Je n’ai pas éteint un feu dans son ardeur.
Je n’ai pas omis les jours à offrandes de viande.
Je n’ai pas détourné le bétail du repas du dieu.
Je ne me suis pas opposé à un dieu dans ses sorties en procession.
Je suis pur, je suis pur, je suis pur, je suis pur !
Ma pureté est la pureté de ce grand phénix qui est à Héracléopolis, car je suis bien ce nez même du Maître des souffles, qui fait vivre tous les hommes (…)
Il ne m’arrivera pas de mal en ce pays, dans cette salle des deux Maât, car je connais le nom des dieux qui s’y trouvent.

Et dans un second temps devant les juges du tribunal :

1. Hail, Usekh – nemmet, sortant de Anu(Heliopolis), je n’ai pas fait iniquité.
2. Hail, Heprshet, venant de Kher-aha de la grande ville entre Fostat et Matariyah), je n’ai pas commis de vol qualifié.
3. Hail, Ferrus, sortant vient de Khemenu (hermopolis), je n’ai pas volé avec violence.
4. Hail, Am-khitabu, venant de Qerrt “(le cercle – peut-être une place dans l’autre monde), je n’ai pas commis de vol.
5. Je vous salue, Neha-hau. Revenant en arrière du Re-stau(une région de l’autre monde de Memphis), je n’ai pas tué hommes.
6. Hail, Dieu Lion et déesse lionne, qui vient du ciel, je n’ai pas fait allumer le boisseau de maïs.
7. Hail, Merti-f-em-tes, en venant de Sekhem(Letopolis), je n’ai pas agi frauduleusement.
8. Hail, Lone, sortant de Khetkhet, je n’ai pas volé la propriété de Dieu.
9. Hail, Set-qesu, sortant de Suten-henen(Herakleopolis), je n’ai pas prononcé de mensonge.
10. Hail Uatch-Nesert, sortant de Het-ka-Ptah(Memphis), je n’ai pas volé de nourriture.
11. Salut, Qerti, sortant d’Ament, je n’ai pas maudit.
12. Hail, faire-abehu, sortant de Ta-he(Fayyum), je n’ai pas attaqué n’importe quel homme.
13. Hail, Am-senf, sortant de l’abattoir, je n’ai pas tué le bétail du Dieu.
14. Hail, Am besek, sortant de Mabit, je n’ai pas utilisé de tromperie
15. Hail, Neb-Maât, sortant de Maati, je n’ai pas volé de grain.
16. Hail, Thenemi, venant de Bast (Bubastis), je n’ai pas espionné.
17. Hail, Asti (ou Anti), sortant de Anu, je n’ai pas calomnié.
18. Salut, Tutu-f, sortant d’Ati[?], je n’ai pas été en colère sans motif.
19.Hail, Uamenti, sortant de la maison, je n’ai pas couché avec une autre femme.
20. Hail Maa-OMM, sortant par le Per-Menu, je ne me suis pas fait de mal.
21. Hail, Her-seru, sortant de Nehatu, je n’ai fait peu à aucun homme.
22. Hail, Abdelkader, sortant d’Ahaui, je n’ai attaqué aucun homme.
23. Hail, Shetkheru, sortant d’Urit, je n’ai pas été un homme de la colère.
24. Hail, Nekhen, sortant de la HQE-au, je n’ai pas été sourd à l’expression de la vérité.
25. Hail, Ser-Kheru, sortant d’Unes, je n’ai pas provoqué de lutte.
26. Hail, Basti, venant de Shetait, je n’ai causé de peine à personne.
27. Hail, Her-f-ha-f, (qui était le passeur de l’autre monde. Il aimait ruth et haï de péché et à cause de son intégrité, est devenu un chef de file des dieux), sortant de la place de la voile, j’ai agi je n’ai pas agi de façon impure, ni couché avec des hommes.
28. Hail, Ta-re, qui sortent la nuit, je n’ai pas mangé mon cœur.
29. Hail, Kenemti, sortant de Kenmet, je n’ai pas maudit n’importe quel homme.
30. Je vous salue, An-hetep-f, sortant de Sau, je n’ai pas accompli d’actes de violence.
31. Hail, Nebheru, sortant de Tchefet, je n’ai pas agi précipitamment.
32. Je vous salue, Serekhi, sortant forment Unth, je n’ai pas [?] ma peau, je n’ai pas [?] le Dieu.
33. Hail, ONÉ-Benoît, sortant de Sauti, je n’ai pas haussé la voix en parlant.
34. Hail, Nefer-Tem, sortant de Het-ka-Ptah (Memphis), je n’ai pas agi frauduleusement, je n’ai pas agi méchamment.
35. Hail, Tem-sep, sortant de Tetu, je n’ai pas maudit le roi.
36. Hail, Ari-em-ab-f, sortant de Tebti, je n’ai pas pollué l’eau.
37. Hail, Ahi [?], sortant de Nu, je n’ai pas élevé la voix.
38. Hail, TUT-rekhit, venant de l’avant de leur maison, je n’ai pas contraint de Dieu.
39. Je vous salue, Neheb,-nefert, sortant de [?], je n’ai pas agi insolemment.
40. Je vous salue, Neheb-kau, venant de l’arrière de la ville, je ne travaille pas pour les honneurs.
41. Hail, Tcheser-tep, sortant de la carven, je n’ai pas augmenté mes biens sauf par le biais de mes propres biens.
42. Je vous salue, An-a à f, venant de l’avant d’Auker, je n’ai pas traité avec mépris le Dieu de ma ville.

La confession négative demeure un rite initiatique, une ligne de conduite qui marquent la vie du « bien heureux » qui ne porte pas préjudice à l’ordre social primordial.
La puissance des textes antiques apparaît dans l’objectif même de leur existence : vaincre la mort.
Cette immortalité est parallèle avec le lien que l’âme et les dieux entretiennent. Cette relation privilégiée avec le dieu ré-apparaît plus tard dans les religions monothéistes et notamment le Judaïsme.

http://lelivredesmorts.wordpress.com/2013/04/15/la-confession-negative/


Une autre traduction de cette confession ou déclaration d'innocence (par Paul Barguet, 1967) :

Il faut savoir que le plus grand désir de tout Egyptien de ces temps anciens consistait à figurer parmi les privilégiés admis dans l'entourage du dieu solaire Rê, formant sa cour, recevant ses bienfaits. Et pour plus certainement accréditer cette volonté, il n’avait de cesse, dans sa vie post-mortem, de s’identifier au dieu lui-même, - c’est ce que l’on appelle la solarisation du défunt -, d’être constamment, la nuit comme le jour, susceptible de profiter de sa lumière, de son rayonnement roboratif; de sorte que, conséquemment, il pouvait recouvrer la vie en même temps que différentes composantes de sa personnalité, mais aussi, et c’est loin d’être négligeable, l’intégralité de ses fonctions.
Mais préalablement, il avait été convié à se présenter dans le monde souterrain où l’attendait le fameux jugement en présence d’Osiris, dieu des morts.
Lors de ce passage dans la "Salle des deux Maât", devant les 42 "juges", le défunt prononçait la fameuse confession qui, je le souligne, ne consiste nullement en un aveu de fautes personnelles, mais énumère de manière très rituelle, en une sorte de litanie, les actions mauvaises qu’il s’est bien gardé de commettre ici-bas, les interdits qu'il n'a pas enfreints.
Ce qui, a contrario, nous précise les limites que s’imposait la morale égyptienne.

Cette déclaration faite, le mort était automatiquement absous de ses péchés : c’est la raison pour laquelle les deux plateaux de la balance, tant celui qui portait le coeur (sa conscience) que celui qui contenait une statuette de Maât, voire une simple plume caractérisant cette déesse de la Vérité-Justice, se trouvaient au même niveau : indépendamment des paroles prononcées par le défunt, la force magique de l’image ne pouvait que déboucher sur un jugement favorable lui permettant d’être déclaré "justifié", "juste de voix", juste devant ce Tribunal des dieux.
Toutefois, et si d'aventure, les mauvaises actions du défunt avaient été plus lourdes que la plume de Maât, il était prévu que son coeur soit jeté en pâture à la "Dévoreuse", monstre hybride guettant avidement cet éventuel moment.

Si l’on se réfère à Diodore de Sicile qui affirme qu’en Egypte, avant d’avoir droit à une sépulture, tout défunt aurait préalablement été jugé sur terre par les siens, par ses voisins, par les autres habitants de son village ou de sa ville, on comprend aisément le côté rituel et purement formel du tribunal osirien, reflet d’une décision terrestre bien réelle dans la mesure où le mort est déjà considéré comme pur, comme justifié en arrivant dans l’Au-delà.

Cette "confession négative" se divise en réalité en deux parties :
- la 125 B qui n'est en fait qu'une reprise de la première "confession", 125 A, mais dont chaque phrase est précédée du nom d'une divinité : Ô Ousekh-nemtout, qui sors à Héliopolis, je n’ai pas commis l’iniquité entre les hommes, etc.
- la 125 A, que voici :
Salut à toi, grand dieu, maître des deux Maât ! Je suis venu vers toi, ô mon maître, ayant été amené pour voir ta perfection.
Je te connais et je connais le nom des quarante-deux dieux qui sont avec toi dans cette salle des deux Maât, qui vivent de la garde des péchés et s’abreuvent de leur sang le jour de l’évaluation des qualités (...)
Voici que je suis venu vers toi et que je t’ai apporté ce qui est équitable, j’ai chassé pour toi l’iniquité.
Je n’ai pas commis l’iniquité entre les hommes.
Je n’ai pas maltraité les gens.
Je n’ai pas commis de péchés dans la Place de Vérité.
Je n’ai pas cherché à connaître ce qui n’est pas à connaître.
Je n’ai pas fait le mal.
Je n’ai pas commencé de journée ayant reçu une commission de la part des gens qui devaient travailler pour moi, et mon nom n’est pas parvenu aux fonctions d’un chef d’esclaves.
Je n’ai pas blasphémé Dieu.
Je n’ai pas appauvri un pauvre dans ses biens.
Je n’ai pas fait ce qui est abominable aux dieux.
Je n’ai pas desservi un esclave auprès de son maître.
Je n’ai pas affligé.
Je n’ai pas affamé.
Je n’ai pas fait pleurer.
Je n’ai pas tué.
Je n’ai pas ordonné de tuer.
Je n’ai fait de peine à personne.
Je n’ai pas amoindri les offrandes alimentaires dans les temples.
Je n’ai pas souillé les pains des dieux.
Je n’ai pas volé les galettes des bienheureux.
Je n’ai pas été pédéraste.
Je n’ai pas forniqué dans les lieux saints du dieu de ma ville.
Je n’ai pas retranché au boisseau.
Je n’ai pas amoindri l’aroure.
Je n’ai pas triché sur les terrains.
Je n’ai pas ajouté au poids de la balance.
Je n’ai pas faussé le peson de la balance.
Je n’ai pas ôté le lait de la bouche des petits enfants.
Je n’ai pas privé le petit bétail de ses herbages.
Je n’ai pas piégé d’oiseaux des roselières des dieux.
Je n’ai pas péché de poissons de leurs lagunes.
Je n’ai pas retenu l’eau dans sa maison.
Je n’ai pas opposé une digue à une eau courante.
Je n’ai pas éteint un feu dans son ardeur.
Je n’ai pas omis les jours à offrandes de viande.
Je n’ai pas détourné le bétail du repas du dieu.
Je ne me suis pas opposé à un dieu dans ses sorties en procession.
Je suis pur, je suis pur, je suis pur, je suis pur !
Ma pureté est la pureté de ce grand phénix qui est à Héracléopolis, car je suis bien ce nez même du Maître des souffles, qui fait vivre tous les hommes (...)
Il ne m’arrivera pas de mal en ce pays, dans cette salle des deux Maât, car je connais le nom des dieux qui s’y trouvent.

http://egyptomusee.over-blog.com/article-27115475.html

Y voit-on une « continuité » entre cette confession négative et les dix commandements que Dieu fait à Moïse ?
La transformation de la négation en ordre réinstalle-t-elle le paradigme religieux dans une autre aire chronoculturelle ?
_________________
Nous vivons à une époque où il est possible de démontrer que la mort n'existe pas. Une croyance ? Non juste un fait scientifique.
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ase
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MessagePosté le: 23/10/2014 07:16:55
Sur la confession négative et le sens caché de l'initiation

La « Confession négative » se dit de la proclamation d’innocence que récite le défunt devant le tribunal d’Osiris, pour justifier l’irréprochabilité de sa conduite durant sa vie. Cet énoncé des fautes qu’il se défend d’avoir commis contient la description la plus parfaite d’une âme vertueuse qui mérite le salut.
On y trouve des paroles aussi touchantes que : « Je n’ai pas fait punir un serviteur par son maître… Je n’ai fait pleurer
personne… Je n’ai causé de peur à personne… Je n’ai pas mis mon nom en avant pour les honneurs… Je n’ai pas rendu ma voix hautaine… Je ne me suis pas rendu sourd à des paroles justes et vraies… »
D’après ce discours, l’homme ne sera justifié et ne gagnera la félicité éternelle que s’il peut affirmer, avec véracité, ne s’être jamais permis la moindre indélicatesse envers qui que ce soit et n’avoir jamais commis aucun écart envers la vérité et la justice. Ce passage du Livre des morts égyptien nous transmet la plus ancienne conception du bien de l’histoire humaine qui nous soit parvenue ; elle apparaît déjà avec une pureté irréprochable.
Simone Weil citait ce texte en témoignage d’une civilisation non souillée d’impérialisme, comme on n’en imagine même plus la possibilité.

Mais cette même « Confession négative » a laissé perplexe plus d’un lecteur, car d’après ce texte, le salut éternel requiert une irréprochabilité absolue qu’il ne semble pas réaliste d’exiger d’un être humain.
Et comme le mensonge paraît exclu devant Osiris, le « Seigneur de Vérité », les commentateurs sceptiques ont recouru à la facilité consistant à prêter aux anciens Égyptiens une mentalité superstitieuse, puisqu’ils devaient croire qu’il suffirait de dire rituellement les choses pour qu’elles deviennent telles. Selon cette interprétation, le défunt n’avait qu’à réciter les formules et répéter : « Je suis pur », pour se blanchir devant un Osiris naïf ou magnanime.

Par ailleurs, la « Confession négative » qui contient des formules admirables en comporte d’autres qui ont prêté à sourire. On a
cru voir de grotesques tabous religieux en lisant que le défunt se défendait de n’avoir ni «volé la nourriture des dieux », ni «écouté aux portes », ni « pêché des poissons avec des cadavres de poissons », ni « obstrué les eaux qui doivent couler », ni « coupé les barrages sur les eaux », ni « éteint un feu », ni « empêché un dieu de se manifester »…
Si l’on prend à la lettre ces formules (– dont la véritable signification sera donnée dans la suite de cet ouvrage –), l’image des anciens Égyptiens retombe dans le schéma d’un peuple crédule, naïf et superstitieux.
En considérant l’impression bien plus délirante que laisse la lecture des autres chapitres du Livre des morts, on se trouve en présence d’une véritable contradiction : la naïveté et l’incohérence apparentes de ces écrits est-elle conciliable avec l’idée d’une civilisation égyptienne mûre, sage, et à certains égards supérieure à la nôtre ?
Est-il possible que des préceptes d’une indiscutable élévation puissent cohabiter avec de puériles superstitions ? La réponse à cette question dépend de l’attitude que l’on adopte.
On peut traiter de haut l’ancienne Égypte en se gaussant de la supériorité de l’intellectualité moderne ou, à l’inverse, chercher à
comprendre le message que cette civilisation aurait pu nous léguer. La puissance évocatoire que déploie le texte, susceptible d’appeler un lecteur réceptif à son propre dépassement, vient à l’appui de cette seconde option.

L’impression de l’indéniable qualité morale qu’inspirent les versets de la «Confession négative», au lieu d’être cassée par l’incompréhension de ses formules, se confirme lorsqu’on les entend à un autre niveau.
Ainsi, l’expression «voler la nourriture des dieux » ne signifie pas chaparder les offrandes rituelles dans les temples, mais dégrader à des fins égoïstes l’énergie spirituelle que l’on devrait consacrer chaque jour à sa propre élévation.
La « pollution des eaux » désigne la responsabilité que l’on encourt pour chaque émission de pensées ou de sentiments négatifs.
« Pêcher des poissons avec des cadavres de poissons » indique la corruption des idées de nature supérieure lorsqu’un mental non purifié tente de se les approprier.
« Écouter aux portes » – sous-entendu, du temple – ou « chercher à savoir ce qu’il n’y a pas lieu de savoir » veut dire prétendre
forcer dangereusement l’accès à un degré de savoir initiatique que n’autorise pas – ou pas encore – la qualification du prétendant. L’eau qui coule et le feu qui brûle font allusion à la régénération par le baptême de l’eau et de l’esprit.
Enfin, la manifestation du dieu évoque la phase d’initiation durant laquelle l’être entre en contact avec la partie divine qui est en lui ;
« empêcher un dieu de sortir en procession », c’est faillir aux conditions de pureté requises pour passer cette étape dite de l’« illumination ».

Pour reconnaître quelque crédibilité au génie des anciens Égyptiens, il faut admettre qu’ils n’étaient ni plus crédules ni plus stupides que nos contemporains. Les représentations de leurs dieux relèvent d’un symbolisme qui ne traduit aucunement la naïveté qu’on leur a supposée. Et c’est attribuer à ce peuple et à ses guides une mentalité bien puérile que de leur prêter la croyance selon laquelle il suffirait de nier rituellement ses péchés pour les effacer.

Les conditions exigées pour le salut de l’âme n’étaient pas moindres en Égypte que dans les religions actuelles, et pas plus qu’ailleurs on ne se tirait d’affaire par un mensonge consacré. En fait, le texte de la « Confession négative » ne commence à se clarifier
que lorsqu’on admet pour explication que le défunt reconnu justifié pour sa pureté sans tache n’est pas un homme ordinaire, mais un initié aux mystères des anciens temples dont le Livre des morts décrit le parcours.
La clef de ces écrits en apparence obscurs tient donc dans la notion essentielle d’initiation. Lorsqu’on approfondit dans cette optique
le sens ésotérique des écrits, le Livre des morts s’avère riche en enseignements, car il renferme un fonds hermétique inépuisable.

http://www.editions-dangles.fr/bibliotheque/documents/9782703305156.pdf


Bien.
Est-ce que cet examen de conscience égyptien pourrait réellement être rapproché du décalogue ?


PS : à ma connaissance le plus ancien rapprochement entre décalogue et confession négative date de 1889 ! Il se trouve dans The Value of Egyptological Study de F. C. H. Wendel paru dans The Old and New Testament Student, Vol. 9, No. 5 (Nov., 1889)
_________________
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