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Le personnage de Marie Madeleine

 
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ase
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MessagePosté le: 20/05/2012 13:19:56
Les propos qui suivent sont ceux que j'ai écrit il y a quelques années en arrière, en 2008, sur un autre forum ici : RLC et concernent l'évangile de Marie Madeleine (MM), j'ai re-adapté la forme afin que le lecteur de NNSPS puisse suivre.

Le riche Evangile de Marie, daté pour certains de 150 après l'an 0, permet d'illustrer un rapport entre gnose et christianisme. On peut essayer, à partir de celui-ci, 1) de défendre la thèse que le Christianisme est bien une branche de la Gnose, et 2) d'illustrer en quoi le "Christianisme est bien né de l'imagination d'une femme" (il ne faut pas prendre le mot imagination dans un sens péjoratif, ce terme sera éclairci par la suite). Pour se faire, on peut se servir du livre de Jean-Yves Leloup L’évangile de Marie. Concernant Jean-Yves Leloup, on peut citer, pour mieux le connaître, d'autres de ses livres a) Tout est pur pour celui qui est pur, b) L'absurde et la grâce, c) Paroles du mont Athos, d) l’évangile de Thomas, etc. il y expose dans chacun sa vision de la sagesse, de la communion des êtres, de l'amour, selon une interprétation qui se veut gnostique. Je ne suis pas entièrement d'accord avec Leloup, mes points de divergence ont étés exprimés sur cet autre forum, ici je me concentrait plus spécifiquement sur le personnage de Marie Madeleine.


Petite introduction :

Les découvertes de la bibliothèque de Nag-Hammadi ont permis d’élargir et d’enrichir les données du Christianisme primitif. On a ainsi pu avoir connaissance de quelques aspects autrefois occultés et profanés. Les évangiles découverts en 1945, écrits en langue copte sahidique, sont attribués pour la plupart à des disciples ayant connu Yeshoua (Jésus), le rabbi galiléen. Son rôle d’Enseignant, de Prophète, de Sage y est très marqué, on à accès à ses échanges, plus intimes, lors de ce qui est communément appelé une relation maître-disciple qu'il entretenait avec ces disciples. Dans certains extraits, on y lit également qu'on le considérait en tant que "Sauveur Universel".

Parmi ces évangiles apocryphes, il y a celui de l’évangile de Marie, attribué à Myriam de Magdala. Dans les Évangiles, cette dernière fût le premier témoin de la Résurrection (Marc 16:9, Jean 20:18 ), l’amie intime de Yeshoua (Jean 11:5 ), l’ « initiée » qui transmet les messages les plus subtils du maître. Il s'agit donc d'un personnage clef.
Michel Tardieu dira « qu’elle est la confidente ultime de Jésus et la révélatrice des loggia du Maître ». L’apôtre Jean va même jusqu’à dire qu’elle fut la fondatrice du Christianisme. Nous savons en effet que Yeshoua n’a jamais crée d’église, le terme "église" n'existant pas en araméen langue avec laquelle Jésus enseignait, de plus pour mettre les points sur les i, Jésus n’est fondateur d’« aucun-isme ». On retient de ces lectures apocryphes que Yeshoua est un Annonciateur, un Témoin vivant. Pour reprendre les propos de Jean Yves Leloup, il est « le dire de l’Autre dans les dits de l’Etant ». C'est très subtil... mais retenons plus simplement qu'en tant que maître spirituel, les orientaux disent un guru, un rabbi, un maître enseigne ce qu'il est, dans le cas de Yeshua, on peut donc supposer qu'il enseignait ce qu'il est, à savoir le Royaume des Cieux.


L'évangile de Marie :

L’évangile de Marie est le premier traité du papyrus de Berlin. Il proviendrait d’Achmin. D’après Carl Shmidt, il fut recopié au début du Vème siècle, il confirme l’existence d’un fragment grec (le papyrus Rylands 463 ) plus antérieur qui correspond avec ce texte copte. Ce dernier proviendrait d’Oxyrhynque et est daté du IIIème siècle. Cependant, on estime que la rédaction de celui-ci aurait été faite durant le IIème siècle, et certains comme W.C Till l’estime aux alentours de l’an 150 après Jésus-Christ.
On peut donc penser qu'on se trouve face à un des textes fondateurs du Christianisme.

Il existe également deux autres écrits qu’on attribue à Myriam Magdala :
- les « Questions de Marie »
- la « Naissance de Marie »

Les « Questions de Marie » ne sont connues que par les citations qu’en donne Epiphane (Panarion XXVI, 8 ). Une reprise dualiste et ascétique de ces « Questions » est développée dans un ouvrage copte de la British Librairy, Additional 5114, et qui depuis le 18ème siècle est connu sous le nom de Pistis Sophia.
La nature de cet enseignement transmis tient compte d’une connaissance orientale dont nous, occidentaux, sommes que très peu au courant, là où nous pensons anthropologie dualiste, il faut y voir anthropologie quaternelle, là où nous voyons une métaphysique de l’être il faut y voir une métaphysique de l’Imaginal. Cette richesse qui habitait le climat coutumier des premiers chrétiens est absente des nombreux cours universitaires et traités théologiques, cependant ce climat commence à être retrouvé par les exégètes et spécialistes.

Jean-Yves Leloup nous dit que cet enseignement ne se réduit pas au dilemme de la pensée et de l’étendue (chère à Descartes), ni au schéma d’une cosmologie particulière où d’une gnoséologie limitée au monde empirique ou encore au monde de l’entendement abstrait, mais que cet enseignement prend son sens dans un monde ontologique, réel, celui de la Représentation, de l’Image, où les facultés de la perception de l’intention sensible et de la conscience noétique ont accès. Faculté de la puissance imaginative, qu’il ne faut pas confondre avec l’imagination fantaisiste et infantile qui n’est que source de sécrétion de l’imaginaire. Par conséquent, il s’agit d’un champ peu exploré par les philosophies qui oscillent entre les métaphysiques de l’Etre et celles de l’Altérité et pour qui la pensée est créatrice de concepts. Dans le Noùs de l’évangile de Marie, il est question d’ « Imagination créatrice » (et non de pensées créatrices) dont Marie Madeleine nous partage son expérience, et où la symbolique associée ne se comprend que par la non-pensée.


La Connaissance de Marie :

On a à tort considérer que Marie Madeleine était une pécheresse. Myriam de Magdala est en réalité une femme qui a accès à la Connaissance. Une femme qui ne se conforme pas aux lois d’une société où la connaissance est affaire d’hommes et où les femmes n’ont pas le droit d’étudier les secrets de la Thora ni d’interroger les chiffres clairs et obscurs de ses lettres carrées.
On a considéré qu’elle s’appropriait l’enseignement de Jésus, alors qu’elle ne faisait qu’être une disciple éclairée qui a su comprendre l’enseignement de Yeshoua, qui à son tour a su s’éveiller aux mystères du divin, au Royaume des Cieux/Ciels.

En effet, elle « voit », elle « contemple » le Ressuscité. Cette contemplation n’est pas accessible aux yeux de la chair, ni aux yeux de la psyché (« âme »), il ne s’agit pas non plus d’une hallucination, ni un fantasme lié à quelques excitations sensibles, psychiques ou encore mentales, il ne s’agit pas non plus d’une vision pneumatique ou spirituelle. L’évangile de Marie nous dit qu’il s’agit d’une vision par le « noùs ». Le noùs n’est pas bien compris par nos anthropologues, il s’agit pour rester simple de l’ « essence de l’âme », il s’agit d’une connaissance relié à l’ « Imaginal », ce point est développé par Henry Corbin pour ceux à qui ça intéresse.

Les disciples s’offusquaient car elle jouait aux initiées « que celui qui a des oreilles pour entendre entende », ce qui est compréhensible puisque dans une telle société dogmatique, société juive, patriarcale, la connaissance prophétique/médiumnique n’était pas le propre des femmes. Les disciples qui la critiquaient n’avaient pas compris qu’elle se trouvait en présence d’intelligences non préparées, plus ou moins bornées, et prenant pour réel ce qu’elles tiennent dans le champ clos de leurs perceptions. Son lâcher prise et détachement total non compris des disciples, lui donnait une dimension péjorative d’initiatrice et ainsi occultait sa connaissance et sa dimension prophétique.

Point commun avec les Évangiles, Dieu est Vivant et Amour, Il est source de Béatitudes qui se communiquent. Cependant, on apprend que l’intermédiaire entre l’humain et Dieu, entre le visible et l’invisible est le Noùs Imaginal, celui-ci pouvant s’activer selon Marie Madeleine; il n'y a qu'un pas à associer ce même Noùs qui s’active lors de « l’imagination visionnaire » des prophètes.

Il ne s’agit donc pas d’une métaphysique du Sujet s’opposant à une métaphysique de l’Objet, dans laquelle l’objet n’a pas d’existence sans la représentation du sujet, dans laquelle le sujet se situe dans un environnement perçu comme autre. Il s’agit ici d’une présence d’absence, une métaphysique de l’Ouvert, dans laquelle s’affronte sujet et objet dans une Alliance saisie dans leur interdépendance, dans laquelle la réalité n’est ni objective, ni subjective, mais est un tiers incluant, où les deux « imaginalement » deviennent Un (approche phénoménologique).



Le moteur de ce « Noùs Imaginal » est le Désir et l’Amour.

Les conséquences éthiques d’une telle pratique du désir et de l’imagination choque les disciples. En effet, à une question sur le péché, il est répondu « le péché n’existe pas », c’est nous qui avec notre imagination, entretenons des pensées maladives et inventons des lois pour nous conforter. C’est donc notre imagination qu’il convient avant tout de guérir. Ce point rejoint celui où Jésus dans les Évangiles nous disait de faire attention à nos pensées, à nos intentions. Nous sommes les responsables de ce monde dans lequel nous vivons, ainsi que de la représentation que l’on a de celui-ci. Nous créons le monde dans lequel on vit, nous nous y enfermons. Ce n'est que notre ignorance (non-discernement) qui nous enferme dans le concept d' « être pour la mort » si chère à nos philosophes.

Une approche différente de cet état d'esprit, plus spirituel et plus proche de la pensée de l'évangile de Marie peut se retrouver aujourd'hui dans les Traditions de sagesses authentiques et leurs enseignements (Soufisme d’Ibn Arabi, Christianisme mystique, Sanatan dharma, Vedanta de la non-dualité, Bouddhisme Zen, etc.), on ne s'attardera pas à épiloguer ceux-ci dans cette courte présentation.
Retenons simplement que l’Anthropologie dont il est question dans cet évangile consiste à replacer l’homme en tant que réalisation pleine de l’homme, possédant Esprit et Corps et non l’un sans l’autre. Cette interdépendance entre Esprit et Corps s’exprime a toutes les échelles (nature de l’homme, nature des pensées, nature de la matière) : rien n’existe « en soi » ou « par soi », mais tout est un tissus de relations.
L’Homme doit être sauvé, sauvé de son Ignorance, de son « oubli premier », de son oubli de l’Etre, oubli de la Présence dont il est l’incarnation. L’homme doit se libérer s'il veut retrouver la santé de son âme, se libérer de ses attachements, et il peut découvrir et vivre le Bonheur, s'il vit pleinement le « rien du tout » (s'éveille).



Concernant les relations supposées sexuelles entre Marie Madeleine et Jésus :

Dans l'évangile de Marie, Jean-Yves Leloup ne tranche pas, il reste neutre.

Il dit : "L'évangile de Jean, de Marie, de Philippe nous rappelle que Yeshua était capable d'intimité avec une femme. Cette intimité n'était pas que charnelle, elle était aussi affective, intellectuelle et spirituelle. Il s'agit de sauver, de rendre libre l'être humain dans son entiereté, et celà en introduisant de la conscience et de l'amour dans toutes les dimensions de son être. L'évangile de Marie, en rappelant le réalisme de l'humanité de Yeshua dans Sa dimension sexuée, n'enlève rien au réalisme de Sa dimensions spirituelle, pneumatique ou divine."

A un autre endroit, il dira ceci, en se basant sur Jean 11:5 : "Yeshua n'aimait pas Jean ou Pierre "plus" que Judas, mais différement. Il les aimait tous, d'un amour universel et inconditionnel, mais il aimait chacun aussi de façon unique et particulière. C'est sur cet aspect particulier de sa relation avec MM qu'insistera par exemple l'évangile selon Philippe, dans lequel Myriam est la compagne de Yeshua.
On peut divinement aimer tous les êtres et même ses ennemis, selon l'exercice proposé par Yeshua. L'amour humain, lui, est fait de preferences, c'est à dire d'affinités, de résonances, d'intimités, qui ne sont pas possibles avec tous."


Il dit à un moment : "La question est de savoir si Yeshoua était réellement humain, d'une humanité sexuée, normale, capable d'intimité et de préférence. Selon l'adage des anciens : "Tout ce qui n'est pas assumé n'est pas sauvé".
Si Yeshua n'assume pas la sexualité, celle-ci n'est pas sauvée. Il n'est plus sauveur au sens plénier du terme, et c'est une logique de mort plus que de vie qui s'installera dans le Christianisme, particulièrement dans le christianisme romano-occidental :
Exemple de logique de cette littérature: Le Christ n'a pas assumé sa sexualité, donc la sexualité n'est pas sauvée, donc la sexualité est mauvaise, donc assumer sa sexualité peut être dégradant et peut alors nous rendre coupable.
La sexualité ainsi culpabilisée peut devenir dangereuse, nous rendre effectivement malades."


Cependant, il est intéressant de se demander quel pourrait être la vision de la sexualité, à partir de cette sagesse du Noùs mon avis est qu'une sexualité culpabilisante et non assumée est contraire au message de l'évangile de Marie, contraire à la pensée de Marie Madeleine. Cet évangile ne tranche pas concernant la relation de Jésus et de Marie, ils pouvaient aussi bien être amants (sens physique), qu'amants (sens spirituel). On a quantité de saintes qui aujourd'hui sont reconnus comme des "épouses du Christ", qui sont en union, mais une union d'un autre ordre.



Marie était-elle une pécheresse, une prostituée ?

Dans l'imaginaire chrétien, la « pécheresse » est devenue une « prostituée ». Ceci illustre à quel point l’Eglise primitive a eu peur du personnage de Marie Madeleine ; aujourd'hui elle tente par tous les moyens de la réhabiliter.

De nos jours, ce n'est plus un mystère, on sait que l’église a bâti sa foi sur les personnages les plus éloignés de l’enseignement de Jésus (Pierre et Paul). Dans les systèmes patriarcaux, tels l'Eglise, la femme ne dirigeait ni églises, ni synagogues, ni une quelconque communauté, Marie Madeleine ne pouvait donc pas être mise en valeur dans les textes religieux, il valait mieux minimiser son rôle, voir même inventer, rajouter, falsifier quelques données. Pourtant la place des femmes dans les Evangiles est bien plus grande que celle concédée par l'église. Lorsqu'on lit certains apocryphes, on se rend compte qu'il s’agissait peut-être du personnage le plus proche de Jésus, sa préférée.
Et aujourd’hui, ces autorités essayent de se rattraper, car même si les églises, obédiences et congrégations ne la situent pas à la juste place qu’elle mérite, elles en ont quand même fait un personnage important, ce n’est plus seulement une prostituée, mais une "prostituée sacrée" (connotation positive) : une femme que Jésus a aimé, une femme qui est devenue un symbole, un modèle pour beaucoup. Certaines églises ont même reconnu leurs erreurs, reconnu l’interprétation erronée du pape Grégoire le Grand : on sait aujourd'hui que l’origine du terme « prostituée » était « parfumé », le texte ne parlait donc pas d'une prostituée.




Ce qui suit sont quelques unes de mes interprétations concernant quelques mots clefs :


La Grâce

La Grâce s’exprime par la totale soumission consciente à la vie, par la dévotion et par l’obéissance « im-médiate » à Dieu. On découvre alors le nouvel évangile apporté par tous les maîtres spirituels : « l’évangile du Don », « l’évangile de l’Amour pour Dieu », « l’évangile du cœur ». Cette « bonne nouvelle » où plus précisément cette « nouvelle Alliance » qui s’instaure alors dans cette Unité annonce que l’Illumination est déjà éternellement présente dans la vie. Lee Lozowick, un sage américain, dit à ce sujet dans La seule grâce est d’aimer dieu que « cette nouvelle-là a toujours été accessible à la compréhension naturelle de tous ceux qui veulent bien se rendre à l’évidence de la vraie nature de leur existence. Ce qu’elle apporte est la potentialité ultime de l’Homme. Cette potentialité est d’Aimer Dieu. Aimer Dieu est de l’ordre du Don. La seule grâce qui soit, est l’Amour pour Dieu. Ce grand processus de l’évolution divine appelle tout homme à abandonner la vaine recherche de l’accomplissement de soi dans ce monde (au travers des conceptions conventionnelles de l’immortalité) ». Dans la Grâce on est alors pris par la Folie de l’Amour pour Dieu, on est pris par l’ivresse du Bien-Aimé : on est l’esclave du Caprice de Dieu.



L’Imaginal

Le monde imaginal est le monde réel. On peut paraphraser Jésus « être dans le monde mais ne pas être de ce monde ». Il s’agit d’un « autre monde » car nous confondons notre monde avec le monde. Marie Madeleine dira p.17 de l’évangile « Je suis sortie du monde grâce à un autre monde ; une représentation s’est effacée grâce a une représentation plus haute ». Cette représentation lui a permis comme elle le dit elle-même p.16 d’être délivrée de son ignorance. Elle est alors Un avec le « Noùs ». Elle voit, elle vit dans la contemplation du Bien-Aimé. Le Noùs voit au travers d’elle car elle connaît sa non identification. Cet Imaginal, cette Pure Conscience est cette Réalité que l’on Est déjà, qui ne peut correspondre à rien dont on puisse avoir l’expérience (car sinon il y aurait encore dualité de nous-mêmes et car sinon il y aurait encore un objet) mais qui correspond à la connaissance de la réalité de qui on est et de la réalité tel qu’elle est.
Dans cet Imaginal, la création existe sans exister, c’est une résonance, une émanation. Elle se situe en Tout, dans le désert et le silence du Noùs.



La peur

Le processus de l’éveil s’entreprend au travers d’une sadhana (terme sanskrit qui signifie pratique spirituelle). La peur (qui n’est que l’expression du refus d’une attraction) dans une sadhana est naturelle. Ce n’est pas de la peur dont il faut se détacher, mais de l’illusion qui nous maintient dans la peur. La peur nous assourdit. Si la peur s’exprime, son contraire les demandes également. Pour que celle-ci cesse de nous assourdir, il faut cesser d’alimenter nos formes de réclamations, de demandes, de croyances, d’attachements, d'avidité. Mais auparavant, il faut les observer, les identifier, comprendre que nous sommes des « mendiants d’amour », que notre mental vit dans une agitation tourbillonnante (« vritti » en sanskrit), qu’il nous empêche d’accéder au silence. Ce sont nos demandes du cœur mendiant, du mental affamé qui nous empêchent d’entendre et de faire silence.



L’éveil

Les sages enseignent que l’Eveil est la prise de conscience certaine de qui on est : une non identification. Lorsque cette prise de conscience surgit, le « Je » s’adosse sur ce qui Est. Le moteur est coupé, il n’y a plus un gramme d’énergie dépensé, il y a alors une sérénité intérieure. Le moteur étant coupé, la voiture roule encore dans sa phase d’inertie jusqu’à l’arrêt définitif car il n’y a plus cette alimentation, c’est alors que surgit la libération.
Arnaud Desjardins, sage français, dit à ce sujet que « l’effacement de l’ego est l’érosion de l’adjectif possessif et du pronom possessif qui sont les fondements de l’existence ». Il n’y a plus de « Je » attaché à la dualité attraction/répulsion. Il y a donc une forme de silence où ne s’expriment plus les colorations émotionnelles, ni les déformations du mental.
Le terme érosion en sanskrit se dit « akshaya », il renvoit à l’érosion d’une falaise par les vagues de la mer. L’érosion consiste à un travail lent et progressif. En effet, lorsque la falaise a été suffisamment érodée, elle s’écroule brusquement. De même pour l’érosion des demandes et désirs de l’ego, la fin du processus d’érosion peut s’effectuer en un instant. Il est naturel de penser et sentir qu’il s’agit de « paliers » franchis, mais il n’en est rien. Ce que l’on ressent est une impression dynamique, le processus d’éveil s’effectue de façon instantané et de façon accomplie. Cette impression dynamique et par paliers est du à nos demandes et désirs (vasanas en sanskrit). Le terme « vasanas » a une racine « vas » qui signifie « subsiter ». Une vasana suite à une action accomplie ou suite à une expérience vécue reste dans le psychisme de l’individu plus précisément dans l’inconscient, d’où cette sensation de paliers.



« Là où est le noùs, là est le trésor »

J’irais jusqu’à rapprocher cette phrase de celle de l’évangile de Thomas « le secret de son cœur » (loggia 45) ou encore du « royaume des ciels » des évangiles. Ce secret, ce royaume, ce trésor se trouve là où il y a « intelligence du cœur », ce qui s’oppose à l’aveuglement du cœur (loggia 28 ).
Jésus et Marie Madeleine se trouvaient dans cette communion du Noùs. Pour illustrer ceci, les disciples avaient demandé où ce royaume se trouvait (loggion 24), Jésus leur répondit « il y a de la lumière à l’intérieur d’un homme de lumière », Marie leur répondit (p.17) « le Repos où le temps se repose dans l’éternité du temps ».

Je ne pense pas que le pneumatique puisse connaître ce qu’est le « Noùs » car il vit accroché à ses croyances (cf. loggion de Jésus où il est question de la merveille et de la merveille des merveilles). L’homme moderne est le fruit d’une société, d’une conception de la famille, d’enseignements divers, d’une série d’influences qui ont cristallisé son individualisme et son égocentrisme, ce qui le rend peu qualifié pour aborder le « Noùs ». Pour l’appréhender, il faut se débarrasser de tout ce qui crée en nous un attachement (ce que disent d'ailleurs les bouddhistes).
Dans l’évangile de Thomas, Jésus nous enseigne comment accéder au « Noùs », il nous dit : « faites du deux le Un ». Par là, il exprime l’enseignement fondamental commun a l’ésotérisme soufi, perse, hindou, tibétain, chrétien : le non dualisme. Le pir afghan soufi Akbar Khan disait « yak ast do nist » ce qui se traduit par « un est, deux n’est pas ». Le sanayasin swami Prajnapad disait « Un sans un second ». Jésus disait « le père et moi sommes Un », le jivanmukta pour exprimer sa non séparation dit « aham » ce qui se traduit par « je suis », etc. Les Traditions concordent. Tant qu’il y a deux en nous, le Noùs est inaccessible. Il ne suffit pas d’exprimer le sentiment réel « je ne peux plus tolérer mon esclavage dans cette prison » il faut effacer les écrans mentaux qui voilent le Soi. Il faut vivre et comprendre "nos" attachements pour pouvoir s’en détacher. Avant de voir les choses telles qu’elles sont, il faut d’abord cesser de les voir telles qu’elles ne sont pas, ce qui implique que "notre" fausse vision des choses perde pour nous son caractère de certitude illusoire. Cette fausse vision se manifeste concrètement par la partialité, les opinions, l’opposition de ce que nous aimons et de ce que nous n’aimons pas. On ne pourra jamais percevoir le Noùs, mais on peut l’Etre. On ne fait pas d’expérimentation avec la vérité : on peut seulement être la vérité. « On Est le Noùs », « On Est le Trésor », « On Est cette lumière du vide » voilà la promesse des maîtres spirituels authentiques. Voilà la promesse que Marie Madeleine aurait voulu nous transmettre.


Bon j'arrête ici mes interprétations ^^
Je crois qu'avec tout ceci, il y a matière à dialoguer Surprised
_________________
Nous vivons à une époque où il est possible de démontrer que la mort n'existe pas. Une croyance ? Non juste un fait scientifique.


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MessagePosté le: 20/05/2012 13:19:56
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Ukulélé
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MessagePosté le: 22/05/2012 10:06:50
SUPER et MERCI pour ces écrits.
_________________
Mêle à la sagesse un grain de folie


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MessagePosté le: 19/10/2017 12:02:41
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